Le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins

Rouge et Noir: Une saison de 5, 10 ou 15 victoires?

Le Rouge et Noir d'Ottawa, c'est son bébé.
Un bambin qui effectuera ses premiers pas lors des prochaines heures. Un premier match officiel à Winnipeg, ce soir, qui sera diffusé d'un bout à l'autre du pays.
Marcel Desjardins porte le titre de directeur général, mais il a les allures d'un fier papa ces jours-ci en regardant son équipe d'expansion se préparer en vue de cette rentrée fort attendue. Les joueurs, c'est lui qui les a choisis, qui les a repêchés, qui les a mis sous contrat.
L'entraîneur-chef ? C'est lui qui l'a sélectionné après plusieurs longues semaines à recueillir des informations à gauche et à droite.
« N'importe quelle personne qui s'est présentée à notre camp d'entraînement et qui connaît la Ligue canadienne de football aurait eu de la difficulté à dire que c'est nous la nouvelle équipe. Tout se déroulait comme un autre club dans les dernières semaines », souligne Desjardins.
« Au point de vue du talent, nous pouvons rivaliser avec les autres équipes. Je suis très satisfait jusqu'ici. »
Ottawa a tenu tête aux Roughriders de la Saskatchewan en match pré-saison en plus de vaincre les Alouettes de Montréal.
« Nous croyons que nous serons compétitifs avec la majorité des équipes, que nous allons gagner des matches », soutient le DG, qui n'a pas attendu la prochaine question.
« Combien de matches nous allons gagner ?, ajoute-t-il du même souffle. J'espère que nous allons gagner la majorité. Est-ce que ça veut dire 5, 10 ou même 15 ? C'est difficile à déterminer. »
L'homme âgé de 48 ans reconnaît qu'il lui reste encore beaucoup de travail à effectuer. Pourtant, l'alignement partant semble respectable.
« Mais comme toutes les équipes, nous devons accumuler de la profondeur », avoue-t-il.
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Marcel Desjardins aime son aventure ottavienne après avoir travaillé longtemps chez les Alouettes.
Il s'agit de sa deuxième occasion à la tête d'un club de la LCF.
Son passage à titre de DG des Tiger-Cats de Hamilton n'a pas été fructueux. On l'a remercié après seulement une saison et demie, il y a sept ans.
« C'est beaucoup plus plaisant », dit-il de son séjour chez le Rouge et Noir.
« C'est un environnement différent qu'en 2006. J'étais arrivé à Hamilton à la fin août durant une saison où tout ce qui pouvait aller mal... allait mal. Il fallait corriger ça et ce n'était pas évident. »
Ce club a dépensé beaucoup d'argent sous une administration différente et lors de la saison suivante, Desjardins a dû couper dans le gras. La LCF venait de se doter d'un plafond salarial.
« Cette année, c'est un environnement dans lequel il est beaucoup plus facile de travailler. La masse salariale a augmenté. »
Ça, et il n'a pas eu les mains liées.
Ce dernier est parti de zéro. Il n'a pas hérité de mauvais contrats. Toutes les décisions ont été les siennes.
Un premier constat ? Le Franco-Ontarien originaire de Burlington, non loin de Hamilton, aime surprendre.
Qui a prévu que l'équipe allait mettre sous contrat Henry Burris à titre de joueur automne après avoir réclamé Kevin Glenn au repêchage d'expansion ?
Deux mois plus tôt, Desjardins a arrêté son choix sur Rick Campbell comme entraîneur-chef.
Plusieurs noms plus connus avaient circulé, mais pas celui d'une recrue.
Et que dire du repêchage des joueurs universitaires en mai.
Le Rouge et Noir a troqué le premier choix au total en retour d'un centre étoile, refilant ensuite Glenn aux Lions de la Colombie-Britannique pour une sélection au premier tour.
Le point d'exclamation ?
Marcel Desjardins a sélectionné le garde Hugo Desmarais en cinquième ronde, un joueur qui était inactif depuis deux ans en raison d'une blessure au cou.
Le DG était un des rares à savoir que l'espoir québécois était guéri. On connaît la suite. Le colosse de 6'6'' et 312 livres s'est taillé une place au sein de l'équipe de pratique.
Reste à voir maintenant si l'équipe que Desjardins a assemblée pourra surprendre à son tour lors des cinq prochains mois.
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Son premier coup de foudre a d'ailleurs été pour une équipe, qui n'existe plus aujourd'hui. Ce fut une relation à distance.
Même s'il a grandi à plus de cinq heures de route du stade Frank-Clair, Marcel Desjardins est tombé amoureux des défunts Rough Riders durant sa jeunesse. Plus précisément à l'automne 1976 lors de la dernière conquête de la coupe Grey par une franchise d'Ottawa.
Presque quatre décennies plus tard, il a hérité du mandat de redonner non seulement une équipe de football à la capitale nationale, mais surtout une formation championne. Une mission qu'il prend au sérieux. À preuve, le DG du Rouge et Noir n'a pas encore eu le temps de découvrir sa ville d'adoption, même s'il a été embauché il y a 17 mois.
« Je n'ai pas encore eu la chance d'aller au restaurant, confie-t-il. Quand je termine ma journée au bureau, je retourne chez moi. Et même là, je continue à travailler. »
Des journées qui ont été longues. Desjardins ne s'en plaint pas. Il s'attendait à un horaire de fou.
Ce dernier n'a pas seulement eu à recruter des joueurs et des entraîneurs. On l'a sollicité pour donner un coup de main au personnel administratif de même qu'aux employés en marketing.
« La grande majorité de ces gens n'ont jamais travaillé dans la LCF. J'étais là pour répondre à leurs questions, à leur donner une direction au sujet de ce qui est faisable ou non. »
Car Desjardins a touché à tout, ou presque depuis 20 ans. Avant de travailler chez les Alouettes et les Tiger-Cats, il était à l'emploi du circuit.
« J'ai hâte d'aller passer du temps à l'extérieur avec ma femme, marcher et découvrir la région (...) J'aimerais aller jouer aussi au golf. Je n'ai pas touché à mes bâtons depuis que j'ai obtenu ce poste. »
Il n'y a pas seulement les allées et les verts dans sa mire, mais aussi une visite au Musée canadien de la guerre.
« Tout ce qui est militaire m'intéresse, surtout la Deuxième Guerre mondiale. J'ai eu la chance d'aller en Europe à deux occasions. Et je vais y retourner. Chaque fois, je visite la Normandie. Je m'intéresse beaucoup à ce sujet. J'essaie de lire là-dessus quand j'ai du temps, ce qui n'est pas souvent récemment. »
Pour l'instant, il se préoccupe de gagner une première bataille en 2014. Celle prévue ce soir à Winnipeg entre le Rouge et Noir et les Blue Bombers.