Le nouveau secondeur du Rouge et Noir, Chris Ackie, a participé à une première séance d’entraînement jeudi à la Place TD.

Surpris de quitter les Alouettes

Chris Ackie avait des vis suédoises, une tablette et un tournevis dans ses mains quand il a reçu l’appel lui annonçant son échange à Ottawa.

Le Rouge et Noir a obtenu les services du secondeur canadien mercredi, refilant un choix de deuxième ronde aux Alouettes de Montréal. Le joueur âgé de 26 ans complétait sa quatrième saison au sein de la formation québécoise.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça. J’étais chez moi en train d’assembler un meuble IKEA », a relaté Ackie, sourire aux lèvres, au lendemain de cette transaction. Il venait de participer à une première séance d’entraînement avec ses nouveaux coéquipiers à la Place TD.

Ce dernier s’avère un des meneurs de la LCF avec 81 plaqués cette saison. Il a aussi réussi un sac et deux interceptions en 15 parties en tant que partant chez les Alouettes.

« J’avais lu un texte d’un journal la veille de l’échange selon lequel j’étais un des cinq joueurs qui avaient le plus de chance de changer d’adresse. Je me disais que c’était impossible. Comme je disais, je ne m’attendais pas à ça. »

Même ses coéquipiers chez les Alouettes étaient sous le choc de voir partir un jeune et important morceau de leur défensive.

Chez le Rouge et Noir, on se frotte les mains. L’équipe avait l’athlète de 6’2’’ et 218 livres à l’œil depuis très longtemps.

« On le suivait depuis son année de repêchage. Puis nous avons des gens ici qui le connaissent très bien », a rappelé le directeur général Marcel Desjardins.

Ackie a évolué sous les ordres du coordonnateur défensif Noel Thorpe pendant ses trois premières saisons à Montréal. Kyries Hebert et Jean-Christophe Beaulieu étaient aussi ses coéquipiers pendant ces trois années chez les Alouettes.

Tout ce monde est maintenant réuni à Ottawa.

Ses nouveaux patrons ne le cachent pas. Ackie ne s’amène pas uniquement dans la capitale comme pneu de secours au maraudeur Antoine Pruneau, blessé à une main.

Le vétéran québécois pourrait rater le reste de la saison régulière. Il a rendez-vous chez le médecin à nouveau vendredi pour obtenir une mise à jour sur son état de santé.

« Cette transaction a été réalisée, peu importe qu’Antoine soit prêt à jouer ou non », a soutenu Desjardins.

« Il (Ackie) peut autant jouer en tant que secondeur que maraudeur ou même demi de coin. Ça nous donne des options », a-t-il ajouté.

À preuve, le Rouge et Noir ne perdra pas de temps à l’utiliser. L’ancien choix de première ronde, quatrième au total en 2015, était dans l’avion qui a amené l’équipe à Edmonton, tard jeudi soir. Il va revêtir l’uniforme samedi contre les Eskimos.

« Il est ici pour jouer et non apprendre », a martelé l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Tout indique qu’Ackie aura son tour régulier au sein des unités spéciales et fera partie d’une rotation au sein de la tertiaire du Rouge et Noir. Chez les Alouettes, il était un des secondeurs partants.

« Nous voulons qu’il contribue immédiatement », a ajouté Campbell, nullement inquiet que le nouveau joueur éprouve des difficultés.

« Il joue à un haut niveau depuis le début de la saison », a-t-il plaidé.

Reste à voir où le nouveau numéro 5 sera inséré en défensive.

« Je suis prêt à jouer n’importe où sur le terrain », a rassuré Ackie.

« Je suis prêt à jouer tout de suite. Ce n’est pas comme si j’avais passé tout l’été sur le divan à ne rien faire », a-t-il souligné.

Ce dernier a même déjà hâte à son deuxième match chez le Rouge et Noir. Son nouveau club accueillera les Tiger-Cats de Hamilton, le 19 octobre, à la Place TD.

Ce seront ses débuts devant les partisans ottaviens.

« J’ai toujours adoré jouer dans ce stade-ci. C’est toujours plein. Les amateurs sont bruyants. »

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Le Rouge et Noir a appris sa leçon

Trevor Harris était un brin surpris. Seulement deux journalistes tenaient à lui parler avant le départ du Rouge et Noir vers l’Ouest canadien. Le quart-arrière a l’habitude d’être entouré de médias. Surtout dans une semaine suivant une défaite. Ses coéquipiers et lui ont perdu 40-32 en prolongation contre Winnipeg lors de leur dernier match.

La leçon que leur joueur vedette a retenue ? « Il ne faut pas attendre à 10 minutes de la fin du match pour commencer à jouer », a-t-il répondu jeudi. Harris a lancé deux passes de touché avec trois minutes à écouler en temps réglementaire pour créer l’égalité vendredi dernier. Le seul autre touché de l’équipe est survenu lors de la première séquence à l’attaque. Entre ça, ce fut ardu pour Ottawa. Surtout pour la ligne offensive, qui a été victime de quatre autres sacs.

La saison tire à sa fin et il y a une statistique qui doit inquiéter la direction. Le Rouge et Noir est la troisième équipe ayant le moins bien protégé ses quarts en 2018. Seuls les Eskimos et les Alouettes ont concédé plus de sacs. « Il y a plein de facteurs qui entrent en jeu, mais oui, il faut faire un meilleur travail », a reconnu le bloqueur étoile SirVincent Rogers.

Harris, lui, a un seul chiffre en tête. « Obtenir notre neuvième victoire de la saison », a-t-il soutenu. Pas question pour lui de jaser du premier rang de la division Est. L’équipe qui terminera au sommet obtiendra un laissez-passer en finale de l’Est. Ottawa (8-6) devance tout juste Hamilton (7-7) avec quatre matches à disputer. « Notre attention est dirigée uniquement pour l’instant à obtenir une neuvième victoire », a-t-il répété.