«Je savais que les gars allaient stopper l’autre club... Je n’étais pas nerveux, mais plutôt fâché à mon endroit», a soutenu William Powell.

Remontée spectaculaire du Rouge et Noir

À une dizaine de jours de l’Halloween, le Rouge et Noir a donné une frousse à ses partisans avant de leur offrir un bonbon de bon goût, vendredi soir, à la Place TD.

Affreux lors des 30 premières minutes de jeu, l’équipe de la capitale a comblé un retard de 16 points pour arracher une victoire spectaculaire de 35-31 dans une rencontre au sommet contre les Tiger-Cats de Hamilton. Du même coup, elle a repris la tête de la division Est avec une fiche de 9-7.

Ottawa a besoin de gagner un de ses deux derniers matches du calendrier régulier pour s’assurer d’un laissez-passer à la finale de l’Est. Son prochain match sera justement contre ces mêmes Ti-Cats (8-8).

«Ce n’était pas beau en première demie. Mais on s’est parlé dans le blanc des yeux à la mi-temps et nous avons bien joué par la suite. C’est une victoire qui fait du bien», a avoué le capitaine des unités spéciales, Jean-Philippe Bolduc.

Ses coéquipiers et lui, qui avaient perdu leurs deux derniers matches, tiraient de l’arrière 22-6 à un certain moment au deuxième quart contre Hamilton. Rien ne fonctionnait pour eux.

Le quart-arrière Trevor Harris ratait plusieurs passes. Ses receveurs échappaient des passes. Puis la défensive manquait des plaqués. C’est sans compter les mauvaises pénalités, dont celle du maraudeur Anthony Cioffi qui a frappé tardivement un receveur adverse.

Pour une rare fois en cinq saisons à Ottawa, Rick Campbell a sermonné ses joueurs durant la mi-temps. «J’étais de très mauvaise humeur, a avoué le coach.

«Notre effort était là, mais notre attitude faisait défaut. J’ai dit aux joueurs de cesser d’être de bons gars, que les joueurs adverses n’étaient pas aux amis. Je leur ai rappelé que nous sommes redoutables quand nous jouons avec hargne.»

Ses mots ont fouetté le Rouge et Noir qui ont marqué deux touchés dans les 10 premières minutes de la seconde demie.

Le quart substitut Dominique Davis a porté le ballon sur une verge puis quelques minutes plus tard, Diontae Spencer captait une passe de 10 verges de Harris pour donner l’avance 29-28 aux siens.

Hamilton a repris le dessus avec un placement de 53 verges, mais le troisième touché du match de Davis a redonné l’avance de façon définitive à Ottawa.

Il y a bien eu cette frousse avec 45 secondes à écouler lorsque le demi-offensif William Powell a échappé le ballon en territoire ennemi. Une gaffe qui a donné une nouvelle chance aux Ti-Cats de se sauver avec la partie.

La défensive, qui était privée de quatre joueurs réguliers pour ce match dont le maraudeur Antoine Pruneau, a répondu présent sur cette dernière séquence pour préserver la victoire.

«Je savais que les gars allaient stopper l’autre club... Je n’étais pas nerveux, mais plutôt fâché à mon endroit», a soutenu Powell.

Surtout que Harris lui avait dit dans le caucus de garder les deux mains sur le ballon.

Campbell n’a pas voulu blâmer son joueur vedette. Il a dit que c’était plutôt de sa faute.

«Je dois protéger l’équipe. J’aurais dû demander à l’attaque de mettre un genou au sol», a affirmé l’entraîneur-chef.

Quelques statistiques à retenir de cette victoire?

Harris a complété 24 de 32 passes pour 341 verges. La recrue RJ Harris a été sa cible favorite, récoltant 128 verges.

Chez les Ti-Cats, le quart Jeremiah Masoli a lancé pour plus de 300 verges pour une 12e partie cette saison. Il s’agit d’un sommet dans la LCF.

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Le botteur recrue, Lewis Ward

WARD S'OFFRE UN AUTRE RECORD

Un autre match, un autre record pour le petit Lewis Ward. Et surtout, une autre ovation.

La recrue du Rouge et Noir a prolongé à 45 sa séquence de placements consécutifs. Il a notamment atteint la cible sur 52 verges pour éclipser la marque de 44, toute ligue professionnelle confondue, détenue par Adam Vinatieri, des Colts d’Indianapolis, de la NFL.

Ward n’avait jamais réussi une tentative plus longue que 47 verges cette saison.

«Je savais que c’était un très long botté à réussir... Un botté important, a-t-il avoué.

«Mais je n’étais pas nerveux en partant des lignes de côté. Mon travail, c’est de réussir le placement, peu importe la distance.»

Ward a été visiblement ému par la réaction des spectateurs. Il avait un large sourire en regardant vers les gradins, voyant plus de 23 000 personnes l’applaudir.

«C’était un moment spécial de vivre ça avec mes parents dans les estrades... mes amis aussi, mais aussi cette foule qui est incroyable avec nous.»

Un autre joueur du Rouge et Noir a bien failli terminer cette soirée avec un record.

Brad Sinopoli a capté 10 autres passes, ce qui porte son total à 111 en 2018. C’est un de moins que les 112 de Ben Cahoon, qui possède la marque depuis 2003 du plus grand nombre de réceptions par un receveur canadien dans la LCF.

Un mot sur la ligne offensive, largement critiquée après avoir alloué 10 sacs lors des deux derniers matches. Elle a bien protégé le quart Trevor Harris, qui a été plaqué qu’une seule fois derrière la ligne de mêlée.

Les entraîneurs avaient apporté un changement, insérant la recrue Josue Matias en tant que bloqueur à droite à la place de Jason Lauzon-Séguin.

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