L’ADN de la défensive du Rouge et Noir a été modifié durant l’hiver. Le secondeur Kyries Hebert est l’un des huit nouveaux partants en vue de la nouvelle saison. Il a donné le ton depuis deux jours au camp d’entraînement à la Place TD.

Une défensive qui jappe et mord

Le quart-arrière vedette aime la défensive renippée à fort prix du Rouge et Noir. L’entraîneur-chef aussi.

«Je pense que je n’ai jamais vu une tertiaire aussi talentueuse que ça, lance Trevor Harris.

«Les joueurs en défensive sont explosifs et effectuent déjà de gros jeux. C’est beau à voir», ajoute Rick Campbell.

De quoi rassurer les amateurs après les deux premiers jours du camp d’entraînement regroupant recrues et vétérans à la Place TD. L’équipe de la capitale a provoqué seulement 22 revirements en 2017, le pire rendement à ce chapitre dans la Ligue canadienne de football (LCF).

Ottawa arrivait notamment au dernier rang avec 11 interceptions.

«J’en parlais justement à nos joueurs. Si tu es parmi les meneurs au chapitre des revirements et tu écopes de peu de pénalités, tu as de bonnes chances de gagner chaque match. Nous voulons que nos joueurs arrachent le ballon des mains de l’adversaire», explique Campbell.

Ça se voyait très bien dimanche. Même chose lundi.

Le Rouge et Noir n’a jamais été aussi agressif. Et aussi bruyant.

Visiblement, le directeur général Marcel Desjardins a réussi à modifier l’ADN de cette unité maintenant dirigée par le nouveau coordonnateur Noel Thorpe.

Il ne reste que quatre partants de la défensive de la saison dernière. Le maraudeur Antoine Pruneau, les demis de coin Jonathan Rose et Corey Tindal de même que l’ailier défensif Jonathan Newsome, ont conservé leur poste.

À moins d’un revirement, Kyries Hebert, Loucheiz Purifoy et Kevin Brown seront les nouveaux secondeurs tandis que Rico Murray et Josh Johnson compléteront la tertiaire.

Restera à trouver des plaqueurs. Lundi, c’était au tour de deux produits américains, George Uko et Mike Wakefield, d’être mis à l’essai.

«Je pense que Kyries donne le ton à cette défensive. Il ne cesse de courir, de crier et de refiler des conseils aux plus jeunes, souligne Harris.

«Je ne crois pas que nous avons déjà eu un leader de la sorte au camp d’entraînement auparavant. C’est plaisant de le voir en action.»

Hebert, c’est l’ancien joueur des Alouettes de Montréal qui a été libéré à la fin de l’hiver même s’il avait été finaliste au titre de joueur défensif de l’année dans la LCF. C’est le vétéran âgé de 37 ans qui ne ressemble en rien à un athlète dont la carrière tire à sa fin.

«Il est toujours le premier sur le ballon», mentionne Harris.

L’unique survivant des défunts Renegades d’Ottawa a été désigné joueur défensif le plus robuste selon un sondage mené par la LCF, plus tôt, ce printemps.

«Mon but, c’est que notre défensive soit la plus rude de la ligue et non uniquement moi», dit Hebert.

Plus loin, son coéquipier Antoine Pruneau avouait que ça frappait déjà fort au camp d’entraînement. Il y a des flammèches. «Ce n’est qu’une question de temps avant que ça explose, qu’on voit une bagarre», prédit-il.

Pruneau aimait entendre les louanges de Harris. Mais il a tenu à rappeler que le Rouge et Noir a déjà aligné une tertiaire redoutable en 2016.

«Nous avions quand même réussi cinq interceptions lors de notre victoire au match de la coupe Grey», fait-il valoir.

On se souvient de la suite. Plusieurs membres de cette défensive, de Forrest Hightower à Adbul Kanneh en passant par Mitchell White, ont abouti ailleurs pour une question de dollars. L’organisation avait alors pris un virage jeunesse qui avait été tout sauf payant.

«Je te dirais que nous n’avons jamais eu une défensive avec autant d’expérience depuis que je suis ici. Tu vois une différence. Il y a aussi beaucoup d’enthousiasme», avoue Pruneau.

Le camp d’entraînement du Rouge et Noir se poursuit mardi avec une séance ouverte au public de 8h30 à 11h55.

UN SOIGNEUR DÉJÀ TRÈS OCCUPÉ À LA PLACE TD

Marcelo Cuenca a été la personne la plus occupée depuis dimanche à la Place TD. Il ne porte pas de numéro.

C’est plutôt lui qui s’occupe des bobos des joueurs. Il entame sa deuxième saison dans ce rôle chez le Rouge et Noir.

Déjà, il a plusieurs patients à son infirmerie. La recrue québécoise Keith Sanscartier et le botteur américain Sergio Castillo se sont blessés dimanche.

Puis il y a le garde Nolan MacMillan et le plaqueur Ettore Latanzio, qui ont dû se contenter d’un rôle de spectateurs depuis 48 heures. Les joueurs de ligne Jon Gott et SirVincent Rogers ont aussi dû faire appel à ses services tout comme le demi de coin Jonathan Rose, mais ils ont tout de même participé aux répétitions de la première unité de l’offensive.

«Ce n’est rien de majeur. Un camp d’entraînement, c’est long. Nous optons pour la prudence, a assuré l’entraîneur-chef Rick Campbell au sujet de Castillo, qui se bat avec Richie Leone et l’espoir local Lewis Ward pour le poste de botteur. «Je m’attends à ce qu’il soit prêt en vue du début de la saison», a-t-il ajouté au sujet de MacMillan.

Quant au vétéran de la NFL, Cliff Matthews, il est retourné chez lui. Il a subi une blessure au pied droit la semaine dernière.

Un qui semble en pleine santé?

Le receveur Brad Sinopoli, qui a été opéré à une épaule en novembre. On disait que l’équipe jonglait avec l’idée de retarder son entrée au camp d’entraînement.

Finalement, il était sur le terrain dimanche lors de l’arrivée des vétérans. Et le joueur étoile a multiplié les attrapés spectaculaires.

«Il ne ressemble en rien à un joueur qui est passé sous le bistouri. C’est très bon pour nous ça», a rappelé le quart-arrière Trevor Harris.

«Tout est beau. J’avais hâte d’encaisser des plaqués ou de tomber au sol afin de voir si l’épaule tiendrait le coup», a avoué Sinopoli, auteur de trois saisons consécutives de 1000 verges ou plus.

Autre signe que tout va bien avec l’épaule en question? «J’ai pu jouer au golf la veille de mon mariage», a soutenu Sinopoli, sourire en coin.