«Nous serons la couleuvre qui se faufilera dans le gazon sans que personne s’en rendre compte !», a lancé le quart arrière du Rouge et Noir, Trevor Harris, aux journalistes.

Une couleuvre nommée... Rouge et Noir

Trevor Harris a vu de près la défensive renipée du Rouge et Noir lors des trois derniers jours à la Place TD. Quelques-unes des passes du quart-arrière vedette ont même été interceptées durant le mini-camp, qui s’est conclu, mercredi matin, dans la pluie.

« Nous avons ajouté plusieurs nouveaux joueurs qui vont nous aider grandement lors de la prochaine saison », a lancé un Harris visiblement de bonne humeur et très optimiste. Tout le contraire de l’athlète amoché et débiné qui avait vu son équipe subir l’élimination, il y a 6 mois, en demi-finale de l’Est sur le même terrain.

« Les gens ont tendance à l’oublier, mais nous avons gagné six de nos sept derniers matches du calendrier régulier. Une bonne partie de cette attaque est de retour. Tu combines ça à notre défensive qui a été reconstruite durant l’hiver, nous serons à surveiller. »

Pourtant, Ottawa ne reçoit pas beaucoup d’amour des pseudo-experts à sept semaines du début de la nouvelle saison. Dans la division Est, il est beaucoup question des champions en titre, les Argonauts de Toronto, dont l’alignement est resté intact.

On jase aussi des Alouettes de Montréal, qui ont embauché à fort prix une poignée de joueurs étoiles en défensive. Reste à voir s’ils marqueront des points.

Les Tiger-Cats de Hamilton, eux, semblent aussi être préférés au Rouge et Noir.

« Personne ne parle de nous en ce moment, a reconnu Harris.

«C’est OK. Nous serons la couleuvre qui se faufilera dans le gazon sans que personne s’en rendre compte !»

Ce fut probablement sa meilleure citation offerte aux journalistes depuis son arrivée à Ottawa en 2016. On le sent plus à l’aise que jamais, voire transformé.

À sa première saison, Trevor Harris était impliqué dans une bataille avec le vétéran Henry Burris pour le poste de numéro un. Puis l’an dernier, il a succédé à ce futur membre du Temple de la renommée. La pression était écrasante. Il n’était pas toujours de commerce agréable.

Mercredi, Harris s’amusait sur le terrain. Il a conclu la dernière séance du mini-camp en courant plus d’une cinquantaine de verges pour inscrire un touché.

Son nouveau substitut, Dominique Davis, a sprinté à son tour afin de célébrer le tout.

«Ce fut un mini-camp où tout le monde a eu du plaisir. Avec tous ces nouveaux visages, nous avons appris à nous connaître. J’ai posé beaucoup de questions aux gars. Je voulais connaître leur histoire, savoir où ils ont grandi, ce qu’ils aiment, a relaté Harris.

«C’est important car nous allons devenir une famille dans les prochains mois. En fait, je vais passer plus de temps auprès de ces personnes que les membres de ma propre famille.»

Le père âgé de 32 ans a consacré son hiver à s’entraîner, mais aussi à multiplier les appels. Il a discuté longuement avec plusieurs des nouveaux joueurs embauchés par le Rouge et Noir.

Ce fut le cas notamment avec Davis, qui remplace Drew Tate à titre de quart-arrière numéro deux de l’équipe. Le nouveau quart américain est surtout reconnu pour sa mobilité.

Il a toutefois eu peu de temps de jeu lors des trois dernières saisons à Winnipeg.

«Quand le Rouge et Noir m’a contacté, j’avais déjà des options sur la table. Mais venir à Ottawa s’est avéré immédiatement la voie la plus intéressante à prendre pour la suite de ma carrière», a soutenu Davis, dont le frère Desmond Clark a évolué pendant 12 saisons dans la NFL.

Ses patrons auront des décisions à prendre dans les prochains jours. Ils doivent réduire l’alignement à 75 joueurs d’ici le 1er mai, règlements de la LCF obligent.

Ottawa compte 85 joueurs sous contrat en ce moment.

Aucun quart ne devrait écoper. «Nous allons regarder longuement ce que nous avons sous la main chez les receveurs et les demis défensifs, a indiqué l’entraîneur-chef Rick Campbell.

«Puis nous avons déjà commencé à préparer le prochain repêchage», a-t-il ajouté.

L’encan de la LCF se déroulera le 3 mai. Le Rouge et Noir possède le quatrième choix au total.

HEBERT, LE REVENANT ET LE GATINOIS

C’était plus fort que lui. Kyries Hebert se montrait nostalgique en regardant autour de lui.

« C’est un sentiment extraordinaire de revenir dans la ville et dans le stade où tout a commencé pour moi », a lancé le vétéran secondeur du Rouge et Noir, mercredi, dans un des couloirs de la Place TD. Il avait entamé sa carrière dans la LCF en 2004 chez les défunts Renegades d’Ottawa.

À l’époque, la Place TD portait le nom du stade Frank-Clair. Le vestiaire était en ruine. Les estrades du côté sud du terrain aussi.

Et un peu tout le monde se moquait des Renegades à travers le pays.

« Ce n’était jamais un trou pour moi ce stade. C’était mon chez-moi. J’aimais l’endroit. J’aimais l’équipe. J’étais un gars à la recherche d’une opportunité. Ottawa me l’a offerte cette chance. J’ai vécu une belle expérience... à part le fait que la franchise a disparu à un certain moment ! »

Hebert, qui fêtera ses 38 ans en octobre, a parlé de ses anciens coéquipiers Gerald Vaughn et Kelly Wiltshire. Deux vétérans volubiles sur le terrain. Deux vétérans qui prenaient un soin jaloux de leur corps.

Une dizaine d’années plus tard, Hebert est devenu ce vétéran. Cette grande gueule sur le jeu. Et il s’avère une bête dans le gymnase.

Son nouveau coéquipier Antoine Pruneau l’a découvert le mois dernier.

« Je suis allé m’entraîner avec lui à Montréal. À mi-chemin, je n’étais plus capable de suivre. J’ai dit à son coach privé que mes jambes étaient paralysées. »

Hebert, qui a passé les six dernières saisons chez les Alouettes, a été embauché par le Rouge et Noir afin d’épauler les jeunes joueurs de l’équipe. Mais aussi redonner du mordant à la défensive.

« Je suis encore capable d’effectuer de gros jeux et de faire du bruit », a assuré le natif de La Louisiane, qui en sera à une 12e saison dans la LCF.

Ce dernier a déjà déniché un logement pour sa famille à Gatineau. Il a rappelé que sa conjointe Annette, une ancienne joueuse de basket-ball, est francophone.

Hebert peut aussi s’exprimer un peu dans la langue de Molières.

Le couple s’est marié l’an passé lors d’une cérémonie tenue sur le terrain du stade Percival-Molson, à Montréal. Il a accueilli au monde son premier enfant, il y a 16 jours.

Bébé Kataleya était notamment à la Place TD mardi avec maman afin d’encourager papa.

« Elle est déjà une partisane de la «RNation», a lancé en riant Kyries Hebert, qui porte le même numéro 34 que lors de son séjour chez les Alouettes.