«Tu ne peux pas avoir des émotions pour ton ancienne équipe. Oui, j’ai encore des amis dans ce club. Mais ma nouvelle famille, c’est le Rouge et Noir», affirme Antoine Pruneau.

Pruneau renouera avec son idole

Antoine Pruneau ne se lasse pas de jouer dans son patelin à Montréal. Ça demeure une date bien encerclée à son calendrier chaque année.

Le maraudeur du Rouge et Noir, qui dispute sa cinquième saison dans la Ligue canadienne de football (LCF), a hâte d’affronter les Alouettes, vendredi soir, au stade Percival-Molson. « Ça va toujours rester le stade dans lequel j’ai vu un premier match de football professionnel », a-t-il souligné.

Son papa l’avait amené voir à l’époque Anthony Calvillo et compagnie. Des billets qui avaient été offerts gratuitement par le patron.

Le petit Antoine avait alors découvert un jeune secondeur qui effectuait ses débuts à Montréal. Il portait le numéro 11.

« Chip Cox, une de mes idoles», s’est souvenu Pruneau.

«Je le regardais jouer et je me disais que je pourrais faire ce travail-là. Il était très bon.»

Aujourd’hui, Pruneau s’avère un des meilleurs joueurs du circuit. Il a été nommé au sein de l’équipe étoile de la division Est en 2017.

Cox, lui, est de retour pour une 13e saison chez les Alouettes à l’âge de 35 ans.

«Jouer une partie à Montréal, c’est aussi une occasion pour moi de rentrer en contact avec des gens qui m’appuient depuis longtemps, que ce soit un ancien professeur d’éducation physique, un coach de football mineur ou des amis. Il y a toujours du monde qui vient me rencontrer après nos matches là-bas. Chaque visite dans ce stade reste spécial.»

Ottawa se pointera au stade Percival-Molson dans les prochaines heures avec son fort contingent de joueurs québécois.

Dans le lot, il y aura le centre-arrière Jean-Christophe Beaulieu, qui effectuera un retour aux sources. Il a porté les couleurs des Alouettes lors des quatre saisons précédentes avant d’être échangé au Rouge et Noir durant l’hiver.

L’athlète natif de Trois-Rivières jure que le match ne possède aucun cachet particulier pour lui. «Vraiment pas. C’est un match comme un autre», a-t-il commencé par dire.

Puis, on lui a rappelé que Montréal a été son premier amour dans la LCF. Que ça doit lui faire un petit pincement de remettre les pieds à cet endroit.

«Tu sais, ça se tourne vite une page... Veut veut pas, c’est une business, a rappelé Beaulieu. Tu ne peux pas avoir des émotions pour ton ancienne équipe. Oui, j’ai encore des amis dans ce club. Mais ma nouvelle famille, c’est le Rouge et Noir».

Ce dernier s’attend à recevoir un bel accueil. Surtout qu’il misera sur plusieurs membres de sa famille et amis dans les estrades.

«Ça va être le fun. Mais ça ne battra pas ma première année que je jouais à Montréal, a dit Beaulieu au sujet de 2014.

«Il y avait le clan Beaulieu en haut des gradins qui occupait une centaine de places.»

Un groupe qui était bruyant et très visible.

«Il y avait une banderole en haut. Sans farce, ça devait faire 30 pieds de large et six pieds de hauteur. C’était inscrit dessus 46 Clan Beaulieu, a-t-il relaté fièrement.

«Deux autobus remplis de monde de Trois-Rivières avaient fait l’aller-retour pour mon premier match... J’ai une belle grosse famille !»

Reste à voir si la fameuse banderole refera surface vendredi lors de la visite de Beaulieu, Pruneau et du Rouge et Noir dans le nid des Alouettes.

«Ça, je ne le sais pas», a lancé Jean-Christophe Beaulieu en souriant.

Spencer reluque de longs retours de botté spectaculaires

Le rapide Diontae Spencer a accroché au passage le coordonnateur des unités spéciales avant l’entraînement du Rouge et Noir, mercredi matin, à la Place TD. Il tenait à souffler quelque chose à l’oreille de Bob Dyce.

« Je lui ai dit que j’ai l’impression que le prochain match sera le bon. Je suis excité à l’idée de réaliser un gros jeu qui changera l’allure d’une partie », a relaté Spencer, sourire en coin.

Ce dernier a été la bougie d’allumage du Rouge et Noir en 2017. En plus de réussir plusieurs attrapés spectaculaires à l’attaque, il avait réalisé de nombreux longs retours de botté.

Spencer avait notamment ramené deux ballons jusque dans la zone des buts pour des touchés.

Cette saison, les équipes adverses tentent d’éviter de botter le ballon vers lui. Puis lors des quelques fois que le ballon tant reluqué s’est retrouvé entre ses mains, le joueur américain était rapidement plaqué.

« Quand tu connais du succès à retourner des bottés comme ce fut le cas l’an dernier, l’adversaire s’ajuste. Les autres clubs tentent de trouver des façons de te compliquer la vie. Ils font du bon travail en ce moment », a dit Spencer.

Le numéro 85 a gagné en moyenne 7,1 verges sur des retours de botté en deux parties depuis le début de la saison. C’est presque la moitié de sa production par match de 2017.

« C’est à moi de trouver maintenant des façons d’esquiver l’adversaire et réussir à nouveau de longs jeux. Je piaffe d’impatience d’en réaliser un peu. »

Spencer a aussi passé de longues minutes à parler de son autre grande passion ces jours-ci. Il est un accro des lamas et des paniers d’épiceries... Ce sont deux des nombreux éléments du jeu vidéo en ligne le plus prisé en ce moment, « Fortnite ».

On le dit un des meilleurs du Rouge et Noir à ce chapitre. On dit aussi qu’il ne se gêne pas pour narguer ses coéquipiers à ce sujet.

« Greg Ellingson excelle aussi. Mais le gars à battre, c’est Willy », a confié Diontae Spencer en faisant référence William Powell.

Parlons justement du porteur de ballon du Rouge et Noir. Il occupe en ce moment le troisième rang de la LCF avec 217 verges de gain au sol derrière Don Jackson (294) et CJ Gable (241), qui ont tous deux disputé un match de plus que lui.