L’entraîneur-chef du Rouge et Noir Rick Cambell «vit des moments difficiles», selon le directeur général de l’équipe, Marcel Desjardins.

Un timide vote de confiance pour Rick Campbell

Rick Campbell est l’entraîneur-chef qui compte le plus d’ancienneté, à travers la Ligue canadienne de football. Il dirige le Rouge et Noir d’Ottawa depuis le 6 décembre 2013.

Pour la toute première fois, on a le droit de se demander s’il est en danger.

Le patron de Campbell, le directeur général Marcel Desjardins, a traversé le terrain pour discuter avec les médias, mardi. Très tôt, durant la conversation, on lui a demandé s’il est satisfait du travail accompli par le coach.

«Il vit des moments difficiles. Il a perdu son coordonnateur à l’attaque durant la saison morte. Il a fait des ajustements. En raison des blessures, il n’a pas été capable de travailler avec un alignement de façon constante. Tout cela n’est pas simple. Il essaie de gérer tout ça du mieux qu’il peut.»

Cette réponse était un peu floue.

Que faut-il penser d’un entraîneur qui «fait du mieux qu’il peut», quand il dirige une équipe de football qui vient de subir six revers consécutifs.

Surtout que le Rouge et Noir semble régresser, au lieu de s’améliorer, alors que la saison progresse.

On a donc posé à Desjardins une question plus précise.

Campbell doit-il craindre de perdre son poste ?

«En ce qui me concerne, il n’est pas en danger. Mais je devrai avoir une conversation à ce sujet avec mes patrons, un beau jour...»

Desjardins n’a pas l’air trop satisfait du travail accompli par les principaux conseillers de Campbell, ces derniers mois.

Jaime Elizondo, le coordonnateur à l’attaque qui a mené à l’équipe à la conquête de la Coupe Grey, en 2016, a remis sa démission le 1er avril dernier.

Desjardins et Campbell ont choisi, alors, de ne pas le remplacer. La responsabilité de choisir les jeux a été confiée à l’entraîneur des receveurs, Winston October.

Après quelques semaines, on fait marche arrière. Cette importante responsabilité est tombée dans la cour de l’entraîneur des quarts, Joe Paopao.

«Nous avons fait ce que nous pouvions, estime Desjardins. Pour mieux gérer cette situation, il nous aurait fallu plus de profondeur au sein de notre équipe d’entraîneurs. Dans un monde idéal, quand un coordonnateur quitte son poste, on peut tout de suite identifier son héritier au sein de l’organisation.»

«Parfois, c’est plus facile à dire qu’à faire...»

Le rôle du DG

Desjardins pourrait accepter une partie du blâme, pour le fiasco de la saison 2019.

Il a été l’architecte de la reconstruction hivernale. Il a laissé partir les piliers à l’attaque Trevor Harris, Greg Ellingson et SirVincent Rogers.

Par un drôle de hasard, ces trois joueurs s’apprêtent à effectuer leur retour en ville. Leur nouvelle équipe, les Eskimos d’Edmonton, sera de passage à la Place TD, samedi.

«En rétrospective, quand on regarde notre fiche, il est facile de dire que j’aurais pu faire les choses différemment», réagit-il, en guise de défense.

«Nous avons pris des décisions qui s’alignaient avec notre philosophie d’équipe. Nous étions persuadés que ça fonctionnerait. Malheureusement, nous avons investi beaucoup d’argent auprès de joueurs, canadiens et américains, qui ont passé une partie de l’été sur les lignes de côté», a déclaré Desjardins.

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Deux quarts contre les Eskimos

Rick Campbell a donné une chance au quart-arrière numéro un. Ça ne s’est pas trop bien passé.

Il a ensuite donné une chance au quart numéro deux. Ça n’a pas vraiment mieux fonctionné.

La prochaine étape, dans la suite logique, serait d’envoyer le quart numéro trois dans la fosse aux lions.

Il a décidé de tenter une expérience différente. Samedi, il utilisera les quarts numéro un et deux dans la même partie.

« Jonathon Jennings sera notre quart partant. Mais on fera également appel à Dominique Davis, plus tard, durant la partie », a-t-il annoncé, lors de son premier point de presse de la nouvelle semaine.

« Je n’ai pas de plan bien précis en ce qui a trait à la rotation. Je ne veux certainement pas me peinturer dans le coin. »

Durant sa conversation avec les médias, quelques minutes plus tôt, le directeur général Marcel Desjardins a laissé entendre qu’il devra « sérieusement réfléchir » à ses options à la position de quart, l’hiver prochain.

Ça veut dire ce que ça veut dire.

En attendant, il est extrêmement difficile de trouver de l’aide tandis que la saison de la LCF bat son plein.

« Ce week-end, nos deux gars auront la chance de diriger l’attaque. Ils connaissent tous les deux très bien notre cahier de jeux. Chaque quart aura la chance de travailler avec des formations bien précises », explique Campbell.

Il ne s’agit pas d’un scénario idéal, mais...

« Il y a une façon toute simple de voir les choses. Nous essayons de faire tout en notre possible pour aider notre équipe. Je me fiche bien d’identifier les coupables. Force est d’admettre que nous ne produisons pas de manière efficace. Nous allons faire les choses différemment. Nous allons chercher des solutions partout. »