Le sommeil n’est pas venu facilement pour Bobby Ryan après sa performance mémorable de jeudi soir.

Ryan est «passé dans le tordeur»

Le sommeil n’est pas venu facilement pour Bobby Ryan après sa performance mémorable de jeudi soir.

« C’est toujours difficile après un match, mais après un tel match, ça m’a pris une heure et demie juste pour répondre à tout le monde, avant de pouvoir m’asseoir et relaxer. Je me suis couché tard », a-t-il relaté vendredi.

Une douzaine d’heures après son tour du chapeau qui a fait la différence dans un gain de 5-2 contre les Canucks de Vancouver lors de son premier match à domicile après son retour au jeu mardi à Nashville, l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa était de retour sur la patinoire pour participer à des exercices axés sur les habiletés qui visaient particulièrement les jeunes joueurs de l’organisation.

Après avoir été sur les lignes de côté pendant trois mois afin de composer avec un problème de dépendance à l’alcool, Ryan aime retrouver la routine des entraînements sur glace, surtout maintenant qu’il n’est plus seul avec un ou deux entraîneurs.

Émotif sur le banc lors que la foule d’un peu plus de 12 000 amateurs l’a ovationné après son troisième filet réussi dans un filet désert, de même que lors de ses entrevues d’après-match, Ryan a raconté à quel point il était vidé par la suite.

« J’ai dit à ma femme (Danielle) que je me sentais comme si on m’avait passé dans le tordeur. C’était toute une journée, les jours de matches sont déjà longs normalement, mais quand vous ajoutez tous les éléments pour moi, j’étais drainé. J’ai regardé les faits saillants à SportsCenter comme je le fais toujours, et quand j’ai vu le topo sur moi, j’étais déchiré un peu à nouveau. J’ai été content quand ils sont passés aux autres matches », a-t-il souligné.

« D’habitude, je n’ai pas de problème à contenir mes émotions, mais là, c’était une de ces soirées où il y en avait trop qui avaient été embouteillées pendant trois mois et demi environ. C’était bouleversant... J’ai eu une conversation avec mon épouse et qu’elle me dise qu’elle est fière de moi, c’est tout ce dont j’avais besoin », a-t-il ajouté, notant que ses enfants étaient restés à la maison et étaient au lit, eux qui assisteront au match de samedi soir.

Au-delà des émotions, Ryan est heureux de voir que les sensations normales ressenties par un joueur pendant un match reviennent tranquillement.

« Lors du premier match à Nashville, je voulais juste retrouver mon synchronisme et toucher à la rondelle à ce genre de rythme, qu’on ne peut pas reproduire (à l’entraînement). J’ai commencé à faire des jeux vers la fin de ce match, et j’ai retrouvé un environnement familier en revenant dans notre domicile, ce qui a aidé immensément... J’espère juste continuer à bâtir là-dessus maintenant, peut-être compter un autre but dans un filet désert, ce serait bien d’être sur la glace à la fin d’un autre match serré », a-t-il indiqué.

Comme il faut s’y attendre de nos jours, le cellulaire du vétéran de 32 ans a été fort sollicité dans les minutes suivant le match. Il a reçu « des tonnes » de message de félicitations et d’encouragement. N’étant plus sur Twitter, il n’a pas vu les nombreux témoignages d’admiration à son endroit sur ce réseau social. Il a un compte Instagram accessible seulement à ses amis et coéquipiers, et quelques partisans lui ont envoyé des messages par l’entremise de celui-ci.

« Je ne peux que remercier mes coéquipiers, je ne peux exprimer en mots à quel point ils m’ont appuyé au fil de mon cheminement des trois derniers mois, ils m’envoyaient des messages textes chaque jour pendant que j’étais parti. Ça a voulu dire beaucoup, ça m’a gardé concentré sur ce que j’avais à faire et en revenant partager ça avec eux, c’était spécial. Ils ont eu un gros mot à dire dans ma récupération », a-t-il dit.

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Norris voulait compter dans un filet désert

Bobby Ryan avait une anecdote comique de sa soirée de jeudi à raconter également vendredi, quand il s’est fait demander s’il regrettait de ne pas avoir complété son tour du chapeau à la Gordie Howe en obtenant une passe pour aller avec ses trois buts et son combat.

« Je vais juste prendre ce qui se passe, c’est correct. Mais je ne peux pas croire que Josh Norris m’a demandé la rondelle alors que j’étais à cinq pieds d’un filet désert. Je l’ai entendu et on le voit sur le vidéo avec le bâton dans les airs... Je l’ai taquiné avec ça toute la matinée, Je lui ai dit, si tu comptes ton premier but dans un filet désert, qu’est-ce que tu vas dire quand les gens vont te demander contre qui tu as compté ton premier but ? On va lui procurer son premier but quand ce sera le temps », a-t-il raconté.

Lancé sous les roues de l’autobus, comme le veut une expression anglais consacrée, Norris a avoué et quand il s’est fait suggérer que c’était parce qu’il voulait que Ryan complète son « Gordie Howe », le jeune centre qui en était à son deuxième match dans la LNH a rétorqué: « On va y aller avec ça (comme explication). »