Le botteur du Rouge et Noir, Lewis Ward, montre les deux trophées qu’il a remportés jeudi au gala de la LCF. Son coéquipier Brad Sinopoli a pour sa part été nommé joueur canadien par excellence.

Ward et Sinopoli récompensés par la LCF

EDMONTON — Visiblement, minuit n’a pas encore sonné pour Lewis Ward, dont le conte de fées s’est poursuivi, jeudi soir, au gala annuel de la Ligue canadienne de football (LCF).

Le botteur du Rouge et Noir a remporté deux des 11 trophées remis durant cette soirée présentée au Winspear Centre à trois jours du match de la Coupe Grey. On lui a remis d’abord le titre de joueur recrue par excellence, lui qui a récolté 50 des 60 votes de premières places.

Puis l’ancienne gloire des Eskimos d’Edmonton, Gizmo Williams, s’est pointée au podium pour annoncer que Ward était aussi le joueur par excellence de la dernière saison au sein des unités spéciales.

« Mon meilleur ami était assis à mes côtés dans la foule. Je lui disais que mes mains étaient moites. J’étais nerveux. J’aurais préféré botter un ballon devant 24 000 personnes dans un stade plutôt que de parler à un gala... mais c’est quand même une expérience formidable », a soutenu le double vainqueur, qui a fracassé deux records importants à sa première saison chez les pros.

Ward a réussi 51 de ses 52 tentatives de placement, terminant le calendrier régulier avec un pourcentage de réussite de 98,1 %. L’ancienne marque était de 94,7 %.

Mais surtout, il a réussi 48 tentatives de suite, une séquence qui se poursuivra en 2019.

Ward a rendu hommage à plusieurs personnes, dont l’entraîneur des botteurs des Gee Gees d’Ottawa, David Miller Johnston, qui l’a pris sous son aile pendant ses cinq ans dans les rangs universitaires. « Il a passé plusieurs fins de soirée dans un dôme à faire de moi un meilleur joueur... Il a pris du temps de sa vie très occupée pour m’aider », a-t-il relaté.

Il s’agit du premier joueur d’une franchise de la LCF à Ottawa depuis Reggie Barnes en 1990 à remporter le titre de recrue de l’année. Les anciens Rough Riders Orville Lee (1988), Chris Isaac (1982) et Tom Clements (1975) ont aussi leur nom gravé sur le trophée.

Lewis Ward n’a pas été le seul joueur du Rouge et Noir qui a entendu son nom être appelé.

Brad Sinopoli a été élu joueur canadien par excellence pour une deuxième fois en carrière. Il a surpassé Ben Cahoon, qui avait établi en 2003 l’ancien record pour les réceptions par un receveur canadien avec 112.

Sinopoli a aussi franchi le cap des 1000 verges pour une quatrième saison de suite.

Ce fut la bataille la plus serrée de ce gala puisque le vétéran du Rouge et Noir a obtenu 32 votes de première place contre 28 pour le porteur de ballon des Blue Bombers, Andrew Harris.

En nomination pour le titre d’entraîneur-chef de l’année, Rick Campbell a vu le panel d’électeur composé de journalistes et d’instructeurs lui préférer son homologue des Roughriders de la Saskatchewan, Chris Jones.

Le quart-arrière des Stampeders de Calgary, Bo Levi Mitchell, a remporté le prix le plus convoité de joueur par excellence. Adam Bighill, des Blue Bombers de Winnipeg, a été choisi joueur défensif de l’année tandis que son coéquipier Stanley Bryant s’est remettre le trophée de joueur de ligne offensive par excellence de 2018.

Le centre-arrière des Lions de la Colombie-Britannique, Rolly Lumbala, a gagné le trophée des anciens combattants pour avoir incarné et démontré les valeurs des vétérans canadiens. Quant à Wally Buono, il a reçu le prix d’excellence pour le leadership, lui qui prend sa retraite après une carrière de 46 ans en tant que joueur et entraîneur.

L’ancien joueur devenu analyste Pierre Vercheval a reçu le prix du commissaire. « Il est devenu pour nos partisans francophones le conteur ultime de notre sport, a soutenu le grand patron de la LCF, Randy Ambrosie.

« Pierre est à la fois expert en football et un traducteur hors pair. Il met à jour le lexique afin de faire ressortir les nuances du football canadien au fur et à mesure que notre sport évolue. »

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DESJARDINS A VU JUSTE

EDMONTON — À quand un prix pour le directeur général de l’année dans la LCF ?

Marcel Desjardins serait sûrement au haut de la liste des favoris pour gagner pareil titre. Le grand patron du Rouge et Noir a bâti cette équipe qui participera une troisième fois au match de la Coupe Grey en quatre ans. Tout ça à la cinquième saison de la jeune histoire de la concession.

Tous ces succès, ça ne le surprend pas. « J’ai passé plusieurs années à Montréal. C’était normal de se retrouver souvent au match de la Coupe Grey », a rappelé Desjardins, qui a gagné trois fois le trophée durant son séjour en tant que dg adjoint chez les Alouettes.

Une puissance que tente maintenant de recréer le directeur général franco-ontarien à Ottawa.

Chaque année depuis son embauche en 2013, certaines de ses décisions ont été très payantes.

D’abord le choix de Rick Campbell à titre d’entraîneur-chef. Puis il y a eu les sélections en première ronde au repêchage de la LCF. Tous des joueurs qui sont devenus partants, de MacMillan à Mateas en passant par les Pruneau, Lauzon-Séguin et Johnson.

Surtout, il y a ce geste posé en février 2016 qui avait surpris à l’époque.

Desjardins avait mis sous contrat Trevor Harris à titre de joueur autonome même si le vétéran Henry Burris était le quart-arrière numéro un du Rouge et Noir. Il lui avait promis de devenir partant dès 2017.

Harris a connu son meilleur match en carrière dimanche dernier, lançant un nombre record de six passes de touché dans la victoire contre Hamilton.

« Est-ce que ça me surprend ? Pas du tout. C’est un gars qui travaille plus fort que tous les autres. Il est toujours au stade. Il est toujours prêt. »

Une partie l’avait convaincu que Harris devait devenir l’éventuel successeur de Burris. Ça se passait le 6 octobre 2015.

Le Rouge et Noir accueillait alors les Argonauts de Toronto.

Harris avait complété 32 de ses 44 passes pour 397 verges et cinq touchés. « Il avait très bien joué dans des circonstances difficiles. C’est une des raisons pourquoi nous l’avions embauché », a soutenu Desjardins.