Julien Sale l’a emporté en prolongation, en réussissant un oiselet au 18e trou, une normale 5 de 573 verges.

Sale gagne le Tunis... en rêvant à la PGA

Le trophée du Tournoi de golf Alexandre de Tunis reste à Gatineau. Pour une deuxième année consécutive, la première étape de la triple couronne du championnat amateur québécois a été remportée par un représentant du club Rivermead.

Le champion de 2017 et celui de 2018 sont deux hommes très différents.

En 2017, un dénommé Robert Mackay avait gagné le tournoi qui était disputé sur son propre terrain. Ce représentant des ventes d’Orléans avait causé la surprise, lui qui ne joue pratiquement jamais de façon compétitive.

À l’opposé, le gagnant de 2018 est un jeune joueur en pleine ascension qui se consacre entièrement au golf et qui rêve d’une carrière chez les pros, sur le circuit de la PGA.

Julien Sale est Gatinois, mais Gatinois d’adoption.

Il a grandi à l’autre bout du monde, sur l’Île de la Réunion, dans l’Océan Indien.

Sa passion pour le sport l’a poussé à tout quitter pour s’installer en Amérique du nord, il y a bientôt deux ans.

Sa famille au grand complet a choisi de le suivre.

«En gros, c’est que moi, je suis allé aux États-Unis. Mon petit frère a l’intention d’aller aux États-Unis après. Mes parents auraient pu choisir de rester à La Réunion. Pour nous voir, ils auraient fait de longs voyages en avion. C’est pour ça qu’ils ont choisi de venir au Québec. Pour tous les petits problèmes, ils sont juste à côté», d’expliquer le jeune homme de 20 ans qui vient de compléter sa deuxième année dans le programme sportif du Indian Hills Community College, dans l’Iowa.

L’automne prochain, il fera le saut en première division de la NCAA, en se joignant aux Red Wolves de l’Université Arkansas State.

La famille Sale était présente, au Club Royal Ottawa, mercredi, pour voir Julien triompher.

Ça n’a pas été simple. En début de journée, il accusait un coup de retard sur le meneur, le Québécois Étienne Papineau.

Après 18 trous, les deux jeunes hommes étaient nez-à-nez.

Sale l’a emporté en prolongation, en réussissant un oiselet au 18e trou, une normale 5 de 573 verges.

«En gros, la seule chose que j’ai essayé de faire, au départ, c’est de mettre la balle sur le fairway. Je voulais juste me donner une chance de viser le green. J’étais un peu loin du green, mais je savais qu’Étienne allait y aller. Je devais le suivre», raconte-t-il.

Il a raté le vert de peu, grâce à un superbe coup d’approche d’environ 250 verges, réalisé avec son fer 2.

«C’est un club que j’aime beaucoup. Il m’a beaucoup aidé aujourd’hui.»

La chaleur torride des deux derniers jours n’a pas trop gêné le jeune vainqueur, qui a rapporté des cartes de 69 et 67 au Tunis. Il s’est habitué dans la chaleur, lors de ses premiers tournois compétitifs, en Afrique du Sud ou sur l’Île Maurice.

Après avoir accepté son trophée, Sale a reçu les félicitations de Daniel Alfredsson. L’ancien capitaine des Sénateurs d’Ottawa n’a pas eu beaucoup de chance, sur les allées du Royal.

Il a rapporté une carte de 81, au terme de la deuxième ronde du Tunis. Avec son score cumulatif de 159, il a pris le 66e rang.

«J’ai eu quatre victoires, cette année, à l’université. Mais cette victoire est spéciale, puisque c’est ma première au Canada et au Québec», complète-t-il.