« Les autres clubs n’ont aucune idée à quoi s’attendre de nous. C’est un avantage pour nous » affirme Marcel Desjardins.

Un Rouge et Noir bien différent

Le ciel était gris et menaçant au-dessus de la Place TD, mercredi après-midi, lors de l’ouverture du camp d’entraînement du Rouge et Noir. Ça n’empêchait pas Marcel Desjardins de voir la prochaine saison des siens en rose.

Le directeur général surveillait attentivement la quarantaine de recrues qui se trouvait sur le terrain. Dimanche, ce sera au tour des vétérans de se greffer au groupe.

«Je m’attends à ce que nous gagnions notre part de parties encore cette année», a-t-il lancé à un certain moment devant les médias.

Et ce même si le Rouge et Noir a perdu six de ses 12 joueurs qui étaient de l’alignement partant à l’attaque lors de la défaite au match de la coupe Grey, il y a sept mois. Le quart-arrière Trevor Harris est parti. Même chose pour le porteur de ballon étoile William Powell, deux receveurs vedettes en Greg Ellingson et Diontae Spencer de même que le redoutable bloqueur à gauche SirVincent Rogers.

Plusieurs amateurs s’avèrent inquiets à quatre semaines et demie du début de la nouvelle saison. Desjardins, lui, se dit excité de voir tous ces nouveaux joueurs qui vont batailler pour les nombreux postes à l’attaque. À commencer par Dominique Davis et Jonathon Jennings, les deux quarts en lice afin de remplacer Harris.

Jonathon Jennings

On les a vus lancer le ballon mercredi aux recrues.

«Ce qui m’excite avec ces deux gars-là, c’est qu’ils amènent de la mobilité, dit Desjardins. Ces deux dernières années, tout le monde savait où notre quart-arrière allait se retrouver dans le champ arrière. Ces deux gars vont changer cette dynamique en bougeant notamment la pochette protectrice.»

Qui dit nombreux changements, dit aussi période d’ajustements qui s’avère nécessaire. Est-ce que le Rouge et Noir disposera d’assez de temps durant le camp pour huiler sa nouvelle machine offensive?

Ça aussi, ça ne semble pas effrayer Desjardins, l’optimiste.

«S’il y avait eu arrêt de travail, j’aurais été inquiet, a-t-il dit, faisant allusion à la grève qui a été évitée. Puis par le passé, nous avions des joueurs établis à l’attaque. Cela n’a pas empêché que nous avons connu de lents départs certaines années.»

À ses yeux, Ottawa risque de surprendre ses adversaires en ayant une identité différente.

«Les autres clubs n’ont aucune idée à quoi s’attendre de nous. C’est un avantage pour nous», a plaidé Marcel Desjardins.

Visiblement, le DG était en mode «vendeur» en cette première journée du sixième camp d’entraînement de l’histoire de la concession. Le Rouge et Noir a participé au match de la coupe Grey à trois reprises lors de ses cinq premières saisons.

Pas de Fontana

Peu de gens lui accordent toutefois de chances d’accéder aux éliminatoires en 2019. Ils sont nombreux à se demander comment l’équipe pourra combler tous ces gros trous à l’attaque.

À ce sujet, Desjardins a brandi la feuille de route de la direction.

«Nous avons prouvé que nous sommes capables de trouver de bons morceaux pour nous aider à gagner des matches. Ça ne changera pas cette année.»

On retrouve notamment 11 receveurs parmi les recrues convoquées à Ottawa. C’est énorme.

Cinq des choix du Rouge et Noir au récent repêchage de la LCF étaient présents. Il manquait toutefois le joueur de ligne Alex Fontana, sélectionné en première ronde.

Ce dernier n’a toujours pas conclu d’entente avec l’organisation. Il a participé au mini-camp des Chiefs de Kansas City de la NFL.

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Tyrone Pierre

TYRONE PIERRE ADOPTE LE NUMÉRO DE SPENCER

Il portait le numéro 85 popularisé par Diontae Spencer. Il s’avère rapide comme lui. Mais est-ce que Tyrone Pierre peut célébrer un touché comme l’ancien receveur vedette du Rouge et Noir ?

« J’espère me retrouver dans la zone des buts et on verra par la suite », affirme le joueur franco-ontarien d’Orléans.

Pierre a été mis sous contrat durant l’hiver par l’équipe de son patelin. Mercredi, c’était ses premiers pas à la Place TD.

« Je te mentirais si je disais que je n’étais pas nerveux », a-t-il dit après sa première séance d’entraînement. « C’était la première fois que j’enfilais des épaulettes depuis ma blessure, il y a un an, à Winnipeg. Ça faisait du bien de me sentir à nouveau comme un joueur de football. »

L’ancien joueur des Panthères de Cumberland s’était déchiré le ménisque d’un genou au camp d’entraînement des Blue Bombers. Ces derniers l’avaient ensuite libéré. Quand le Rouge et Noir l’a approché dans les derniers mois, il n’a pas hésité à accepter l’offre.

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas joué à la maison. Ça fait du bien de revenir chez moi », a soutenu Pierre, qui a passé cinq ans à l’université Laval, à Québec, avant de tenter sa chance dans la Ligue canadienne de football en 2018.

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Loin de Playa Del Carmen

Trois joueurs mexicains tentent leur chance au camp du Rouge et Noir, dont l’un des meilleurs receveurs de la Liga de Futbol Americano Profesional (LFA). Le premier constat que dresse Guillermo Villalobos ? Ottawa n’est pas Playa Del Carmen.

Le maillot de plage est encore bien rangé dans la capitale. « Chez nous, il fait 35 degrés Celsius. Je ne suis pas habitué à ce froid-là », lance-t-il en riant. Plus sérieusement, il disait avoir adoré son premier contact avec le football canadien. « Ouff... Il y a tellement de différences avec ce dont je suis habitué chez moi. Nous jouons selon les règles américaines. Ici, le terrain est plus grand et il y a plus de joueurs en action. C’est bon. Ça me donne plus d’espace ! »

L’athlète de 5’10’’ et 180 livres a été clair dans ses intentions. « Je veux me retrouver au sein de l’alignement lors du premier match de la saison régulière », dit-il.

Ses nouveaux patrons insistent qu’ils donneront toutes les chances possibles au trio mexicain avant de trancher. « La courbe d’apprentissage risque d’être raide, a toutefois averti le directeur général Marcel Desjardins. Mais nous allons les mettre dans des situations dans lesquelles ils peuvent exceller. On verra par la suite. »