Rick Campbell sera-t-il de retour avec le Rouge et Noir, l’an prochain?

Tous les yeux sur Campbell et Desjardins

Il s’avère l’unique entraîneur-chef de la jeune histoire du Rouge et Noir. Rick Campbell complétera sa sixième saison à la barre de l’équipe, vendredi soir, lors du passage des Alouettes de Montréal à la Place TD.

Est-ce qu’il s’agira toutefois de sa dernière sortie ? La question se pose alors que la franchise modèle est secouée par sa première crise majeure depuis ses premiers pas sur le terrain en 2014.

L’avenir du directeur général Marcel Desjardins est nébuleux, tout comme celui de Campbell. Leurs patrons leur ont accordé un timide vote de confiance, il y a un mois, sans toutefois garantir leur retour en 2020.

Tout ça en raison de la dégringolade à la fois triste et spectaculaire du Rouge et Noir.

Après avoir gagné 11 matches la saison dernière en plus de participer au match de la coupe Grey pour une troisième fois en quatre ans, l’organisation pourrait subir une 11e défaite de suite dans les prochaines heures. Ottawa (3-14) est déjà assuré du dernier rang.

Et dire que le club avait commencé la saison avec une fiche de 2-0. « Ça démontre que tu ne sais jamais ce qui peut se produire dans le sport. C’est pourquoi j’aime le sport », a soutenu Campbell à ce sujet.

Une ancienne vedette du Rouge et Noir, Henry Burris, a effectué une sortie publique remarquée mercredi, jetant le blâme sur le DG pour les insuccès de l’édition actuelle.

Desjardins, lui, s’est montré discret ces derniers jours. Pour la première fois depuis son embauche, il a refusé une demande d’entrevue du Droit. On dit qu’il parlera aux médias au début de la semaine prochaine, flanqué de Campbell.

Les deux hommes possèdent encore une autre année à leur contrat qui a été prolongé quelques mois après la conquête de la coupe Grey en 2016.

Des vétérans actuels du Rouge et Noir se sont portés à la défense du duo dans les récents jours. Après Antoine Pruneau, le plaqueur Ettore Lattanzio en a fait de même, jeudi, à la veille du dernier match.

« C’est facile de vouloir tout détruire », a rappelé le joueur natif d’Ottawa.

« Oui, c’est frustrant. Mais il faut se rappeler que plusieurs bonnes choses ont été faites dans les dernières années ici. Une mauvaise saison, ça arrive. Les raisons sont nombreuses pour expliquer ça (...) Mais tout le monde peut dire qu’il doit être meilleur. Des joueurs aux entraîneurs en passant par les membres de la direction. »

Lattanzio a reconnu que des changements sont inévitables. « Sinon, on va revivre pareil dénouement », a-t-il dit.

Reste à voir quels joueurs seront de retour.

Prenez en exemple Dominique Davis, qui obtiendra le départ au poste de quart-arrière contre les Alouettes. Il avait hérité du poste de numéro un quand l’organisation a décidé de ne pas remettre sous contrat Trevor Harris.

L’expérience a été un échec.

Davis a complété 184 de ses 294 passes pour 2061 verges, cinq touchés et... 14 interceptions en neuf parties.

Le Rouge et Noir a tenté sa chance avec Jonathon Jennings et Will Arndt. Le premier a été pire que Davis tandis que le second n’a convaincu personne qu’il peut être un joueur d’impact dans la LCF.

En attendant d’obtenir des réponses, les amateurs pourront savourer vendredi le retour du prometteur porteur de ballon John Crockett, qui a raté sept parties en raison d’une blessure. Le plaqueur franco-ontarien Julien Laurent disputera aussi une première partie à Ottawa après avoir été embauché à la mi-août.

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Bolduc et Dubois, rares survivants de 2019

La saison qui achève chez le Rouge et Noir a été éprouvante pour tous les joueurs, y compris les membres de la «French Mafia» qui n’ont jamais été aussi amochés.

À preuve, seulement deux des nombreux joueurs francophones, Jean-Philippe Bolduc et Marco Dubois, auront disputé tous les 18 matches de l’équipe en 2019. Le vétéran des unités spéciales de même que le jeune receveur affronteront les Alouettes, vendredi soir, à la Place TD.

«C’est vrai que ça n’a pas été facile quand tu y penses», avoue Bolduc. Son grand ami Antoine Pruneau reviendra au jeu pour ce dernier match après avoir raté sept semaines en raison d’une fracture au péroné. Ce dernier avait aussi été absent plus tôt durant l’été pour une fracture à une main.

Le garde Jason Lauzon-Séguin n’a pas enfilé l’uniforme depuis le 2 août après s’être blessé à une épaule. Mickael Côté a vu sa saison prendre fin à la mi-juillet en raison d’une blessure à un genou.

Nicolas Boulay et Jean-Christophe Beaulieu ont aussi raté beaucoup de temps.

«Puis tu as Julian Feoli-Gudino», rappelle Bolduc. Le receveur québécois a été libéré en août après avoir été un travailleur honnête la saison précédente, marquant même l’unique touché du Rouge et Noir au match de la coupe Grey.

À cela s’ajoute la suspension de deux joutes dont a été écopée le spécialiste des longues remises, Louis-Philippe Bourassa, pour avoir échoué à un test antidopage.

Donc, il est temps que ça finisse cette saison? La question irrite autant Bolduc que Dubois.

«C’est un privilège de faire ce métier. J’approche de la trentaine. Il ne me reste plus beaucoup d’amis qui jouent encore au football, souligne Bolduc, dont le contrat prendra fin cet hiver. Tu ne sais jamais quand ça sera ton dernier match, quand ça peut se terminer pour toi.»

Dubois, lui, abonde dans le même sens. Puis il a eu l’occasion jeudi d’effectuer sa première visite auprès des jeunes patients malades du Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEEO). Il était accompagné de plusieurs coéquipiers.

«Ça remet les choses en perspectives. Il y a des gens qui en arrachent plus que nous, mais ils ont le sourire malgré tout», a soutenu Dubois, qui complète sa deuxième saison dans les rangs pros à Ottawa.