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Maxime Brinck-Croteau
Maxime Brinck-Croteau

Se battre en Russie ou la retraite? Le dilemme de Brinck-Croteau

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Maxime Brinck-Croteau a peut-être déjà disputé son dernier combat en carrière.

L’épéiste de Gatineau doit prendre une décision importante sous peu. Est-ce qu’il se rendra en Russie le mois prochain?

La Fédération internationale d’escrime relance son calendrier d’activités qui avait été suspendu en mars dernier en raison de la pandémie. Il restait deux compétitions s’inscrivant dans le processus de qualification olympique pour les Jeux de Tokyo.

Une d’elles s’avère la Coupe du monde de Kazan, qui aura maintenant lieu du 19 au 21 mars.

«J’attends de voir tout ce qui va se passer dans les prochaines semaines avant de prendre une décision», avoue Brinck-Croteau.

«Tellement de choses peuvent changer. Est-ce qu’il faudra encore que les athlètes déboursent 2000 $ et s’isolent à l’hôtel à leur retour au pays après un voyage à l’étranger? J’ai beaucoup de questions à me poser... Est-ce sécuritaire d’aller en Russie? Est-ce aussi moralement acceptable de me déplacer à ce moment-ci? Est-ce que les Jeux auront lieu ou seront-ils annulés?»

Brinck-Croteau fêtera bientôt ses 35 ans. Il a déjà représenté le Canada aux Jeux en 2016, à Rio, s’inclinant en prolongation au premier tour.


« Ma grosse période de dépression, je l’ai eue après les Jeux à Rio. Je suis chanceux. J’ai déjà commencé à planifier ma vie après l’escrime. »
Maxime Brinck-Croteau

Pour vivre l’aventure olympique une deuxième fois, le produit du Masque de fer de Gatineau aurait d’abord besoin de signer le meilleur résultat canadien à l’épée à la Coupe du monde de Kazan.

Ça lui permettrait d’accéder au tournoi de qualification continentale panaméricain prévu au début du printemps, possiblement au... Brésil. Qui dit Brésil, dit un pays débordé par des éclosions de la COVID-19.

Le vétéran escrimeur aurait besoin de gagner l’or là-bas pour obtenir son billet pour Pékin.

Ça fait beaucoup de si...

On comprend mieux pourquoi Brinck-Croteau se montre bien serein devant tout ça.

«J’étais supposé de prendre ma retraite en 2016. J’ai finalement étiré ça jusqu’aux Jeux qui devaient avoir lieu en 2020», rappelle-t-il.

«Ma grosse période de dépression, je l’ai eue après les Jeux à Rio. Je suis chanceux. J’ai déjà commencé à planifier ma vie après l’escrime.»

Ce dernier a notamment déniché un nouvel emploi dans le domaine informatique à l’école de la fonction publique fédérale, il y a un mois. «Oui, je suis rendu fonctionnaire,» lance-t-il en riant.

«Si tu ne peux pas les battre, joins-toi à eux! On ne se cachera pas que côté employeur dans la région, il y en a un qui se démarque plus que les autres.»

Maxime Brinck-Croteau ne semble pas s’être trop ennuyé de la compétition depuis 11 mois. «Je suis plus heureux que je devrais l’être dans le confinement», rigole-t-il.

«Je ne m’ennuie pas de voyager. Je m’ennuie par contre de mes amis à travers le monde, de cette camaraderie, de se réunir ensemble en soirée après une compétition.»

Brinck-Croteau affirme avoir quand même conservé une certaine forme physique.

«Mais ça n’a rien à voir avec la forme dont j’ai besoin pour aller me battre! Mais ça ne me prendrait pas de temps pour tailler la barbe et l’excédent de poids.»

Est-ce qu’il cacherait une petite bedaine?

«Bedaine, c’est un gros mot. J’ai pris un peu de poids par paresse», ajoute-t-il en riant.