Après une défaite gênante pour les Sénateurs d’Ottawa à Winnipeg, Thomas Chabot se réjouit de découvrir la Californie avec ses coéquipiers francophones.

À la découverte de Los Angeles

La longue soirée des Sénateurs à Winnipeg dimanche n’aura pas été une perte totale.

En plus de permettre au vétéran gardien Craig Anderson de reprendre un peu confiance en ses moyens, elle aura permis aux entraîneurs de l’équipe de donner beaucoup de glace au défenseur recrue Thomas Chabot.

Le Beauceron de 20 ans a été le deuxième arrière le plus utilisé par Guy Boucher après Erik Karlsson (24:08 minutes), passant 22:21 minutes sur la patinoire du Bell MTS Place. Il n’a été sur la glace pour aucun des buts des Jets, passant majoritairement la soirée sur une paire avec le vétéran Dion Phaneuf alors que Cody Ceci (moins-2, sur la glace sur quatre buts des Jets, deux en avantage numérique) était rétrogradé sur une troisième paire avec Johnny Oduya.

Chabot a bien échappé quelques rondelles en avantage numérique, mais il reste qu’il s’est généralement bien débrouillé, en particulier dans son territoire, où ses patrons veulent le voir bien tenir son bout s’il veut gagner leur confiance.

Ce développement fait que Chabot a probablement passé un beau lundi de congé à Los Angeles, où il avait l’intention de jouer au touriste avec ses coéquipiers francophones.

« Je ne suis jamais allé en Californie, cette première visite va être quelque chose d’assez spécial, a-t-il confié au Droit avant le match de dimanche. J’étais assis avec Derick Brassard dans l’avion et il me disait : “Tu vas voir, c’est incroyable la Californie, tu reviens à la maison après et ça ne te tente pas vraiment d’être là.” C’est certain que j’ai hâte de voir ça. »

Le jeune homme de 20 ans n’avait pas d’idée de ce qu’il aimerait voir en premier dans les environs de Hollywood, où les options ne manquent pas (la plage, Rodeo Drive, les studios des compagnies de cinéma, Disneyland, le Walk of Fame, et bien d’autres).

« Je ne connais pas beaucoup la Californie. Je sais que c’est beau, L.A., mais je vais voir en arrivant ce qui se présente en avant de moi. Je vais suivre les gars qui y sont déjà allés et qui savent où ils s’en vont », a-t-il indiqué.

En ce sens, Chabot disait se sentir choyé qu’il y ait autant de joueurs francophones à Ottawa, avec les Brassard, Alexandre Burrows. Jean-Gabriel Pageau et le dernier arrivé, Gabriel Dumont.

« C’est le fun pour moi, un jeune qui arrive. Peu importe où on va, je ne sais jamais trop à quoi m’attendre. Je n’ai pas passé énormément de temps à Ottawa, mais les gars sont extraordinaires avec moi. Peu importe la question qui me passe par la tête, ils vont me répondre, ça va leur faire plaisir. Ils sont toujours là pour m’aider. Je suis choyé que ces gars-là soient ici. Mon anglais est bon, ce n’est pas un problème, je peux parler à tout le monde, mais peu importe où tu vas, tu as toujours tendance à aller voir un Français en premier, ce qui est normal », souligne-t-il.

Burrows, pour un, est impressionné par la maturité affichée par le choix de première ronde des Sénateurs en 2015.

« Je ne dirais pas qu’on ressent une responsabilité de le prendre sous notre aile. Il est déjà assez mature. Le plus important, c’est qu’il se sente confortable. On sait qu’il a beaucoup de talent, mais il doit se sentir à l’aise, il ne doit pas avoir l’impression de déranger ou de ne pas être à sa place. On veut s’assurer qu’il ait du fun, on veut le mettre en confiance et le féliciter quand il fait des bons jeux. Et en dehors de la patinoire, on veut qu’il sente qu’il fait partie du groupe et qu’on a besoin de lui pour avoir du succès », note Burrows. 

Celui-ci s’inspire de la façon dont Trevor Linden l’a pris sous son aile à ses débuts à Vancouver. « Si tu veux être bien traité, alors traite les gens – le personnel, les médias, les amateurs – de la même manière que tu veux être traité, de façon professionnelle et respectueuse. C’est le message que j’essaie de lui passer, mais il est déjà bien avancé à ce niveau-là », dit Burrows.

Guy Boucher ne voit pas comme un avantage que les Québécois des Sénateurs puissent bien encadrer Chabot au début de sa carrière. « Avec lui, ce n’est pas une question de langue, il est parfait bilingue après avoir joué pour Équipe Canada junior. Ce serait un atout pour un gars qui ne parle pas anglais du tout. Ce qui est bien plus important pour lui, c’est d’avoir des gars comme (Dion) Phaneuf, (Johnny) Oduya, (Erik) Karlsson comme défenseur à caractère offensif. Ils en ont vu beaucoup et peuvent lui parler de leurs expériences personnelles », note-t-il.