Brad Sinopoli connaît une excellente saison, notamment grâce à sa complicité avec Trevor Harris.

Sinopoli, le « Cahoon » du Rouge et Noir

Brad Sinopoli s’apprête à éclipser un record de la LCF détenu par un de ses joueurs favoris quand il était ado.

Il ne manque que quatre attrapés au joueur du Rouge et Noir pour fracasser la marque de 112 passes captées en une saison par un receveur canadien. Ben Cahoon avait réussi l’exploit, il y a 15 ans déjà.

« Il était un joueur si fiable, mais aussi durable. C’est ce que j’aimais de lui », a avoué Sinopoli, jeudi, à la veille du départ de son équipe vers Hamilton. Ses coéquipiers et lui affronteront les Tiger-Cats samedi après-midi au parc Tim Hortons.

« Je ne pense pas à ce record. Je ne pense qu’à capter le prochain ballon qui sera lancé vers moi », a ajouté le numéro 88 du Rouge et Noir.

Ses coéquipiers le taquinent déjà au sujet de l’exploit qu’il s’apprête à réussir.

« Il devrait acheter des montres à tous ses coéquipiers à l’attaque pour nous remercier de l’avoir aidé quand il aura battu ce record », a lancé le vétéran joueur de ligne offensive, Jon Gott.

Ce dernier est le joueur dans ce vestiaire qui connaît le receveur vedette depuis le plus longtemps. « Avant même qu’il soit receveur », a-t-il rappelé.

Les deux hommes ont été coéquipiers à Calgary.

Gott entamait sa troisième saison chez les Stampeders quand un jeune Sinopoli, alors quart-arrière étoile des Gee Gees de l’Université d’Ottawa, s’est pointé à son premier camp d’entraînement dans la LCF en 2011. Il avait alors été confiné à un rôle de réserviste.

« L’équipe l’avait même libéré en 2012 avant de le ramener. Elle avait alors décidé de l’essayer par la suite à la position de receveur. Brad a commencé à effectuer rapidement des attrapés spectaculaires aux dépens de certains de nos vétérans en défensive », a relaté Gott.

« Regarde aujourd’hui. C’est un des meilleurs receveurs de la ligue depuis quatre ans. »

Depuis que Sinopoli s’est joint au Rouge et Noir. Il a dépassé le cap des 1000 verges pour une quatrième saison de suite. Pas pire pour un joueur qui n’avait récolté que 197 verges en 12 parties en 2013 avant de s’amener à Ottawa.

« Nous nous attendions à ce qu’il devienne un partant. Est-ce que nous pensions qu’il deviendrait un tel joueur ? Le mérite revient à Brad et le coordonnateur offensif. Une belle relation s’est aussi développée entre lui et notre quart-arrière Trevor Harris », a soutenu Marcel Desjardins.

Le directeur général a côtoyé Cahoon pendant plusieurs saisons chez les Alouettes. Il revoit beaucoup du membre du Temple de la renommée en Sinopoli.

« Tout comme Ben, Brad capte toujours le ballon. Son taux de réussite est très élevé. Ce sont deux joueurs qui peuvent aussi effectuer des attrapés spectaculaires dans des moments importants. »

Mais à l’image de Cahoon, Sinopoli n’a rien d’un type flamboyant. Il célèbre ses touchés en lançant simplement le ballon vers le ciel. Aucune chorégraphie complexe de sa part.

« Ils se contentent de faire leur travail. Il ne cherche pas du tout à être le centre d’attention », a noté Desjardins.

Un autre homme bien placé pour dresser des comparaisons entre le détenteur actuel du record et son successeur ? Winston October.

Il a été coéquipier de Cahoon chez les Alouettes. Depuis mai, il est le nouvel entraîneur des receveurs du Rouge et Noir.

« La seule différence entre les deux joueurs, c’est le gabarit ! Ben était plus petit », a fait remarquer October en riant

Cahoon détient une autre marque. Il a dépassé le cap des 1000 verges lors de huit saisons consécutives, jouant jusqu’à l’âge de 38 ans. Ceux qui côtoient Sinopoli, 30 ans, le croient capable de dupliquer cet exploit.

« Je vise de jouer le plus longtemps possible... d’être efficace le plus longtemps possible pour mon équipe », a mentionné Brad Sinopoli à ce sujet.

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POWELL CÉDERA SA PLACE À MADU

La dernière séance d’entraînement du Rouge et Noir avant le départ de l’équipe vers Hamilton s’est terminée avec une surprise de taille.

Le porteur de ballon le plus productif de la LCF jusqu’ici en 2018 cédera sa place dans l’alignement partant au réserviste Mossis Madu, samedi, contre les Tiger-Cats. William Powell fera quand même le voyage dans le Sud de l’Ontario.

Pourquoi ce changement en vue d’un match si important ?

Ottawa peut s’assurer du premier rang de la division Est avec une victoire. 

« C’est ma décision », a commencé par expliquer l’entraîneur-chef Rick Campbell en réponse à une question du Droit.

« Je veux simplement utiliser le joueur le plus en santé. Mossis est un bon joueur et il est prêt. »

Pourtant, Powell n’a donné aucun signe dans les dernières semaines d’un joueur ralenti par des blessures. Il a couru 21 fois pour 87 verges contre Hamilton, la semaine dernière.

Ce dernier a toutefois échappé le ballon avec 45 secondes à écouler. Une erreur qui aurait pu coûter cher au Rouge et Noir. « Non, ça n’a rien à voir avec ceci », a assuré Campbell.

« Je veux simplement faire appel à un joueur frais et dispo. Nous nous attendons à des conditions de jeu difficiles. Il doit pleuvoir et venter samedi. Nous allons amener nos deux porteurs de ballon avec nous. Et je m’attends à utiliser Mossis. »

Le coach a rappelé que Powell a participé à toutes les 16 parties des siens depuis le début de la saison.

« Willy est un guerrier. C’est le seul demi-offensif à travers la ligue qui a tenu le coup jusqu’ici. Nous aurons besoin de lui à nouveau cette année », a-t-il dit.

Il reste que la décision fait sourciller.

Powell se rapprochait d’une marque importante. Aucun porteur de ballon n’a amassé plus de 1500 verges dans la LCF depuis 2013. Le demi américain a amassé 1362 verges au sol cette saison.

Quant à Madu, son dernier match remonte à septembre 2017 contre... les Ti-Cats. « Je suis un gars patient, a-t-il rappelé, jeudi, aux journalistes.