Le receveur américain Fred Rouse est bourré de talent, mais son parcours atypique semble nuire à sa réputation.

Rouse pourrait enfin obtenir sa chance

Fred Rouse s'est pointé à l'entrevue vêtu d'un chandail aux couleurs de Superman. Un choix qui se prêtait à la scène.
Le receveur américain s'apprête à prendre son envol chez le Rouge et Noir. Qui sait, il jouera peut-être les héros, samedi, à la Place TD.
À moins d'une surprise, ce sera son premier match avec sa nouvelle équipe. «Une première partie en deux ans. C'est à moi de profiter de cette opportunité», a-t-il précisé, hier après-midi, après l'entraînement à la Place TD.
Rouse a passé les deux derniers jours à s'aligner au sein de l'unité principale à l'attaque, prenant la relève du blessé Kierrie Johnson.
Ses débuts sont attendus depuis huit mois. Depuis que l'athlète âgé de 28 ans est devenu le premier joueur mis sous contrat par la concession d'expansion de la Ligue canadienne de football (LCF).
Son embauche avait fait jaser en raison de son passé.
Rouse, qui fait 6'4'' et 200livres, était promis à un bel avenir à sa sortie de l'école secondaire. Il était le receveur le plus sollicité par les universités américaines.
À sa saison recrue dans la NCAA, il avait participé à l'Orange Bowl en 2006.
Mais deux ans plus tard, il s'est retrouvé en prison. Tout ça pour une histoire d'introduction par effraction dans l'appartement d'un ancien coéquipier suivi d'un bris de probation.
Le natif de Tallahassee avait retrouvé sa liberté après avoir purgé les deux tiers d'une sentence de 90 jours. Derrière les barreaux, il affirme avoir trouvé Dieu.
À sa sortie du pénitencier, Rouse est retourné sur les bancs d'école au sein d'un collège moins connu de 600 étudiants, Concordia-Selma, où il a disputé une dernière saison de football.
Malgré son énorme potentiel, aucune équipe de la NFL ne lui a donné une chance de se faire valoir. Plusieurs joueurs avec lesquels il a grandi ont percé au sud de la frontière, dont Mark Sanchez et DeSean Jackson.
Calgary et Toronto lui ont accordé des essais dans la LCF en 2011 et 2012, mais rien de plus.
Fred Rouse a refusé de passer à autre chose et dire adieu au football. Sa maman l'a appuyé. Même chose pour sa conjointe et leur fille.
«Mon histoire est intéressante, a-t-il avoué. J'ai déjà été un des joueurs les mieux cotés aux États-Unis. J'ai connu des hauts et des bas. Mais j'ai conservé ce désir de jouer, cette passion pour ce sport. Je refuse d'abandonner, a-t-il raconté.
«Tout le monde me demande pourquoi je n'ai pas encore écrit un livre au sujet de mon parcours. J'y ai déjà songé. Ce que j'ai à dire aux jeunes joueurs, c'est de profiter des occasions qui se présentent, de ne jamais baisser les bras. Oui, tu vas peut-être échouer souvent, mais tôt ou tard, tu vas finir par réussir.»
C'est ce qui pourrait arriver finalement à Fred Rouse dans les prochaines heures, à moins que sa santé lui fasse faux bond. Une blessure l'a ralenti au milieu de l'entraînement hier.
«Je vais être correct», a-t-il assuré aux journalistes d'un ton posé.
mcomtois@ledroit.com