Sylvain St-Laurent
En isolement pour 14 jours, les joueurs de l'Atlético, dont Ben Fisk, en profitent pour témoigner leur gratitude aux gens qui ont déjà fait l’achat de billets de saison pour la saison inaugurale.
En isolement pour 14 jours, les joueurs de l'Atlético, dont Ben Fisk, en profitent pour témoigner leur gratitude aux gens qui ont déjà fait l’achat de billets de saison pour la saison inaugurale.

Se faire des amis... Durant l’isolement

CHRONIQUE / « Oui allo ?– Bonjour monsieur ! Ici Ben Fisk. Je suis un joueur de soccer professionnel. Je fais partie de votre nouveau club, l’Atlético d’Ottawa.

– Euh... Bonjour. Que puis-je faire pour vous, M. Fisk ?

- Je veux juste profiter du moment pour vous saluer. Je vous encourage à prendre très au sérieux les directives gouvernementales, en cette période d’incertitude. Je veux aussi vous rappeler qu’on sera là pour vous, quand tout redeviendra normal. On sera heureux de vous voir au stade !

– Euh... D’accord. Merci de votre appel, M. Fisk.

- Bonne journée ! »

Je ne sais pas qui a eu cette idée, mais c’est un éclair de génie.

Les joueurs de l’Atlético, club d’expansion au sein de la Première Ligue canadienne, sont rentrés d’Espagne mercredi dernier. Leur camp d’entraînement, dans un des pays les plus durement touchés par la COVID-19, a été complètement annulé.

Parce qu’ils ont séjourné dans un pays étranger, on a demandé à tous de respecter une période d’isolement de 14 jours.

Un employé de l’équipe a eu l’idée de confier une mission aux joueurs.

On leur a essentiellement fourni quelques numéros de téléphone. Des gens ont déjà fait l’achat de billets de saison pour la saison inaugurale. Le moment serait bien choisi de leur témoigner notre gratitude...

Ben Fisk, qui est probablement le joueur le plus connu du grand public, avait une quinzaine de personnes à contacter.

Les fans ont été surpris, mais agréablement surpris. Certains ont même commencé à se vanter de leur chance dans les réseaux sociaux. La jalousie, tel un virus, a commencé à se propager...

Fisk a choisi d’attaquer ce problème de front.

Vous voulez jaser ? Vous n’avez qu’à m’envoyer vos coordonnées par messagerie ! Je me ferai un plaisir de vous passer un coup de fil, a-t-il gazouillé.

L’ailier de 27 ans a même pris le temps de contacter quelques journalistes, vers la fin de la semaine dernière.

« J’aurais dû compter le nombre d’appels, mais je ne l’ai pas fait. J’ai l’impression d’avoir parlé avec une quarantaine de fans, jusqu’à maintenant », m’a-t-il indiqué.

Et ce n’était pas fini.

« Au départ, quand les employés de l’équipe m’ont mis à contribution, je ne réalisais pas à quel point ce serait plaisant. »

« Ces appels me font réaliser que certaines personnes sont déjà très attachées à notre club. Ça vient me chercher. Je pense entre autres à un homme qui compte assister à nos matches avec son père. Il m’a demandé de rappeler le 23 mars, pour l’anniversaire de son père. Je l’ai inscrit à mon calendrier. »

Je lui fais remarquer qu’il est en voie de compléter un tour de force. Combien de gens sortiront d’isolement avec un cercle d’amis plus grand ?

« Toute cette technologie doit bien nous servir à quelque chose », m’a-t-il répondu, amusé.

Je vous le dis, c’est un éclair de génie.

En plus d’agir en « bon citoyen corporatif », l’Atlético a réussi un bon coup de marketing dans son milieu.

On a senti un réel engouement dans la communauté, à la mi-janvier, lorsque l’Atlético de Madrid a décidé de parrainer un club dans ce nouveau championnat national canadien.

Il faut trouver une façon que ça dure, maintenant.

On sentait un peu d’engouement, en 2014, quand le Fury a fait ses débuts dans la North American Soccer League. Ça n’a pas duré. À force de s’investir à fond dans le football canadien, les gens du Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) ont peut-être négligé « l’autre » football, celui qui se pratique avec un ballon rond.