Lewis Ward pourrait participer à des essais l’hiver prochain dans la NFL. Mais pour le moment, il n’a pas la tête à ça. «Je vais continuer à faire mon travail ici.»

Ward piquerait l’intérêt de la NFL

Est-ce que le Rouge et Noir pourrait perdre un autre botteur aux mains de la NFL pour une deuxième fois dans sa jeune histoire ? La question se pose plus que jamais avec la séquence incroyable sur laquelle vogue le jeune Lewis Ward depuis ses débuts dans la Ligue canadienne de football, il y a 13 mois.

Le numéro 10 a réussi ses 57 dernières tentatives de placement en saison régulière... depuis juin 2018. Il a été parfait en six occasions lors du dernier gain des siens contre les Roughriders de la Saskatchewan.

L’automne dernier, Ward a fracassé non seulement le record de la LCF, mais celui dans les rangs pros, tous circuits confondus. La marque précédente de 44 était détenue par le vétéran de la NFL, Adam Vinatieri, qui avait été parfait lors de 44 tentatives de suite chez les Colts d’Indianapolis.

« Rien ne me surprend. C’est assez remarquable ce que Lewis a accompli jusqu’ici, surtout quand tu regardes la liste de tous les membres du Temple de la renommée de la NFL qu’il a dépassés », a soutenu l’entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell.

« J’essaie par contre ne pas trop en parler. Je ne veux pas lui porter malchance. »

Reste que son nom commence à circuler lentement, dit-on en coulisses, pour des essais l’hiver prochain dans la NFL. Il écoule la dernière saison d’un pacte de deux ans.

Les Cowboys de Dallas ont recruté Brett Maher à Ottawa après la saison 2017.

Son départ avait ouvert la porte à Ward chez le Rouge et Noir après sa brillante carrière universitaire chez les Gee Gees d’Ottawa.

« C’est le rêve de tout joueur », a rappelé Ward au sujet d’une carrière dans la NFL.

« Cela dit, la saison vient à peine de commencer. Je n’ai pas songé à ça. Ça attendra à la fin. On verra alors si des opportunités se présenteront. Je vais continuer à faire mon travail ici. J’adore jouer à Ottawa. C’est ici aussi que j’ai étudié. J’aime les partisans. Toute mon attention est portée sur notre équipe. »

Ward s’avère le plus petit botteur de la LCF à 5’7’’ et 175 livres. Un gabarit qui fait réfléchir les équipes de la NFL qui pourraient s’intéresser à lui.

La majorité des botteurs dans ce circuit fait au moins six pieds de hauteur.

Il y a tout de même des exceptions.

Cairo Santos, qui fait 5’8’’ et 160 livres, entamera sa sixième saison dans la NFL. Il a réussi 83,2 % de ses tentatives depuis 2014.

Les Browns de Cleveland, ont repêché un botteur de 5’9’’, Austin Seibert, en avril dernier.

Trop petit ?

Des doutes persistent sur la force de la jambe de Lewis Ward. L’an dernier, il n’a pas été sollicité souvent pour de longs placements. Son plus long en carrière a été réalisé sur une distance de 52 verges.

Jusqu’ici cette saison, Ward a réussi neuf tentatives de placement, dont deux de 44 et 45 verges. Il tentera de prolonger sa séquence historique vendredi lors de la visite des Blue Bombers de Winnipeg à la Place TD.

« C’est comme se retrouver sur un manège très amusant en ce moment », a-t-il dit.

« Mais il n’y a pas juste moi là-dedans. Tout le monde fait son possible autour de moi. Je ne suis qu’un morceau du casse-tête. »

Son patron a vanté l’attitude de son botteur. « Il gère bien la pression et toute l’attention dirigée vers lui. Ce n’est pas tout le monde qui en est capable. Je ne suis pas convaincu que je serais capable », a soutenu Rick Campbell.

« Il (Lewis) ne pense pas au passé ou au futur. Il ne carbure qu’au moment présent. C’est pour cette raison qu’il excelle. »

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Un receveur et son chien kidnappé

Il porte le numéro 7 et son prénom s’avère Lucky. Les Blue Bombers de Winnipeg s’estiment chanceux de miser sur ce receveur recrue dans la LCF.

Faites la connaissance de Lucky Whitehead, qui tentera de causer des maux de tête au Rouge et Noir vendredi soir. Il a capté sept passes pour 155 verges la semaine dernière contre les Eskimos d’Edmonton, marquant deux longs touchés spectaculaires.

Sur une séquence, l’Américain de 27 ans a esquivé six plaqués adverses, ce qui lui a valu d’être choisi un des joueurs de la dernière semaine dans la LCF.

« Il faut le suivre de près quand il se trouve sur le terrain. On s’attend à ce que les Blue Bombers tentent un long jeu ou deux avec lui », a reconnu le demi de coin Jonathan Rose.

Whitehead s’avère un curieux personnage. Il a déjà brillé dans la NFL. Plus précisément chez les Cowboys de Dallas en tant que spécialiste des retours de botté. Il a marqué notamment un touché de 101 verges lors d’un match hors-concours en 2016. Des problèmes avec la justice l’ont rattrapé la saison suivante, ce qui a motivé les Cowboys à le libérer. Il avait notamment été pincé pour un vol de 25 $ d’articles dans un dépanneur de la Virginie. Des blessures ont ensuite miné son court passage en 2017 chez les Jets de New York.

Les Bombers l’ont recruté ce printemps lors d’un mini-camp en Floride.

Ce qui retient encore plus l’attention au sujet de Lucky Whitehead ? Cette histoire bizarre survenue il y a deux ans lorsque son chien « Blitz » a été kidnappé... Les ravisseurs exigeaient alors une rançon de 10 000 $ US.

C’est ce que le joueur a clamé sur les réseaux sociaux.

Whitehead a fini par verser une somme afin de ravoir son meilleur ami. Il avait notamment raconté sa mésaventure dans un reportage à la station de télé KXAS de Dallas.

Ces jours-ci, Lucky Whitehead fait les manchettes pour de bonnes raisons au Canada. Le Rouge et Noir espère simplement ne pas être sa prochaine victime sur un terrain de football.