Au lendemain de la défaite face aux Stampeders à la coupe Grey, les joueurs du Rouge et Noir sont de retour à Ottawa.

Réveil difficile pour le Rouge et Noir

Le Rouge et Noir était parti avec l’espoir de ramener la coupe Grey en ville pour une deuxième fois en trois ans. Il a plutôt remis les pieds à Ottawa, six jours plus tard, sans le convoité trophée.

Joueurs, entraîneurs et membres du personnel des champions de l’Est sont revenus dans la capitale nationale, lundi après-midi, au lendemain de leur défaite contre les Stampeders de Calgary à Edmonton. Tout ce monde se reverra dans les prochaines heures.

Mais au lieu de parader mardi avec une coupe sur la rue Bank comme en 2016, l’équipe videra son vestiaire de la Place TD. Un bilan de la cinquième saison de la franchise sera dressé.

La déception risque d’être encore palpable après cette troisième participation à la finale en quatre ans. « Nous avions l’équipe pour gagner. C’est ce qui fait mal », se désole le receveur québécois Julian Feoli-Gudino, auteur du seul touché des siens dans le revers.

« Mais Calgary a mieux fait que nous. Ils ne se sont pas tirés dans le pied. Ils ont fait de gros jeux. »

Ottawa s’était présenté au match de la Coupe Grey sur une séquence de quatre victoires consécutives. Il n’avait alloué que deux touchés à ses 14 derniers quarts de jeu.

Les Stampeders ont pris l’avance rapidement dimanche en profitant d’une interception de Trevor Harris. Jamais le Rouge et Noir n’a été capable de les rattraper par la suite, s’inclinant 27-16. L’équipe a commis six revirements en plus d’être limitée à un maigre touché.

« Ce n’est pas ce que nous voulions donner comme spectacle à nos partisans, souligne Feoli-Gudino. Nous n’avions jamais imaginé ça comme résultat en arrivant à Edmonton. Nous nous étions visualisés en train de lever la coupe. Mais il faut une équipe gagnante et une équipe perdante. Nous sommes les perdants ».

Le numéro 83 était le candidat au titre de joueur canadien par excellence du match de la Coupe Grey si le Rouge et Noir avait gagné. Tout ça en raison d’un jeu spectaculaire avec deux minutes à écouler à la première demie.

Feoli-Gudino a capté une passe de Harris pour ensuite briser quelques plaqués et franchir de justesse la ligne des buts. Un jeu de 55 verges qui a réduit l’écart à 14-11.

« Quand j’ai vu le ballon être lancé, je me suis dit que je n’avais pas le choix de scorer », affirme-t-il, lui qui espérait que son touché allait donner vie aux siens.

Sauf qu’il y a eu ce retour de botté de dégagement de « Scary » Terry Williams qui s’est soldé en un touché de 97 verges pour Calgary à une seconde de la mi-temps.

« Oui, le retour de botté a fait mal. Mais durant la saison, nous avions effacé des retards de 10 points en deuxième demie », rappelle Julian Feoli-Gudino.

Cette fois-ci, le Rouge et Noir n’a pu orchestrer une remontée.

Reste maintenant à voir ce qui arrivera avec l’équipe. L’avenir de l’alignement baigne dans l’incertitude avec l’échéance prochaine des pactes des Harris, Powell, Ellingson, Hebert, Rogers, Murray et MacMillan.

« Ce serait l’idéal que tout le monde soit de retour l’an prochain », reconnaît Feoli-Gudino.

« Mais avec la convention collective qui prend fin, plusieurs de nos joueurs avaient signé un contrat d’un an avant la saison. C’était mon cas. Ça va être difficile de garder ce groupe. C’est pourquoi ça fait si mal de perdre. »

C’est pourquoi certains vétérans avaient les yeux rougis après le match. C’est pourquoi certains vétérans ont aussi mal dormi dans la nuit de dimanche à lundi.

+

D'UN CHEVAL QUI A PEUR DE COURIR À UNE CHÈVRE EN PELUCHE

À quel point la surface de jeu était-elle glissante au match de la Coupe Grey ? Le cheval qui sert aux célébrations des Stampeders avait aussi peur de courir, paraît-il.

C’est la cavalière de « Quick Six » qui racontait l’anecdote après la conquête de l’équipe. « Tu pouvais sentir son hésitation », a indiqué Chelsea Drake.

Ce qui n’a pas surpris le plaqueur des Stamps, Derek Wiggan. « C’était comme jouer au football sur une patinoire de hockey, mais sans les patins », a-t-il dit.

Tout ça viendra donner un argument de plus au commissaire de la LCF, Randy Ambroisie, qui veut devancer la présentation des prochaines finales, possiblement en octobre. Ce dernier a confirmé qu’un pas en cette direction sera effectué dès 2020. « Nous avons demandé aux équipes ayant soumis leur candidature pour présenter le match de prévoir une date une semaine plus tôt que par le passé », a-t-il dit.

Quoi d’autre a-t-on appris durant la dernière semaine à Edmonton ? Que le Rouge et Noir pourrait bien perdre un de ses coordonnateurs, peut-être même les deux.

Noel Thorpe serait dans la mire des Argonauts de Toronto tandis que les Lions de la Colombie-Britannique seraient intrigués par Jaime Elizondo. Les deux clubs sont à la recherche d’un entraîneur-chef.

Place maintenant à une histoire amusante pour vider le calepin de la coupe Grey. La veille du match, le receveur du Rouge et Noir, Diontae Spencer, a offert une confidence au sujet de la finale de l’Est. Oui, il avait célébré un premier touché en se pointant sous la tente du panel d’analystes de TSN.

Mais Spencer avait un plan pour célébrer son second touché, mais il ne l’a jamais mis à exécution. « J’avais une chèvre prête qui portait un de mes chandails avec mon numéro », a-t-il dit.

Il s’agit toutefois d’une chèvre géante en peluche cachée au banc des joueurs. Spencer a songé à une vraie chèvre, mais l’idée a été rapidement abandonnée. Pourquoi ? L’équipe s’est fait rappeler par un intervenant du domaine animalier que ces bêtes réagissent très mal au bruit. À quel point ? La chèvre aurait pu s’évanouir sous les cris de la foule.