Marc-Étienne Villeneuve se montre réaliste. Ses chances de jouer dans la LCF ont probablement pris fin, hier.

Un genou qui cède au mauvais moment pour Villeneuve

Scène déchirante, hier après-midi, au camp d'évaluation régional de la Ligue canadienne de football (LCF) à Montréal. Elle impliquait un espoir de Hull qui avait épaté plus tôt les dépisteurs par sa rapidité et sa force.
Le receveur Marc-Étienne Villeneuve était sur le point de remporter son pari. Celui de convaincre une équipe de l'inviter à son camp d'entraînement en juin prochain.
Mais l'athlète âgé de 24 ans a plutôt quitté le dôme de l'université Concordia à l'aide de béquilles et un sac de glace contre son genou gauche. Il s'est blessé avec moins de dix minutes à écouler au camp lors d'une bataille un contre un face au demi défensif des Gee Gees d'Ottawa, Soonbum Shaw.
Sa jambe s'est tordue comme un pretzel lors d'un changement de direction. Villeneuve s'est écroulé au sol.
Ses cris de douleur ne laissaient aucun doute sur la sévérité de la blessure.
Les autres joueurs regardaient avec horreur la scène.
«Quand tu entends crier comme ça..., a commencé par dire le secondeur gatinois Pier-Yves Lavergne, un ami et coéquipier de Villeneuve chez les Carabins de l'Université de Montréal.
«C'est triste de voir une telle chose arriver. Ça fait réfléchir.»
Surtout que Villeneuve, qui a déjà évolué chez les Griffons du Cégep de l'Outaouais, était une des révélations de la journée. Il avait été le joueur le plus rapide lors des sprints sur 40 verges avec un temps de 4,70 secondes, à égalité avec un autre receveur.
Puis au développé couché de 225livres, il avait effectué 20 répétitions, le plaçant au quatrième rang parmi les 44 espoirs sur place. C'est sans compter les feintes qu'il avait servies à ses adversaires lors du début des batailles un contre un.
Sortir de l'ombre
«J'étais satisfait, a expliqué le principal intéressé, qui a tenu à répondre au journaliste du Droit qui s'était déplacé pour le voir à l'oeuvre dans la métropole.
«Je m'étais tellement bien préparé pour ce jour, a-t-il ajouté, grimaçant de douleur. Je n'ai jamais manqué de ma vie une séquence de course au cégep ou à l'université. J'ai toujours pris mes entraînements à coeur...»
Ajoutez à cela qu'il avait toujours été dans l'ombre un peu partout où il a joué, que ce soit chez les Griffons, les Redmen de McGill et récemment les Carabins de Montréal. C'était la première fois où il était à l'avant-scène.
«Je n'avais pas de pression. Je n'ai jamais eu des statistiques reluisantes.»
Sauf que Villeneuve a toujours été un joueur efficace. Un joueur en santé. Un de ces athlètes que sur lesquels les entraîneurs aiment miser.
«Ça fait 12 ans que je joue au football, a rappelé ce fils de diplomate. Les probabilités que je me blesse au genou devaient me rattraper, tôt ou tard...»
Ce qui lui a fait mal au coeur, ce sont les circonstances entourant la fin de son parcours.
«Je me suis blessé sur la dernière répétition quand on m'a demandé de faire un exercice de receveur intérieur, ce que je n'ai jamais fait auparavant», a noté le receveur éloigné.
Double bachelier en sciences politiques et développement international, Villeneuve se montre réaliste. Ses chances de jouer dans la LCF ont probablement pris fin sur ce terrain dans les dernières heures.
À moins d'une surprise, des ligaments ont écopé. Une remise en forme prendra plusieurs mois.
Est-ce que des équipes se souviendront de lui à l'automne ou l'année prochaine quand il aura retrouvé la santé?
«Des receveurs, il en sort beaucoup toutes les années», a fait remarquer Marc-Étienne Villeneuve, qui n'avait qu'un souhait en se pointant au camp hier matin.
«Je voulais aller rejoindre Simon à Ottawa», a-t-il dit.
Simon, c'est Simon Le Marquand, son ancien coéquipier chez les Griffons qui a été mis sous contrat par le Rouge et Noir en décembre dernier. La paire a déjà participé à la finale du Bol d'or en 2008.