Natif de Stockholm, Gabriel Landeskog s’est retrouvé dans le camp des perdants devant ses partisans. Du côté des Sénateurs, on dressait un bilan très positif de ce voyage en Suède.

Séjour mémorable en Suède

STOCKHOLM — Ils ne représenteront pas leur pays aux Jeux olympiques dans quelques mois, mais pour les membres du Tre Kronor des Sénateurs d’Ottawa, jouer – et gagner – devant leurs compatriotes en Suède, dans un Ericsson Globe rempli à capacité, s’est avéré tout un prix de consolation.

Le fait qu’Erik Karlsson, Johnny Oduya et Fredrik Claesson se soient partagé une récolte de sept points, dont deux buts, dans les deux gains par le même pointage de 4-3 aux dépens de l’Avalanche du Colorado vendredi et samedi aura ajouté à une expérience mémorable pour eux, ainsi que pour leurs coéquipiers.

Karlsson a été lui-même devant les siens, commettant quelques erreurs coûteuses qui ont été largement compensées par des jeux magistraux sur la plupart de ses quatre passes, deux par partie.

Le voyage, a-t-il dit après coup, « a été bien au-delà de mes attentes de ce que ce serait ».

Pour le « roi Erik », l’accueil des amateurs suédois, qui lui a réservé des ovations similaires aux légendes vivantes que sont Daniel Alfredsson, Peter Forsberg, Mats Sundin et Nicklas Lidstrom (tous présents en fin de semaine), a été quelque chose dont il se souviendra longtemps, tout comme le tour d’honneur avec ses deux coéquipiers suédois ainsi que le capitaine de l’Avalanche Gabriel Landeskog après le match de samedi.

« Ça veut dire beaucoup. J’ai grandi en regardant l’équipe nationale jouer sur cette patinoire, et maintenant je joue sur celle-ci et on fait bien. Même les gens qui ne sont pas des amateurs de hockey te reconnaissent et réalisent que tu fais quelque chose dans un autre pays, ils se souviennent de toi. D’avoir la chance de jouer devant eux, ce qu’on ne peut faire souvent vu que malheureusement, on ne jouera pas aux Olympiques, c’est une des sensations les plus spéciales au monde. C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui n’a pas grandi en jouant au hockey en Suède », a-t-il déclaré lors d’un dernier de point de presse qui a été coupé court pour que lui et ses compatriotes obtiennent une audience avec le prince Carl Philip de la Suède.

Bien mérité

En amassant au moins un point pour un septième match consécutif à Stockholm, Karlsson n’a fait que continuer à jouer de la même façon qu’il le fait depuis plusieurs années, ce qui lui a valu deux trophées Norris. Il n’a surpris personne.

« Il est le meilleur défenseur au monde, et il est dans son pays. C’est un pays fier, un pays de hockey. Ils ont eu plusieurs grands joueurs au fil des années. Il mérite certainement d’être mentionné avec ces grands noms déjà à un jeune âge. Il le mérite », mentionnait son entraîneur-chef, Guy Boucher, qui a aussi déclaré qu’il « adore la Suède présentement ».

« Il est devenu un gagnant et un leader, et ils (les amateurs suédois) devraient être fiers de lui. Il mérite l’enthousiasme des gens à son endroit, il est devenu un modèle à suivre, sur la glace comme en dehors », a-t-il ajouté.

Karlsson s’est illustré en attaque comme d’habitude, alors que la contribution offensive d’Oduya et Claesson, qui ont tous deux compté des gros buts dans leur patelin, était plus surprenante.

« Quelle semaine fantastique. Ça a été toute une expérience de jouer chez nous, surtout que c’est couronné par deux victoires. C’est spécial, devant la famille est les amis. Les gars de l’Amérique du Nord n’ont pas besoin d’attendre d’avoir joué plus de 800 matches dans la LNH pour vivre ça. Marquer est juste un bonus, je ne suis pas un gros compteur, mais je vais le prendre. Je n’ai pas ramassé la rondelle, je ne sais pas si c’était si important que ça », a confié Oduya au Droit après avoir salué ses proches.

