Jean-Philippe Bolduc en a assez de voir le Rouge et Noir perdre.

Un match crucial pour le Rouge et Noir

Jean-Philippe Bolduc s’était changé les idées après la dernière défaite du Rouge et Noir. Il s’était rendu dans la Haute-Gatineau avec des amis, plus précisément à Bouchette afin de taquiner le poisson.

« Il faisait trop chaud. Je n’ai pêché que des crapets et deux dorés », relate le jeune vétéran des finalistes de la coupe Grey. 

Il espère sûrement avoir la main plus heureuse, une semaine plus tard, mais sur le terrain de football.

Le Rouge et Noir tentera de mettre fin à une séquence de quatre revers de suite, vendredi soir, face aux Alouettes de Montréal au stade Percival-Molson. 

L’équipe québécoise, elle, a gagné ses trois derniers matches, battant notamment Ottawa il y a trois semaines à la Place TD.

« C’était vraiment un match à oublier », reconnaît Bolduc, un des rouages importants au sein des unités spéciales.

Le Rouge et Noir s’avère plongé dans une de ses pires séquences depuis son arrivée dans la LCF. 

La dernière fois qu’il a perdu cinq parties consécutives, c’était à l’automne 2014.

Bolduc et ses coéquipiers ont besoin d’une victoire au plus vite. 

Un peu comme le gazon jaune du Plateau, à Gatineau, qui avait un urgent besoin d’eau ces derniers jours.

« Quatre de suite, c’est déjà trop. Je suis un gars compétitif et je n’avais jamais perdu quatre de suite en carrière auparavant. Je commence à être tanné de perdre. Il faut gagner vendredi », a soutenu Bolduc.

« Et les gens qui vont te dire que notre prochain match ne s’avère qu’un match comme un autre... ce n’est pas vrai. C’est un match ultra important qui nous attend à Montréal. Il faut changer le vent de bord. Veut veut pas, nous arrivons bientôt à la mi-saison. Il faut commencer à empiler les victoires pour se tailler une place en éliminatoires. »

Ottawa (2-4) a participé au tournoi automnal de la LCF lors des quatre dernières années, accédant au match de la coupe Grey à trois reprises. 

Un revers l’éloignerait drôlement du second rang de la division Est détenu justement par Montréal (3-2).

« Un match de division comme celui-là, c’est toujours important. Surtout que c’est contre nos rivaux à l’autre bout de la 417 et la 40. Puis pour nous les joueurs francophones qui ont décidé de jouer ici depuis quelques années, c’est toujours spécial de disputer une partie à Montréal. Tout ça mis ensemble, ça nous donne beaucoup de motivation. »

Toutes les statistiques ne laissent pas présager une victoire du Rouge et Noir contre les Alouettes. 

La défensive a alloué plus de 400 verges aux équipes adverses lors des cinq dernières parties. 

Puis l’attaque a marqué seulement un total de 50 points durant les quatre derniers matches.

La rare lueur d’espoir ?

Le Rouge et Noir a gagné à ses six dernières visites à Montréal. 

Ses joueurs sont visiblement sages la veille de leurs matches au centre-ville de la métropole.

La seule défaite de l’histoire de la concession au nid des Alouettes remonte à août 2014.

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DÉBUTS D'UN AUTRE ANCIEN DES RAVENS

Étudiant-athlète à l’université Carleton lors des cinq dernières années, Kene Onyeka a assisté à plusieurs matches du Rouge et Noir à la Place TD. 

Dans quelques heures, il passera de spectateur à joueur, disputant un premier match en carrière dans la LCF.

Son nom se retrouve dans l’alignement en vue de cette visite à Montréal. « Un moment que j’attends depuis longtemps », a avoué l’ailier défensif de 6’2’’ et 244 livres.

Choix de quatrième ronde du Rouge et Noir, Onyeka avait été libéré durant le camp d’entraînement en 2018 afin d’évoluer une dernière saison dans les rangs universitaires canadiens. 

Il a réussi 21 plaqués et sept sacs en sept parties l’automne dernier, étant choisi au sein de la première équipe d’étoiles au pays.

Son adaptation au niveau de jeu chez les pros a été tout sauf facile dans les deux derniers mois. Il est le premier à le reconnaître.

Résultat, Onyeka a été laissé de côté lors des six premières parties du calendrier régulier. 

« Je comprends pourquoi. Je n’ai pas connu un départ du tonnerre et je me suis mis dans cette position », a-t-il dit.

« Le jeu est différent des rangs universitaires canadiens où les joueurs étaient moins rapides. Tu pouvais être parfois paresseux et t’en sortir quand même. Ici, tu dois tout donner sur chaque séquence sur le terrain. C’était la chose qu’on me reprochait le plus. Que je ne me défonçais pas à chaque jeu. J’ai changé. J’ai travaillé fort et je me force et je fonce constamment vers le ballon. Je suis excité de pouvoir enfin jouer. »

Onyeka deviendra le troisième joueur des Ravens dans l’alignement, rejoignant ses anciens coéquipiers Justin Howell de même que le receveur Nate Behar. Une fois le match terminé, il plongera dans ses livres d’école.

Il lui reste un cours à compléter à Carleton afin d’obtenir son baccalauréat en génie mécanique.

« Je vais à l’école le soir après mes journées ici au stade. J’aurai terminé dans un mois », a-t-il souligné.

Kene Onyeka deviendra aussi le troisième membre de sa famille à évoluer dans la LCF. 

Son frère Godfrey s’aligne chez les Eskimos tandis que son cousin Nakas porte les couleurs des Argonauts.