Seth Coate s’ajoute au groupe de receveurs qui travailleront avec le nouveau quart-arrière numéro un de l’équipe, Dominique Davis. Est-ce que l’attaque du Rouge et Noir saura faire oublier les Trevor Harris, Greg Ellingson, William Powell et SirVincent Rogers?

Saison dans le Rouge ou le Noir à Ottawa?

Tous les experts à travers le pays lui prédisent une saison de misère. Certains le voient même aboutir au dernier rang du classement après avoir participé au match de la coupe Grey à trois reprises lors des quatre dernières années.

Un journaliste de CTV en Saskatchewan a même avancé que le Rouge et Noir ne gagnerait que deux de ses 18 parties en 2019. Le genre de commentaires qui agace les joueurs de l’équipe à la veille du début de sa saison régulière, samedi soir, à Calgary.

« Je me demande bien s’il a déjà joué au football ce journaliste. J’ai hâte de voir s’il connaît vraiment ça le football. Tu peux l’écrire celle-là », a lancé un des membres importants des unités spéciales du Rouge et Noir, Jean-Philippe Bolduc.

« Ce n’est rien de nouveau tout ça. Tu sais l’an dernier, personne ne nous voyait aboutir au match de la coupe Grey », a ajouté le nouveau quart-arrière numéro un de l’équipe, Dominique Davis.

La cerise sur le sundae ? Des preneurs aux livres prévoient un premier match à sens unique contre les Stampeders. Qu’Ottawa va s’incliner par 11 points ou plus. Ça commence bien.

Tout ça, paraît-il, en raison du démantèlement de l’attaque durant l’hiver.

Les Trevor Harris, Greg Ellingson, William Powell et SirVincent Rogers ont changé d’adresse dans la LCF tandis que Diontae Spencer a pris la direction de la NFL. C’est sans compter la démission inattendue du coordonnateur offensif Jaime Elizondo.

Ils seront remplacés par des joueurs qui n’ont jamais réellement occupé un rôle de partant à plein temps dans les rangs pros.

À commencer par Davis, l’éternel réserviste qui obtient sa chance. Qui connaît Caleb Holley et Seth Coate ? Ils s’ajoutent au groupe de receveurs. Puis l’équipe mise sur le jeune et pas trop costaud Mark Korte pour remplacer le populaire Rogers à titre de bloqueur à gauche.

« L’an dernier, c’est notre défensive qui avait subi plusieurs changements. Je pense que ça s’est quand même bien passé pour nous », a rappelé le capitaine Antoine Pruneau.

Vérification faite, Ottawa avait terminé la saison régulière au troisième rang au chapitre du moins de points alloués à l’adversaire.

Qu’en pense l’homme qui a pris la décision de tourner la page sur les Harris et compagnie ? Car c’est un peu ça qui s’est passé dans les derniers mois. Le Rouge et Noir n’a jamais déchiré sa chemise pour tenter de retenir ces vétérans à Ottawa. Un peu comme s’il voulait recommencer à zéro.

« Ça va être différent à l’attaque, mais il n’y a rien de mal là-dedans », a fait valoir le directeur général Marcel Desjardins.

« Regarde le nombre de points marqués l’an passé, nous étions au cinquième rang dans la ligue. Nous avions gagné beaucoup de verges et c’est ben beau ça. Mais nous n’étions pas capables de convertir ça en points. »

Traduction libre ici : l’attaque aérienne du Rouge et Noir était peut-être surévaluée aux yeux de la direction.

« Nous autres, notre objectif ne change pas. Chaque année, nous ciblons le match de la coupe Grey », a répété Desjardins.

« La seule chose qui change de temps en temps, ce sont les morceaux. Même s’il y a eu des changements au point de vue offensif, il reste encore beaucoup de stabilité dans l’équipe. »

Le grand patron souligne le noyau de la défensive et des unités spéciales qui demeure intact. Que le contenu canadien à Ottawa s’avère le meilleur à ses yeux à travers la LCF. Que tous les adjoints de l’entraîneur-chef Rick Campbell sont de retour, sauf Elizondo.

« La majorité de ces supposés experts ne connaît pas vraiment ce qui se passe ici. J’essaie de ne pas trop écouter ces affaires-là, a soutenu Marcel Desjardins. Ça entre par une oreille et ça sort par l’autre. »

Évaluation injuste

Un autre truc semble chicoter certains de ses joueurs. Le Rouge et Noir n’est pas évalué de la même façon que les autres clubs.

Leurs premiers adversaires en 2019, les Stampeders, ont perdu aussi cinq gros morceaux, mais en défensive, dont le secondeur étoile Alex Singleton et le coordonnateur DeVone Claybrooks. Mais ça, les experts n’en font pas grand cas.

« Ça fait trois fois en quatre ans que nous participons au match de la coupe Grey et on continue de se faire dire qu’on va finir dernier ou avant-dernier. Tu sais, nous sommes rendus habitués à entendre ce discours-là. Ça va juste continuer à nous motiver à disputer de bons matches », a assuré Jean-Philippe Bolduc.