Le quart-arrière du Rouge et Noir, Henry Burris, ne pourra pas s'empêcher de jeter un coup d'oeil du côté des gradins, au moment de fouler le terrain.

Une visite sous la pluie et... des seins nus

Ça sera plus fort que lui quand il foulera le terrain, demain soir, lors du premier match à domicile de l'histoire du Rouge et Noir.
Henry Burris va jeter un coup d'oeil vers les gradins. Plus précisément ceux du côté sud de la surface de jeu.
Le vétéran quart-arrière n'a pas oublié ce qu'il avait vu lors de sa dernière partie de la LCF à Ottawa à l'automne 2005. Il était alors le général de l'attaque des Stampeders de Calgary.
Une joute qui se déroulait au stade Frank-Clair, qui a cédé le terrain depuis à la Place TD.
«Je ne sais pas si je devrais raconter l'anecdote», a-t-il avoué hier en réponse à une question du Droit.
Après quelques secondes à le convaincre, Burris a fini par cracher le morceau.
«Ne regarde pas»
«Il y avait de fortes pluies durant cette partie contre les Renegades. Un match présenté sous la thématique Mardi gras afin d'attirer une clientèle de jeunes adultes, a commencé par raconter le père de famille de trois enfants.
«On m'avait dit de ne pas regarder dans une section en particulière.»
Mais Burris ne pouvait pas s'en empêcher.
«Le jeu avait été arrêté en raison de l'accumulation d'eau. J'entendais des bruits de tambours de ce côté-là des estrades et j'ai regardé par-dessus mon épaule. Il y avait une partisane debout, seins nus, qui s'amusait à collectionner des colliers de perles...»
Une image qui semble encore fraîche dans la mémoire de ce futur membre du Temple de la renommée. Même neuf ans plus tard...
«Ce n'était pas vraiment un divertissement familial ça, a enchaîné Burris. C'était un bel exemple de pourquoi le football n'avait pas fonctionné. Pourtant, il y avait beaucoup de talent dans cette édition-là.»
Jusqu'ici, le Rouge et Noir n'a pas organisé de promotions douteuses. Il n'y a pas eu d'embauches loufoques.
Et surtout, le côté moderne de la Place TD fait oublier le stade Frank-Clair qui était en ruine à l'époque. Comment oublier le match disputé après le passage des Rolling Stones, quelques jours auparavant?
La surface de jeu synthétique avait été endommagée. Les lignes de jeu étaient croches. Les images avaient fait le tour des bulletins de sport en Amérique du Nord.
Les joueurs du Rouge et Noir veulent donner de nouveaux souvenirs aux partisans. De belles histoires à raconter. Et ça commence dès demain soir avec une victoire contre les Argonauts de Toronto.
«Ce sera une soirée excitante et surtout très émotive pour tout le monde. Les gens d'Ottawa attendent ce moment depuis plusieurs années. J'ignore quel genre de célébrations sont prévues avant le match, mais ce sera à nous de ne pas se laisser trop emporter une fois que la partie commencera», a soutenu Henry Burris.
L'entraîneur chef Rick Campbell répète le même message depuis trois jours lors des séances d'entraînement.
«Il faudra bien gérer nos émotions», a-t-il rappelé, hier après-midi, devant une dizaine de membres des médias.