Le Rouge et Noir a coupé les ponts avec Teague Sherman qui fait face à deux accusations d’agression sexuelle.

Un joueur accusé d’agression sexuelle

Pour la deuxième fois cette semaine, le Rouge et Noir d’Ottawa a montré la porte à un joueur, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ses performances sportives.

Mardi, le club n’a pas voulu trop en dire quant aux motifs qui l’ont poussé à remercier l’ancien secondeur de la NFL, Josh Johnson.

Mercredi, quand le temps est venu de se défaire du demi défensif Teague Sherman, la direction a été bien plus transparente.

L’homme de 30 ans, qui est originaire de l’ouest canadien, fait face à deux accusations d’agression sexuelle.

«Le Rouge et Noir d’Ottawa est au courant de la situation. Teague Sherman a été libéré. Toutes les allégations de violence contre les femmes sont prises très au sérieux», a-t-on écrit dans un bref mémo qui a été diffusé en milieu de journée.

L’organisation ne souhaite pas émettre d’autres commentaires dans ce dossier, étant donné «que le joueur n’appartient plus à notre équipe et que le processus judiciaire suit son cours».

Les joueurs ont reçu la stricte directive de ne pas commenter le dossier.

Le bureau de direction de la Ligue canadienne de football (LCF) a émis un communiqué similaire quelques heures plus tard.

La direction des communications s’est permis d’ajouter que «le commissaire Randy Ambrosie a informé les équipes du circuit que la LCF n’approuvera pas de contrat pour monsieur Sherman, advenant qu’une équipe démontrait un intérêt pour l’embaucher».

«La Ligue canadienne de football s’est dotée d’une politique sur la violence envers les femmes et continue de s’y conformer. La Ligue condamne la violence envers les femmes sous toutes ses formes», a-t-on précisé.

Sherman venait d’entreprendre sa sixième saison dans la LCF. Il s’est joint au Rouge et Noir l’été dernier, après avoir passé quatre saisons chez les Blue Bombers de Winnipeg.

À Ottawa, on l’utilisait presque exclusivement lors des unités spéciales. Il a complété six plaqués lors de ses trois premières parties en 2018. Il devait en disputer une quatrième, jeudi dernier, mais il a été rayé de la formation débutante à la dernière seconde. Cette décision des entraîneurs avait éveillé certains soupçons.

Vedette blessée
La profondeur du Rouge et Noir n’a pas trop été mise à l’épreuve, jusqu’ici, en 2018. L’équipe n’a pas subi trop de blessures lors des cinq premières semaines du calendrier régulier. La direction touche du bois: les joueurs les plus importants ont jusqu’ici été épargnés.

On ne peut pas en dire autant de leurs prochains adversaires.

Les Lions de la Colombie-Britannique viennent d’apprendre qu’ils devront se débrouiller sans leur secondeur étoile Solomon Elimimian pour une période d’au moins six semaines. Le joueur natif du Nigéria vient de subir une intervention chirurgicale afin de soigner une blessure à un poignet. Cette blessure l’embêtait depuis un certain temps, déjà.

«Je suis un fan de la LCF. Je sais que Solomon appartient à l’élite de notre ligue depuis très longtemps, reconnaît l’entraîneur-chef du R&N, Rick Campbell. Il joue au football de la bonne façon. C’est un dur !»

«Je connais assez les Lions, toutefois, pour comprendre que le joueur qui attend son tour derrière lui n’est pas mauvais. Nous serons confrontés à un bon joueur, cette semaine. Je peux vous le garantir.»

Un autre membre clé de l’équipe, le porteur de ballon américain Jeremiah Johnson, représente un cas douteux pour cette semaine.

Ils profitent cependant du retour en forme du vétéran quart-arrière Travis Lulay. Ce dernier a permis à son équipe de combler un écart de 17 points pour vaincre les Bombers, la semaine dernière.

«C’était une grosse victoire. Revenir de l’arrière, comme ça, c’est remarquable ! Cela dit, j’ai récemment appris que bien des choses peuvent changer, d’une semaine à l’autre. Que tu joues bien ou que tu joues mal, tu dois être prêt à tout oublier pour recommencer à neuf», complète Campbell.

Halifax, bonne ville de sports

Tout en se concentrant sur les Lions, leurs prochains adversaires, les joueurs du Rouge et Noir gardent un œil sur ce qui se passe dans les Maritimes. Une étape importante a été franchie vers l’implantation d’une équipe de la LCF à Halifax, cette semaine.

Tous les membres du conseil régional ont appuyé une motion visant à entreprendre des négociations avec les gens d’affaires qui se trouvent derrière ce projet. Les gens de Maritime Football Ltd. avaient déjà eu des rencontres derrière des portes closes avec les politiciens. À compter de maintenant, toutes les discussions seront publiques.

« Halifax est une ville en pleine expansion. Chaque fois que je vois une nouvelle photo du centre-ville, on dirait qu’un nouveau gratte-ciel fait son apparition », disait Nigel Romick, mercredi. Le spécialiste des unités spéciales du Rouge et Noir connaît bien la métropole des Maritimes. Il a passé quelques années là-bas, à jouer au football pour les Huskies de l’université St. Mary’s.

« Halifax, c’est aussi une ville de sports. Presque tous les matches des Huskies sont présentés à guichets fermés. Les fans ne lâchent par leurs équipes favorites. Quand j’étais là-bas, c’était aussi une bonne ville où les gens aimaient se réunir pour célébrer. »

Jason Lauzon-Séguin se porte bien

« Je suis back on track », clame le joueur de ligne à l’attaque franco-ontarien Jason Lauzon-Séguin. C’est bon à savoir. Quand il s’est blessé, vers la fin du camp d’entraînement, on craignait une longue période d’absence. On pouvait difficilement savoir à quel point cette blessure laisserait des traces.

« Aujourd’hui je suis où je devrais être. Pas plus avancé ou reculé. En général, le corps est là où il devrait dans la sixième semaine de la saison régulière », résume l’ancien choix de première ronde du Rouge et Noir. On s’attend à ce que le garde Nolan MacMillan reprenne son poste, cette semaine, face aux Lions. La ligne d’Ottawa sera donc complète pour la première fois en 2018.

« C’est une bonne chose, assure Lauzon-Séguin. On va se retrouver avec cinq gars qui ont déjà joué ensemble : il y aura SirV, Jon Gott, Alex Mateas, Nolan et moi-même. La chimie sera là.»... Loucheiz Purifoy a passé deux saisons en Colombie-Britannique, mais il ne se sent pas nostalgique à quelques heures de ses retrouvailles avec les Lions.

« Ils ne voulaient plus de moi. J’ai trouvé une nouvelle famille qui veut de moi. Je n’ai rien à leur dire, sinon que je suis content à Ottawa », a-t-il déclaré au micro de TSN 1200.