Travis Brown récite une prière en l'honneur de son père avant chaque partie. Prière qu'il s'est d'ailleurs tatouée sur le bras gauche.

Une prière d'avant-match pour papa

Un rendez-vous important se trouve à son horaire, une heure avant la partie inaugurale à la Place TD.
L'endroit?
Au pied du poteau des buts dans le territoire de l'équipe d'expansion de la LCF.
Qui l'attend?
Son papa Dan, décédé il y a cinq ans d'un cancer du cerveau.
«C'est ma routine avant chaque partie, relate le secondeur du Rouge et Noir, Travis Brown.
«Avant de mourir, mon père a dit à ma mère qu'il serait toujours là pour moi au pied du poteau de la zone des buts, peu importe où je jouerais. Je prends toujours quelques minutes pour aller à cet endroit, m'agenouiller et réciter une prière.»
Dans le vestiaire, fiston Travis prend le temps de jeter un coup d'oeil sur une photo du paternel, qui serait fier de son parcours des cinq derniers mois.
Brown vient de fêter ses 24 ans. Il s'avérait un inconnu en se pointant à un des nombreux camps d'essai que le Rouge et Noir a tenu aux États-Unis en mars. Dans son cas, il s'est présenté à celui tenu en Californie en compagnie de quelques amis.
Le produit de Fresno State a trouvé le moyen de retenir l'attention des dirigeants de l'équipe. Assez pour mériter une invitation au camp des recrues puis au principal camp d'entraînement en juin.
Puis ses performances lors des deux parties hors-concours ont été suffisantes pour garantir sa place dans l'alignement.
À son premier match de la saison, Brown a récolté un sac du quart.
«Je me plais tellement ici. Je me considère chanceux de me retrouver dans une organisation qui est l'équivalent d'un hôtel cinq étoiles. Nous sommes tellement bien traités, a-t-il commencé par dire. Les gens ont pris le temps de bien faire les choses. Ils sont patients.»
On ne joue pas au jeu de la chaise musicale depuis la fin du camp d'entraînement.
La direction a décidé de faire confiance aux joueurs qu'elle a choisis. Aucun agent libre ou vétéran retranché ailleurs n'a été embauché.
Les entraîneurs se sont montrés patients avec la majorité de leurs recrues.
Travis Brown sait une chose ou deux dans le démarrage d'une nouvelle franchise dans la LCF. Son père a été entraîneur adjoint des défunts Barracudas de Birmingham qui n'avaient disputé qu'une saison en 1995.
Le joueur du Rouge et Noir avait assisté à quelques parties. Ce fut son initiation aux règles du football canadien.
Presque 20 ans plus tard, le nom de Dan Brown n'a pas été oublié au nord de la frontière. D'anciens collègues gravitent encore dans le circuit.
On parle de lui à son garçon ici et là.
Et Travis Brown ne l'oubliera jamais.
La prière qu'il récite avant chaque partie en sa mémoire se retrouve tatouée sur son bras gauche.
«Je pense qu'il est fier de moi. Il a tellement été un gars incroyable pour moi. Il m'a tout montré. Il m'a permis de devenir l'homme que je suis aujourd'hui et aussi le joueur de football que je suis.»
Un athlète que sa ville d'adoption découvrira dans les prochaines heures.