À sa première sortie comme quart partant du Rouge et Noir, Dominique Davis a été victime de quatre interceptions.

Sonny Wade a déjà fait pire que Davis

Ce n’était pas la façon dont Dominique Davis souhaitait entamer son règne de quart-arrière numéro un chez le Rouge et Noir.

Les quatre interceptions dont il a été victime alimentaient encore les discussions, mardi, une soixantaine d’heures après la victoire des siens à Calgary. Il s’agit d’un nouveau record d’équipe.

Rien toutefois pour menacer la marque de la Ligue canadienne de football (LCF). Quatre quarts ont déjà vu sept de leurs passes être interceptées durant une partie, dont les anciennes étoiles Sonny Wade (1972, chez les Alouettes) et Matt Dunigan (1990, chez les Argonauts).

« Je ne m’attendais pas à jouer de la sorte. Mais j’ai quand même réalisé de belles choses », a soutenu Davis, qui a marqué trois touchés au sol.

Ce dernier a aussi complété 29 de ses 44 passes pour 276 verges. Il s’agissait seulement de son troisième départ en carrière dans la LCF, lui qui a toujours été relégué dans un rôle de réserviste depuis son arrivée au pays en 2014.

Davis a été nommé nouveau quart partant à Ottawa durant le camp d’entraînement, succédant au vétéran Trevor Harris qui évolue maintenant à Edmonton.

L’Américain âgé de 29 ans a revu la vidéo de ce match contre Calgary plus d’une fois dans les trois derniers jours. Il veut s’assurer de ne pas répéter certaines erreurs, jeudi, contre les Roughriders de la Saskatchewan à la Place TD.

Surtout que les partisans du Rouge et Noir ne sont pas les plus patients. Ils ont déjà hué le futur membre du Temple de la renommée Henry Burris en 2016.

« Je dois quand même prendre soin un peu mieux du ballon. Surtout que je suis un type qui a toujours été fier de ne pas être victime de revirements, a soutenu Dominique Davis au sujet des améliorations qu’il doit apporter à son jeu.

«Je veux prouver à mes coéquipiers, aux entraîneurs et même à moi-même que je suis à ma place ici, a-t-il soutenu, quelques minutes auparavant.

«Je suis toujours le premier à me pointer au stade et le dernier à quitter. Je veux que tout le monde sache qu’on peut compter sur moi.» S’il était inquiet, Rick Campbell le masquait bien en se présentant devant les médias après la séance d’entraînement. L’entraîneur-chef du Rouge et Noir a continué de vanter Davis.

«Je l’ai dit avant notre premier match. J’aime son attitude. Il réagit bien face à l’adversité, tout comme le reste de l’équipe. Il était en mesure de faire le vide à la suite d’un jeu et se concentrer sur le prochain.»

Il n’y a pas que le quart-arrière qui doit apporter des correctifs en vue du prochain match.

Le Rouge et Noir a écopé de quatre pénalités pour avoir retardé le jeu à Calgary. À trois reprises, les unités spéciales se trouvaient sur le terrain.

«Ça, c’est de notre faute, les coaches, a déclaré Campbell.

«Il faut s’assurer que tout le monde sache ce que nous devons faire. Il y a des problèmes de communication. Tu ne veux jamais voir pareille chose. Ce qui est rassurant, c’est que nos joueurs ne se sont pas laissés déranger par ça. Nous avons été capables de rebondir.»

Campbell a reconnu que c’était du jamais vu auparavant à Ottawa.

«Ce n’est pas dans nos habitudes. La bonne nouvelle, c’est que ça se corrige très bien.»

Le Rouge et Noir devrait avoir un alignement complet contre les Roughriders. Le secondeur Kevin Brown a raté le seul entraînement de l’équipe en vue de ce match.

Mais Campbell estime que le joueur sera en mesure de disputer la première partie locale du calendrier régulier.

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Lauzon-Séguin ne sera jamais sprinteur

Jason Lauzon-Séguin tient à rassurer un peu tout le monde. Le bloqueur franco-ontarien n’est pas blessé, même s’il a raté une séquence offensive lors du premier match de la saison.

« J’ai manqué de souffle en plus d’avoir une crampe », a-t-il expliqué, un brin gêné. C’est que le costaud joueur de ligne offensive qui fait 6’4’’ et 300 livres avait décidé de pourchasser un adversaire qui venait d’intercepter une passe au milieu du troisième quart à Calgary.

Brandon Smith a ramené le ballon sur 59 verges pour le troisième touché du match des Stampeders.

« J’ai appris que je ne suis pas plus rapide qu’un demi de coin ! Sur le moment, je pensais vraiment que c’était une bonne idée, que j’avais une chance de le rattraper. »

Autre constat qu’il a dressé ?

« Je ne pense pas que je deviendrai un jour un sprinteur au 100 m », a lancé Lauzon-Séguin en riant.

Ce dernier s’avère de bonne humeur. Les raisons sont nombreuses. D’abord, il entame déjà sa quatrième saison dans la LCF. Puis il est en santé.

« L’an passé, j’avais raté les quatre à cinq premiers matches en raison d’une blessure lors d’une partie hors-concours. Là, le corps tient bien. Je suis très content. Je travaille très fort pour rester en santé. »

Et il y a aussi le fait que Lauzon-Séguin et ses quatre coéquipiers de la ligne offensive ont cloué le bec aux détracteurs du Rouge et Noir.

L’équipe a décidé de faire appel à cinq partants canadiens à cette position cruciale. Ce qui s’avère maintenant rare dans la LCF.

Les Alouettes ont été la dernière formation à avoir utilisé pareille combinaison avec succès à la fin des années 2000. Plusieurs clubs misent maintenant sur deux joueurs américains au sein de la ligne.

Ottawa n’a accordé aucun sac samedi contre les Stamps en plus de créer des corridors de course pour le porteur de ballon Mossis Madu, qui a récolté 112 verges au sol. « Ces statistiques montrent que notre ligne offensive a connu un bon match, a souligné Lauzon-Séguin. C’est une bonne tape dans notre dos, même si nous n’avons pas été parfaits. »

Qui dit Roughriders, dit probablement la ligne défensive la plus redoutable qui débarquera en ville. Elle mise notamment sur Charleston Hughes et Micah Johnson, qui occupaient les deux premiers rangs de la LCF en 2018 avec respectivement 15 et 14 sacs.

« Ce sera un très bon défi pour nous, a reconnu Lauzon-Séguin. En plus, ils ont pu voir ce que nous avons fait contre Calgary. Ils auront sûrement apporté des ajustements afin de contrer notre rythme.

«Contre Calgary, l’entraîneur Winston October a appelé des jeux rapidement. Ça donnait un rythme très rapide à notre attaque. Notre ligne est jeune et mobile. Nous avons un bon ‘cardio’. Plus le match avançait, plus ça devenait un avantage pour nous.»