« Je pense que ça a été vraiment cool comme expérience, surtout que j’ai compté devant ma famille et mes amis (vendredi) et que j’ai contribué à deux victoires. Je vais me souvenir longtemps des amateurs à la fin du match qui nous applaudissaient, tous les Suédois. C’est difficile de trouver des mots pour décrire cette sensation », disait Claesson pour sa part, lui qui avait jasé longuement avec son copain Landeskog à la fin de la période d’échauffement de samedi.

Celui-ci a parlé pour ses deux compatriotes en disant qu’il serait prêt à revivre l’expérience dès que possible, alors que le commissaire de la LNH Gary Bettman a dit vendredi que la LNH aimerait tenir des événements internationaux plus régulièrement en cours de saison.

DUCHENE PREND SES AISES TRANQUILLEMENT

Matt Duchene n’a pas plus noirci la feuille de pointage à son deuxième match avec les Sénateurs qu’à son premier contre ses anciens coéquipiers. Ça n’empêche pas qu’il commence à prendre ses aises dans son nouvel uniforme.

Le centre obtenu la semaine dernière dans la mégatransaction à trois clubs qui a vu Kyle Turris aboutir à Nashville (où il a obtenu un but et une passe samedi dans son nouvel uniforme dans un gain de 4-3 contre Pittsburgh) a terminé sa soirée avec un différentiel de moins-2, mais il a obtenu huit tirs au but (et un autre a raté une cage béante de peu), a gagné 11 de ses 14 mises au jeu, et il a aidé à préparer le but vainqueur de Mike Hoffman, même s’il n’a pas obtenu de passe sur le jeu vu que le défenseur Chris Bigras a touché la rondelle auparavant.

« J’aime vraiment jouer avec cette équipe depuis deux parties, ils sont encore meilleurs que je le pensais. C’est tout un club de hockey quand tu le regardes de l’intérieur, a-t-il mentionné après le gain de 4-3 de samedi. Au Colorado, on ne les voyait pas souvent, évidemment. La façon dont on a joué, surtout (samedi), on ne leur a pas donné beaucoup de chances de compter... Et on a eu beaucoup de chances à l’autre bout, incluant les miennes. On aimerait en convertir un peu plus, si on veut chercher quelque chose à améliorer. Ça reste que c’était toute une performance. »

Matt Duchene

En jouant avec eux, Duchene est en train de « découvrir » les talents de joueurs comme Erik Karlsson et Mark Stone, qui sont dominants cette saison. « Le gars fait le bon jeu à peu près 95 % du temps. Même quand il fait un jeu simple, ça peut trouver le fond du filet. Il a un flair, c’est incroyable. Le jeu qu’il a fait (sur le but de Stone) était superbe. C’est le fun de le regarder jouer et je suis excité d’être son coéquipier », a-t-il noté au sujet de Karlsson.

Guy Boucher a formé une première unité d’attaque à cinq avec ces deux joueurs en plus de Derick Brassard, Mike Hoffman et Stone samedi, et celle-ci était dangereuse à chaque occasion de se déployer, incluant sur le but vainqueur de Hoffman.

« Stone est un de ces gars qui est tellement intelligent, il a de bonnes mains, il va au filet, il trouve des moyens, sans être le gars le plus flamboyant. Il connaît toute une année, c’est le fun de regarder ça. J’ai une nouvelle appréciation pour plusieurs de ces gars-là. Tu comprends pourquoi ils étaient à un but près de la finale de la coupe Stanley la saison dernière », a ajouté le nouveau numéro 95, qui s’en balançait un peu de ne pas avoir obtenu de passe sur le but de Hoffman, après qu’il ait refilé à Stone près du filet défendu par Jonathan Bernier.

Auteur d’un doublé, Hoffman a amassé au moins un point à ses huit derniers matches, un sommet personnel.