Les joueurs du Rouge et Noir de même que leurs adversaires des huit autres clubs de la Ligue canadienne de football (LCF) pourraient être fixés sur leur sort dans les prochains jours.
Les joueurs du Rouge et Noir de même que leurs adversaires des huit autres clubs de la Ligue canadienne de football (LCF) pourraient être fixés sur leur sort dans les prochains jours.

Semaine déterminante pour le Rouge et Noir et la LCF

Les joueurs du Rouge et Noir de même que leurs adversaires des huit autres clubs de la Ligue canadienne de football (LCF) pourraient être fixés sur leur sort dans les prochains jours.

La direction de la LCF a imposé une date butoir du 23 juillet à l’association des joueurs pour s’entendre sur une convention collective revue et corrigée qui permettrait la tenue d’une saison écourtée, passant de 18 à six parties en 2020. Elle demande plusieurs concessions importantes, dont une rémunération proportionnelle aux nombres de matches disputés.

«C’est une semaine déterminante. Je vais passer la semaine sur le téléphone avec les membres de notre exécutif», avoue le maraudeur Antoine Pruneau, qui est le représentant des joueurs chez le Rouge et Noir.

«On saura si on a encore une chance ou pas d’avoir une saison. On saura si nous sommes à des années-lumière de nous entendre ou pas. Ça se peut aussi que la plupart de nos membres décident simplement que ça ne vaut pas la peine de jouer cette saison.»

Et même si les joueurs devaient finalement conclure une entente avec la LCF, rien ne garantit la tenue de matches cet automne.

«Ce qui me fait peur, c’est que peu importe l’offre, elle sera dépendante d’une aide gouvernementale, note Pruneau. Et ça... ça peut prendre du temps.»

Le temps commence justement à manquer à la LCF, qui s’est traîné les pieds dans ce dossier. À commencer par le commissaire Randy Ambrosie, qui a échappé le ballon plus d’une fois dans cette gestion de crise.

Il reste une quarantaine de jours avant la fête du Travail.

Antoine Pruneau (gauche)

En coulisses, on dit que les dirigeants du circuit ciblaient un retour au jeu après le premier long week-end de septembre. Ils prévoyaient un court camp d’entraînement et aucune partie hors-concours avant de lancer les activités.

Des joueurs étoiles ont déjà indiqué qu’ils ne participeraient pas à une relance en 2020. C’est le cas du receveur des Tiger-Cats de Hamilton, Brandon Banks. Quant au porteur de ballon des Alouettes de Montréal James Wilder, il a tout simplement opté pour la retraite.

«Ça fait cinq mois que ça traîne. C’est tout croche. C’est broche à foin», lance le vétéran et membre des unités spéciales du Rouge et Noir, Jean-Philippe Bolduc.

Ce dernier déplore l’attitude des dirigeants de la LCF dans ce dossier. Il n’en veut pas à ses patrons à Ottawa.

«Personne n’est informé. Tu parles aux gens d’OSEG et ils ne savent pas trop non plus ce qui se passe. Ça devient frustrant. Je comprends qu’il y a une situation financière particulière. Mais quand je regarde les problèmes, c’est surtout au niveau des relations de travail. Elles sont nocives et malsaines. C’est pathétique. C’en est gênant. Que la ligue prenne une décision.»

Bolduc, lui, en a pris une. Il a accepté lundi un emploi dans le domaine des ventes dans la région de Montréal.

«Je ne veux pas mettre tous mes oeufs dans le même panier. Au début en mars et avril, c’était drôle. Mais là, on est à la fin juillet. Je ne peux pas attendre jusqu’en juin 2021 pour ramener de l’argent à la maison», explique l’athlète âgé de 29 ans.

«J’ai passé plusieurs entrevues pour divers emplois», mentionne-t-il.

Bolduc rejoindrait le Rouge et Noir si jamais il y a une saison écourtée. «J’en ai déjà parlé à mon employeur. Le football demeure ma passion et je suis dans la fleur de l’âge, dit-il.

«Mais je commence à placer mes pions en tant que jeune citoyen. Puis je pourrai mettre des choses en perspective. Je vais voir si je suis fait pour le travail de bureau.»