L’an dernier, Greg Ellingson a recréé une scène de limbo après un touché en demi-finale de l’Est avec l’aide de Diontae Spencer, Dominique Rhymes et Juron Criner.

Une surprise ou deux en réserve

Que mijotent les joueurs du Rouge et Noir en guise de célébrations du prochain touché de l’équipe ?

Verra-t-on le porteur de ballon William Powell démarrer lui-même la scie à chaîne des bûcherons, vendredi, lors de la visite des Alouettes de Montréal à la Place TD ? Est-ce que le receveur Greg Ellingson ira se verser une bière en fût au bar de la terrasse située dans la zone des buts ?

Ou est-ce que les joueurs de ligne prendront place dans la Subaru familiale rouge et noir stationnée près des estrades ?

La question se pose depuis que la Ligue canadienne de football (LCF) a décidé, la semaine dernière, d’ajuster le standard appliqué par les officiels en matière de célébrations d’après-touché. Le commissaire a levé partiellement l’interdiction complète d’avoir recours à des objets pour fêter.

« Nous avons un groupe de joueurs assez créatif et festif ici. Je suis sûr que nous allons voir quelque chose de spécial », a prédit le vétéran bloqueur SirVincent Rogers.

Ce que seconde le maraudeur Antoine Pruneau, qui dispute sa cinquième saison à Ottawa. Il a rappelé que le Rouge et Noir a offert son lot de célébrations mémorables au fil des ans.

Il y a eu l’ange dans la neige offert par Ellingson en finale de l’Est en 2016. L’an dernier, Ellingson a recréé une scène de limbo après un touché en demi-finale de l’Est avec l’aide des receveurs Diontae Spencer, Dominique Rhymes et Juron Criner.

Spencer jouait le rôle de la barre sous laquelle un de ses coéquipiers se déplaçait. La scène est devenue virale.

Quelques mois auparavant, ce même Spencer avait mis un genou au sol après un touché, recréant une demande en mariage en face du poteau des buts.

L’électrisant receveur préparerait une autre célébration mémorable, dit-on en coulisses. Il a sollicité l’aide des partisans ces derniers jours via les médias sociaux afin de dénicher une... chèvre !

« Il faut s’amuser. Les gens aiment ça », a rappelé Powell, qui a inscrit quatre touchés depuis le début de la saison.

Ellingson, lui, se souvient d’avoir grandi en suivant attentivement les faits saillants des matches de la NFL au petit écran. Il voulait voir les plus récentes célébrations des receveurs de passe.

« Mon favori, c’était Chad Johnson. Il en a eu plusieurs mémorables », a-t-il avoué.

L’athlète floridien assure n’avoir rien en tête en vue de son prochain touché. On verra bien.

Le directeur général Marcel Desjardins confirme que le Rouge et Noir n’empêchera pas ses joueurs de pousser la note. Même discours du côté de l’entraîneur-chef Rick Campbell, qui n’a toutefois pas caché sa préférence.

« J’aime mieux voir un joueur tout simplement remettre le ballon à l’officiel après son touché, agir comme si c’était juste normal qu’il venait d’inscrire un autre touché », a-t-il soutenu.

Campbell en est à sa 20e année dans le giron de la LCF. Il en a vu de toutes sortes.

« Des gars qui recréent une course à relais d’athlétisme à des gars qui font semblant de prendre place dans un bobsleigh », a-t-il énuméré.

Greg Ellingson a rappelé que le Rouge et Noir a toujours aimé fêter avec les partisans. Donc peut-être un indice d’une célébration à venir de la part d’un de ses coéquipiers ?

La réponse viendra vendredi soir, quelque part entre 19 h 30 et 22 h 30 contre les Alouettes. À condition que le Rouge et Noir marque bien sûr un touché.

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COMME « MONONCLE » BUSTER

Visiblement, Dominique Rhymes imite son célèbre oncle à la lettre.

Le receveur du Rouge et Noir a inscrit son premier touché en carrière dans la Ligue canadienne de football (LCF) au même endroit où Buster Rhymes en avait fait de même, il y a 30 ans. Ça s’est passé lors du dernier match, le 17 août, à Winnipeg contre les Blue Bombers.

« L’équipe au sein de laquelle mon oncle a joué dans la LCF. Une drôle de coïncidence », avoue Dominique Rhymes, qui a capté une passe de cinq verges dans la zone des buts ce soir-là.

Ce dernier avait failli inscrire un touché sur le jeu précédant, captant une longue passe de 59 verges du quart-arrière Trevor Harris. Mais le demi défensif des Bombers, Kevin Fogg, l’a rattrapé pour le plaquer au sol.

« Je le croyais plus loin de moi qu’il l’était en réalité, explique Rhymes, qui s’en veut un peu d’avoir ralenti sa course en territoire ennemi.

«Heureusement, j’ai pu me reprendre immédiatement sur le jeu suivant», ajoute-t-il en souriant.

L’athlète originaire de Miami a terminé ce match avec cinq réceptions et 81 verges. De loin sa meilleure performance depuis son arrivée en sol canadien, l’an dernier.

Rhymes a disputé 11 parties en 2017, captant 15 passes pour 219 verges.

Son rendement lors du camp d’entraînement en juin lui a valu un poste de partant. «Mais je me suis blessé malheureusement dès le deuxième match de la saison», rappelle-t-il.

On l’a seulement revu en uniforme il y a trois semaines lors de la visite des Alouettes de Montréal à la Place TD. Une partie durant laquelle le numéro 15 a capté sept ballons pour 77 verges.

Tôt ou tard, Rominique Rhymes s’attend à obtenir des nouvelles de son oncle Buster. Les deux ne se sont pas jasés depuis un bout de temps.

Buster Rhymes a disputé deux saisons à Winnipeg, prenant sa retraite à l’automne 1989. Il avait évolué auparavant dans la NFL, plus précisément chez les Vikings du Minnesota. Il avait établi un record du circuit en 1985, récoltant un total de 1345 verges sur des retours de botté d’envoi.

Notons que Mononcle Rhymes a gagné la coupe Grey en 1988 chez les Bombers.

Qui sait, il s’agit peut-être du prochain exploit que son neveu Dominique va dupliquer.

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SIRV S'EXCUSE

Il est un des joueurs les plus respectés et les plus imposants de l’équipe à 6’4’’ et 319 livres, mais ça n’empêche pas SirVincent Rogers de gaffer à l’occasion.

Le bloqueur du Rouge et Noir a tenu à s’excuser ces derniers jours après avoir été mis à l’amende par la LCF pour avoir donné un coup de poing à la tête d’un joueur des Blue Bombers de Winnipeg lors du dernier match. Il se portait alors à la défense d’un coéquipier qui avait été rudoyé à la conclusion d’un jeu offensif en territoire adverse.

«En tant que leader, je dois montrer l’exemple. Je suis responsable de mes gestes. J’ai décidé d’accepter la décision de la ligue et ne pas en faire appel», a-t-il raconté, mardi, après l’entraînement des siens.

Rogers, 32 ans, a pris le temps de rédiger un mot d’excuse sur les médias sociaux. Un message destiné aux partisans, mais également son patron Marcel Desjardins. Il a rappelé que sa réaction sur le terrain a coûté une opportunité de marquer au Rouge et Noir.

L’équipe a quand même gagné 44-21 contre les Bombers.

«Oui, il y a beaucoup d’émotions dans le feu de l’action. Oui, je vais toujours défendre mes coéquipiers. Mais je suis allé trop loin dans ce cas-ci.»