L'entraîneur Rick Campbell a tout intérêt à ce que Gavins reste gonflé à bloc pour affronter les Eskimos

Un joueur agressif au coeur de lion

Jerrell Gavins est capable d'en rire.
Le demi de coin de 25 ans compare la première semaine de la saison régulière de la Ligue canadienne de football à la rentrée scolaire.
En tant que recrue américaine fraîchement sortie des rangs universitaires, il se sent un peu comme un gamin qui vient de déménager et qui entreprend un nouveau chapitre de sa vie dans une ville où il ne connaît pratiquement personne.
La rentrée de Gavins s'est relativement bien passée. Sauf pour un petit détail.
«Et ce détail m'a valu une visite au bureau du directeur.»
Le directeur, dans ce cas, c'est le commissaire de la LCF, Mark Cohon. Ce dernier lui a décerné l'amende maximale prévue dans la convention collective.
On croit que le joueur devra verser près de 1500$ pour un plaqué dangereux sur le quart-arrière des Blue Bombers de Winnipeg, Drew Willy.
«Je suis totalement responsable de ce qui m'arrive», assure Gavins.
«Quand j'y repense, je me dis que j'aurais pu sérieusement blesser ce mec. J'aurais pu lui infliger une blessure qui aurait pu compromettre sa carrière.»
Gavins accepte de payer l'amende sans rechigner mais il tient à servir un avertissement au commissaire et aux autres quarts de la LCF. Cette punition ne changera rien à sa façon de travailler.
«Je suis un joueur agressif. J'ai toujours été un joueur agressif. Si vous cherchez à comprendre ce que je cherchais à faire sur la séquence qui a mené à ce plaqué, je vous répondrai que j'essayais de jouer au football. J'essayais de jouer à haute vitesse.»
Gavins peut se permettre de parler ainsi parce qu'il a obtenu l'absolution de ses patrons. L'entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell, estime que son protégé a simplement pris une «mauvaise décision» dans le feu de l'action.
«Ses intentions n'étaient clairement pas malicieuses», croit-il.
Campbell a tout intérêt à ce que Gavins débarque gonflé à bloc au Commonwealth Stadium d'Edmonton, après-demain, pour affronter les Eskimos.
Débuts prometteurs
Si on oublie cet incident qui lui a valu une sanction du commissaire, le jeune homme a connu une entrée en matière plus que prometteuse.
À Winnipeg, Gavins a mené la défensive d'Ottawa en complétant cinq plaqués. Il a également réussi sa première interception de sa carrière chez les pros.
Le petit nouveau aurait-il le potentiel de devenir un premier de classe?
«Ma carrière débute à peine, intervient-il. J'ai étudié à l'université Boise State. Là-bas, on se donne toujours le défi de s'améliorer un peu chaque semaine. Je vais donc me donner le défi d'être encore meilleur cette semaine. Cette saison, lors de chaque partie, je devrai prouver à la direction que je mérite de conserver mon emploi. Réussir une interception, c'était bien. J'étais très fier de moi le week-end dernier. Ma mère était fière de moi. Ma copine aussi. Maintenant, je dois passer l'éponge. Je dois trouver un moyen de réussir d'autres interceptions.»
Gavins devra combattre un obstacle de taille. Il prétend mesurer cinq pieds et huit pouces. C'est peut-être un tantinet généreux. Cette saison, il devra se frotter à des receveurs pas mal plus grands.
«J'adore ça», assure-t-il.
«Je suis très croyant. Je crois que Dieu m'a fait un grand cadeau. Il m'a donné un coeur de lion. Ils sont peut-être plus gros, mais je suis plus rapide. Je n'ai qu'à sauter plus haut qu'eux. Je n'ai qu'à mieux me positionner sur le terrain. Je suis pas mal plus habile que les gros mecs.»
Sstlaurent@ledroit.com