Le receveur canadien, Brad Sinopoli se rapproche d'un retour au jeu.

Sinopoli prêt pour la saison

Brad Sinopoli courait et attrapait le ballon. Il ressemblait au redoutable receveur qui a été nommé joueur canadien par excellence de la LCF en 2016.

Ça, c’était la bonne nouvelle, jeudi matin, lors du retour à l’entraînement du Rouge et Noir. L’équipe tenait sa première séance officielle depuis son dernier match hors-concours à Guelph.

«Ça fait du bien d’être de retour, de recommencer à m’entraîner», a soutenu Sinopoli, qui s’était blessé tôt durant le camp d’entraînement à une jambe. Il était mal tombé après avoir capté une passe durant une joute simulée.

Résultat, on ne l’avait pas vu en action sur le terrain lors des deux dernières semaines et demie.

«L’organisation a décidé de jouer de prudence. Ça ne servait à rien de risquer quoi que ce soit», a-t-il insisté.

Sinopoli aura une semaine pour retrouver son synchronisme. Tandis que les huit autres clubs de la LCF entament la saison régulière ces jours-ci, le Rouge et Noir disputera son premier match que le 21 juin contre les Roughriders de la Saskatchewan.

Si Sinopoli est assuré d’être en uniforme la semaine prochaine, est-ce que ce sera le cas des vétérans Trevor Harris, Jason Lauzon-Séguin et Nolan MacMillan?

Les trois étaient sur la surface de jeu jeudi. Le quart-arrière Harris a lancé le ballon, mais n’a pris aucune répétition. Le garde MacMillan s’est entraîné avec la première unité de la ligne offensive pendant les 10 premières minutes, cédant ensuite sa place. Puis Lauzon-Séguin, lui, s’est contenté de regarder ses coéquipiers.

L’entraîneur-chef Rick Campbell a assuré que Harris, qui se remet d’une blessure à un genou, dirigera l’attaque dès la séance prévue vendredi. Quant aux deux autres? Il ne faudrait pas s’attendre à les voir en uniforme contre les Riders.

«Nous croyons les revoir plus tôt que tard. Je dirais que Nolan est plus près d’un retour que Jason», a soutenu Campbell sans offrir réellement de détails.

Options limitées
L’absence de Lauzon-Séguin s’avère énorme. Le Rouge et Noir possède peu d’options de rechange à la position de bloqueur à droite.

Jeudi, c’était au tour du jeune Evan Johnson d’être mis à l’essai dans ce rôle. Il a obtenu quelques départs l’automne dernier, tous en tant que garde à gauche.

La semaine dernière à l’entraînement, l’Américain Eric Lofton avait eu l’occasion de se faire valoir. Il avait notamment joué contre les Argonauts de Toronto.

«Nous n’avons pas encore décidé si nous opterons pour quatre joueurs canadiens au sein de la ligne offensive ou trois», a avoué Campbell.

Ça explique pourquoi le vétéran canadien Michael Klassen, qui a déjà joué quatre ans chez les Alouettes de Montréal, prenait plusieurs répétitions au sein de la première unité de la ligne défensive.

Campbell a simplement répété que le Rouge et Noir tentait des expériences jeudi. Que ce serait le cas encore une fois vendredi.

«Nous allons commencer à nous préparer dimanche en vue de notre affrontement avec les Riders. Nous avons l’occasion en ce moment d’essayer des choses.»

Rappelons que chaque club de la LCF doit aligner sept joueurs canadiens dans son alignement partant.

Avant toutes ces blessures, le Rouge et Noir comptait miser sur une combinaison formée de deux receveurs canadiens en Sinopoli et Julian Feoli-Gudino, quatre joueurs de ligne offensive et le maraudeur Antoine Pruneau.

Par ailleurs, les amateurs qui souhaitaient voir Ottawa embaucher le joueur canadien de ligne défensive, Faith Ekakitie, devront en faire leur deuil.

Le choix de première ronde des Blue Bombers de Winnipeg en 2017 s’est joint aux Alouettes de Montréal, acceptant jeudi une entente d’une saison. Ekakitie avait disputé 14 matches l’an dernier à sa saison recrue.

LE ROUGE ET NOIR FERA CONFIANCE À UNE QUINZAINE DE RECRUES

Un a étudié en sciences cognitives à l’université Carleton. L’autre était gardien de sécurité à la Place TD pour payer ses études à l’Université d’Ottawa tout en jouant au football.

Et depuis quelques jours, Justin Howell et Lewis Ward font partie du Rouge et Noir. Ils sont deux des 15 recrues à avoir percer l’alignement de l’équipe de la Ligue canadienne de football (LCF), tout comme les Québécois Marco Dubois, Mickael Côté et Félix Ménard-Brière.

«La première chose que j’ai faite en apprenant la nouvelle samedi, c’était d’appeler ma mère. Ce fut une discussion très émotive», a relaté Howell, un maraudeur ontarien qui a déjà évolué au Cégep Vanier de Montréal.

«Ma mère a dû faire plusieurs sacrifices pour me permettre de jouer au football. Elle était seule à élever mes deux frères, ma soeur et moi. Elle avait deux emplois. Le seul temps que je la voyais, c’est quand elle venait me déposer à mes séances d’entraînement.»

Howell avait la gorge nouée par l’émotion en racontant le tout. Peu de gens lui accordaient des chances de se tailler une place chez le Rouge et Noir malgré une brillante carrière universitaire chez les Ravens.

Au repêchage, Ottawa l’avait sélectionné au septième tour.

Howell se retrouve pour l’instant au sein de l’alignement d’entraînement du Rouge et Noir. Il se veut un pneu de secours si jamais le vétéran Antoine Pruneau devait se blesser.

Quant à Ward, il a gagné le poste de botteur pour les placements. «Maintenant, je dois continuer à me battre pour le conserver ce poste», a-t-il noté.

Ward sait qu’une autre recrue, Ménard-Brière, ne se trouve pas trop loin et pourrait lui ravir sa place à la moindre défaillance. Il sait aussi à quel point Ottawa s’est avéré un cimetière de botteurs.

Ce dernier a vu plusieurs matches du Rouge et Noir à titre de gardien de sécurité. «J’ai travaillé ici pendant quatre ans», a-t-il souligné.

Ward a vu les Milo, Early, Alvarado, Castillo, Alix, Maher, Pfeffer, Wilder et Medeiros se succéder depuis 2014. «Je ne veux pas être le prochain à écoper», a-t-il dit, lui qui a été parfait en quatre tentatives en matches pré-saisons.