Le quart-arrière numéro trois du Rouge et Noir, Will Arndt, devrait affronter les Argonauts de Toronto, vendredi soir, au BMO Field.

Will Arndt obtient enfin sa chance avec le Rouge et Noir

On demande à Will Arndt de nous parler du dernier match de football dans lequel il a joué le rôle du quart partant. Il se met à chercher, loin, dans son tiroir à souvenirs.

« Mon dernier départ ? Vraiment, ça, c’est une bonne question. Ça doit remonter au temps de Fort McMurray », débute-t-il.

Le souvenir semble assez flou.

La bonne nouvelle, c’est que Arndt aura l’occasion de se construire de nouveaux souvenirs, d’ici quelques jours. Le Rouge et Noir d’Ottawa vient officiellement de reprendre l’entraînement, alors que débute le dernier droit de la saison 2019.

Surprise, surprise. C’est le quart-arrière numéro trois de l’équipe qui dirige l’attaque.

L’entraîneur-chef Rick Campbell ne fait pas de cachettes. Il a l’intention de confier à Arndt la tâche d’affronter les Argonauts de Toronto, vendredi soir, au BMO Field.

« On veut juste lui donner sa chance », dit-il.

Arndt n’a certainement pas volé cette opportunité. Il complète déjà sa troisième année de travail dans le Glebe.

Au départ, il était le quart-arrière numéro quatre du Rouge et Noir. Dans le remaniement du printemps dernier, il a obtenu une promotion. Il est devenu le quart numéro trois.

Il ne s’est jamais impatienté.

Il avait compris depuis longtemps que le chemin serait long.

Il nous l’a d’ailleurs rappelé, quand il s’est mis spontanément à nous parler de Fort McMurray.

Cette petite ville albertaine de 76 000 habitants accueille des quantités de travailleurs étrangers chaque année. Elle est quand même située sur la plus grande réserve de sables bitumineux sur la planète !

Arndt, un Américain du Connecticut, n’y est pas nécessairement allé pour faire fortune. Sans trop savoir ce que le football pouvait lui apporter, en 2016, il a choisi d’accepter l’offre des Monarchs, un club semi-professionnel qui évolue dans un circuit provincial.

« J’avais un rêve, j’avais une vision. Je croyais que j’étais capable de jouer dans la Ligue canadienne. J’étais convaincu que j’étais capable de remplir le rôle de quart partant, un jour. »

« Je n’ai pas emprunté le chemin le plus facile. Après avoir évolué dans un collège de troisième division, j’ai fait un détour par Fort McMurray. »

« C’est cool, de finalement arriver à destination. »

Petite chance

Arndt ne verse quand même pas — trop — dans la nostalgie. Il comprend qu’il disposera de 60 courtes minutes pour laisser sa marque, contre les Argos.

Il ne débarque pas dans le contexte idéal. Le Rouge et Noir est, à toutes fins pratiques, éliminé de la course à la Coupe Grey. Il lui reste une minuscule chance. Pour terminer la saison au troisième rang de la section Est et se faufiler dans le tournoi éliminatoire par la porte d’en arrière, il faudra que l’équipe gagne ses quatre dernières parties. Ce serait beaucoup demander à une formation qui a remporté un seul de ses neuf derniers affrontements.

Campbell aborde le dernier droit avec un réalisme déprimant.

« On va juste essayer de se rendre à Toronto pour gagner une partie », dit-il.

Les attentes envers Arndt ne sont pas énormes. « Il a un bon bras. Il a un bon gabarit. Il peut courir un peu mieux qu’on pense. »

Campbell emmènera seulement deux quarts dans la Ville-Reine. Dominique Davis, qui s’est blessé il y a une dizaine de jours, ne sera pas en mesure d’enfiler son casque et ses épaulettes.

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LE MATCH PANDA, TOUJOURS UNE SOURCE DE PLAISIR

Dans l’entourage du Rouge et Noir, on trouve malgré tout le moyen de garder le moral.

Sur le terrain, après la séance d’entraînement de lundi, Nate Behar était d’humeur à blaguer.

Pourtant, Behar aurait eu toutes les raisons du monde de se promener en fixant le sol.

En tant qu’ancien membre des Ravens de l’université Carleton, le jeune receveur éloigné de 25 ans a vécu à plein la rivalité durant la semaine du Match Panda. Il a même accepté le pari que lui proposait un ancien des Gee Gees d’Ottawa, le porteur de ballon Brendan Gillanders.

Les Gee Gees ont remporté le match. D’ici quelques jours, Behar devrait honorer sa dette.

« Je crois que ça va se passer jeudi. Je devrai me promener sur le terrain avec un costume sur le dos. Le costume d’un certain animal qui fait souvent l’objet de paris sportifs », a fait savoir Behar.

Les équipes sportives de l’Université d’Ottawa, faut-il le rappeler, ont un cheval pour logo.

La défaite des Ravens ne décourage en rien Behar. « Je serai tout aussi disposé à parier sur les prochaines éditions du Match Panda », lance-t-il.

« J’aurais même accepté un plus grand nombre de paris, cette année, mais certains anciens joueurs des Gee Gees semblaient frileux... »

Behar aura peut-être de l’aide, l’an prochain. Au retour de la semaine de congé, le Rouge et Noir a fait l’embauche d’un autre ancien membre des Ravens, K.C. Bakker.

Géant de six pieds et huit pouces, Bakker a été un choix de quatrième ronde des Alouettes de Montréal, en 2018.

« Ça fait presque un an que je n’ai pas joué au football. Je veux juste me débarrasser de la rouille. Je vais revenir à la base et apprendre des choses. Je veux revenir l’an prochain et obtenir une bonne chance de progresser », dit-il.