Les Alouettes ont pris les commandes 29-0 lors de la première demie.

Rouge et Noir rossé 38-5 à Montréal

MONTRÉAL - Des joueurs à l'avenir incertain ont peut-être scellé leur sort chez le Rouge et Noir lors d'un match hors-concours aux allures de massacre, jeudi soir, à Montréal.
À commencer par Shakir Bell, cet ancien demi-offensif qui a délaissé les Eskimos d'Edmonton en mai afin de se joindre aux champions de la coupe Grey. Il est petit et rapide. Il a participé à un essai chez les Patriots de la Nouvelle-Angleterre avant Noël.
Sauf que Bell a échappé deux fois le ballon dans la dégelée de 38-5 aux mains des Alouettes. Le premier revirement a été commis sur le retour de botté d'envoi initial au stade Percival-Molson.
«Je suis très fâché de ma performance. C'est la première fois depuis je joue au football dans les rangs mineurs que je gaffe deux fois avec le ballon dans une même partie... Le moment était mal choisi », a soutenu Bell, qui tente d'obtenir le poste de substitut au porteur de ballon William Powell.
«J'espère que je resterai tout de même à Ottawa, que j'entamerai la saison avec tout le monde chez le Rouge et Noir la semaine prochaine.»
Sa maigre récolte de quatre verges contre les Alouettes n'aidera pas sa cause.
«Malgré ce qu'indique le pointage, certains joueurs ont offert de belles performances et ont démontré qu'ils pourront nous aider cette saison. Ils vont rendre nos prochaines décisions difficiles », a affirmé l'entraîneur-chef Rick Campbell.
«Nous allons nous assurer que retenir les joueurs les plus méritants.»
Car ce match servait d'évaluation finale pour ses adjoints et lui, qui doivent retrancher au moins une quinzaine de joueurs dans les 48 prochaines heures. C'est pourquoi le Rouge et Noir a décidé de laisser à la maison ses vétérans. Pourquoi risquer une blessure à Trevor Harris, Greg Ellingson et SirVincent Rogers à une semaine du début du calendrier régulier ?
Un seul joueur de l'alignement partant au match de la coupe Grey a enfilé l'uniforme pour cette dernière sortie du camp d'entraînement.
Bref, le Rouge et Noir avait son alignement XYZ. En revanche, les Alouettes ont envoyé tous les gros morceaux de son attaque dans la mêlée. Même chose en défensive.
Ça donne des statistiques peu reluisantes. Une première demie dans laquelle Ottawa a accordé 29 points tout en étant limité à deux premiers essais et 51 verges à l'attaque.
Parlons de l'offensive. Personne n'a vraiment profité de l'absence de Harris pour impressionner au poste de quart. Rien pour rassurer l'organisation, qui devra se croiser les doigts afin que son partant reste en santé en 2017.
L'ancien de la NFL, Ryan Lindley, n'a complété que deux de six passes pour sept verges. Celui qui l'a remplacé, Austin Trainor, a été intercepté deux fois en plus d'être victime de deux sacs.
Le troisième quart à défiler, Danny Collins, évoluait jusqu'à tout récemment en Allemagne. Il a été le «moins pire» du trio.
Et la défensive dans tout ça ? Le demi de coin Corey Tindal n'a pas nui à sa cause avec un sac. Tout le contraire de l'autre demi de coin, Armagedon Draughn, qui a mal paru sur le touché de 55 verges du receveur des Alouettes, BJ Cunningham.
Chez les botteurs, Brett Maher a réussi son retour dans l'uniforme du Rouge et Noir. Il a atteint la cible sur sa seule tentative de placement en plus de conserver une moyenne de 42,4 verges sur les dégagements.
Fêter sans papa
Le receveur du Rouge et Noir, Tori Gurley, se prépare à une neuvième fête des Pères sans son papa Norris, décédé dans un accident de la route à l'âge de 42 ans en 2008.
Trois journées fertiles en émotions attendent Norristorius « Tori» Gurley.
Celles de vendredi et samedi seront passées à attendre le verdict du Rouge et Noir. À savoir si le joueur format géant de 6'4'' et 230 livres, qui a été le meneur de la LCF chez les receveurs en 2015 avec 10 touchés, commencera la saison régulière à Ottawa.
Mais il y a surtout dimanche.
Gurley passera une bonne partie de la fête des Pères au téléphone, à multiplier les appels interurbains.
«À dire merci à tous les hommes qui ont eu une influence positive sur ma vie. Des oncles, mon grand-père et plusieurs autres adultes que j'ai croisés ici et là.»
Il parlera dimanche à plusieurs membres de sa famille, sauf un.
Son papa.
Norris Gurley est décédé il y a neuf ans dans un accident de la route à Las Vegas. Il n'avait que 42 ans.
Fiston, lui, avait 19 ans et terminait sa première année dans les rangs universitaires à South Carolina.
«Le temps a passé, mais c'est encore difficile. Il y a des journées que j'aimerais tellement lui jaser et obtenir des conseils. Mais en même temps, j'ai été choyé. Plusieurs personnes ont réussi à m'épauler au fil des ans.»
Gurley se souvient encore bien de la tragique journée. Il a appris le décès de son papa lors de la fête des Mères.
«Je venais de perdre mon meilleur ami», souligne-t-il.
Ce dernier a passé une bonne partie de son enfance et son adolescence en Caroline du Sud avec sa mère et ses deux frères. Ses parents étaient séparés.
Mais les trois enfants ont gardé un lien serré avec le paternel, même s'il se trouvait au Nevada. Ça se jasait souvent au téléphone.
«Ça ne me dérange pas d'en parler. La mort fait partie de notre quotidien. Tôt ou tard, tu vas malheureusement perdre ton père ou ta mère. J'ai appris à un jeune âge qu'il faut profiter de chaque moment avec notre famille et lui dire rappeler à quel point nous l'aimons. La vie peut être parfois si courte. »
«C'est pourquoi chaque fête des Pères, je prends même le temps d'appeler ma mère pour lui dire que je l'aime», ajoute Norristorius Gurley.
L'hommage le plus significatif qu'il a rendu à son papa aura été d'adopter son nom de famille peu de temps après sa mort. Il portait auparavant celui de sa mère Tonja Childers.
Avant de mettre fin à l'entrevue, il fallait bien aborder le prénom peu commun.
«Peu de joueurs le connaissent. Tout le monde m'appelle Tori ici », souligne Gurley.
«Norristorius, c'est une combinaison du prénom à mon père Norris et le prénom de la meilleure amie de ma mère, Tori. En plus, ça tombe bien. Ma mère était une mordue du chanteur The Notorious B.I.G.».