Connor Williams tenait a partagé la coupe Grey avec son oncle décédé.

Une visite au cimetière avec la coupe Grey

Le Rouge et Noir s'est promené un peu partout avec la coupe Grey dans les derniers mois. Le trophée a même effectué un détour par un cimetière d'Ottawa.
Une idée de Connor Williams, ce gros plaqueur musclé aux longs cheveux ayant réussi 18 plaqués, dont cinq sacs, la saison passée. Le joueur originaire de la capitale nationale tenait à partager la conquête avec un oncle qu'il n'a jamais connu de son vivant.
Phil Ireland est décédé à l'âge de 19 ans dans un accident de la route en 1974. « Il était un des plus beaux espoirs du football dans la région. Il aurait joué dans la Ligue canadienne de football. Il aurait même gagné cette coupe », relate Williams, né 17 ans après la mort du frère de sa mère Debra.
Le sort a voulu que le nom d'Ireland soit plutôt gravé sur une pierre tombale et non sur ce trophée. Il repose en paix depuis quatre décennies aux côtés de deux autres membres de la famille Ireland, qui carburait au football.
Le benjamin Shane a évolué chez les Alouettes de Montréal et les Rough Riders d'Ottawa après le décès de l'aîné.
« Je tenais à partager ma joie, cette conquête de la coupe Grey, avec mon oncle Phil. Je lui rends déjà honneur en portant de longs cheveux comme lui à l'époque », confie Williams, qui a appris à connaître le défunt via les nombreuses histoires et anecdotes racontées par sa mère.
Le numéro 99 du Rouge et Noir rappelle qu'il réserve toujours une prière pour Ireland avant chaque rencontre. Ce fut le cas encore jeudi soir lors du premier match hors-concours de 2017 à la Place TD.
Sa visite au cimetière Pinecrest est survenue en décembre. Il y avait de la neige au sol. Il faisait froid. Mais il était hors de question que le joueur surnommé « Conan le Barbare » se désiste. Ce rendez-vous lui trottait en tête depuis la conquête du Rouge et Noir, quelques semaines auparavant, à Toronto.
Ce fut un des nombreux arrêts de Williams, qui a trimballé la coupe Grey aussi dans deux écoles de la région et deux casernes de pompier. « Afin de dire merci aux nombreuses personnes qui m'ont appuyé au fil des ans », a-t-il expliqué.
En visite en Ukraine
Le joueur de ligne défensive a eu un hiver et un début de printemps très occupé. Il a été garçon d'honneur au mariage d'un de ses anciens coéquipiers dans les rangs universitaires. Puis en avril, il a fait partie d'un contingent de la LCF qui a rendu visite aux membres des Forces armées canadiennes à Starychi, en Ukraine, et à Marseille, en France.
« J'ai beaucoup appris sur les soldats et eux, ils ont aussi beaucoup appris sur nous. J'ai pu partager quelques trucs lors de matches amicaux. Il y avait beaucoup de sourires », a souligné Williams, qui a participé à plusieurs activités communautaires.
On l'a vu notamment du côté québécois de la rivière des Outaouais, le mois dernier. En compagnie d'Antoine Pruneau, Brendan Gillanders, Jean-Philippe Bolduc et Jon Gott, il a donné un coup de main aux victimes des inondations.
Une autre expérience qui a marqué le colosse de 6'3'' et 278 livres.
Depuis deux semaines, c'est toutefois le retour au travail pour ses coéquipiers et lui. Les conditions n'ont pas toujours été idéales au camp d'entraînement.
Plusieurs séances se sont déroulées sous la pluie à la Place TD.
« Ça ne me dérange pas. Je me sens à nouveau comme un gamin à jouer sous la pluie », a soutenu Connor Williams avant d'apporter un bémol.
« L'envers de la médaille, c'est que tes souliers à crampons sont détrempés. Tu dois t'assurer de bien les faire sécher, sinon ça ne sentira pas bon dans le vestiaire », a-t-il ajouté, sourire en coin.