Antoine Pruneau entamera déjà sa sixième saison à Ottawa. Il s’amuse tout de même autant qu’à ses débuts en 2014. Le maraudeur peut atteindre le plateau des 100 parties en carrière dans la LCF s’il demeure en santé en 2019.

Pruneau, le rare survivant du Rouge et Noir

Sa barbe et ses cheveux ne portent encore aucune trace blanche ou grise, mais Antoine Pruneau a tout de même pris un coup de vieux depuis quelques jours en regardant autour de lui à la Place TD.

Le maraudeur québécois s’avère un des trois seuls survivants de la première édition du Rouge et Noir en 2014 avec Nigel Romick et Nolan MacMillan. « Je me sens comme un vétéran... Mon dos et mon cou aussi », lance-t-il en riant.

Pruneau, qui fêtera ses 30 ans en octobre, a vu plusieurs coéquipiers de longue date partir durant l’hiver. Certains par choix, d’autres non.

Le joueur de ligne offensive Jon Gott, qui était un autre membre de la formation initiale du Rouge et Noir, s’est notamment vu montrer la porte par l’équipe.

« C’est la réalité de notre sport, de se faire balader d’un bord et de l’autre. Il y a toujours des changements. »

Pruneau avait hâte de participer à son sixième camp d’entraînement chez les pros à Ottawa. On l’a vu toute la semaine dernière sur les lignes de côté à zieuter les recrues. Ce fut le seul vétéran qui était sur place chaque jour.

Ses patrons misent sur le receveur Brad Sinopoli et lui afin de guider les nouveaux joueurs. À leurs yeux, le duo personnifie bien l’ADN du Rouge et Noir.

« Ces deux gars sont de parfaits exemples de la façon dont le football devrait être joué... avec beaucoup d’énergie et de passion, affirme l’entraîneur-chef Rick Campbell.

«Ce sont de grands compétiteurs qui montrent l’exemple par leur façon de s’entraîner et jouer... Ils y vont à fond chaque fois sur le terrain. Nous sommes chanceux d’avoir Antoine et Brad.»

Durant cette période, Ottawa a participé au match de la Coupe Grey trois fois lors des quatre derniers automnes. La défaite subie aux mains des Stampeders de Calgary en novembre est revenue dans l’actualité durant le week-end.

Les nouveaux champions ont reçu leur bague. Des photos du bijou en question ont circulé sur les médias sociaux. «C’est sûr que nous n’avons pas oublié cette défaite, assure Pruneau.

«Écoute, ils [Stampeders] se sont bien battus et ils ont travaillé fort pour l’avoir cette bague. Nous aussi nous avions travaillé fort. J’espère juste que nous n’échapperons plus des occasions comme ça. Ces opportunités de la sorte, ça n’arrive pas souvent. Quand tu as la chance de gagner la coupe, tu dois sauter dessus.»

Ce revers viendra encore hanter ses coéquipiers et lui dans les prochaines semaines. Leur premier match du calendrier régulier aura lieu contre les Stampeders.

«En ce moment, c’est le dernier de mes soucis ce match. Avant, il y a ce camp d’entraînement.»

Un plateau intéressant attend Antoine Pruneau en 2019. Ce dernier se trouve à 16 matches du cap de la centaine dans la Ligue canadienne de football.

Tout ça à condition de demeurer en santé.

Après avoir raté une seule joute à ses quatre premières années, le numéro 6 s’est retrouvé à l’infirmerie pour presque le tiers des matches du Rouge et Noir en 2018, victime d’une fracture à un pouce. Au moment de sa blessure, il se dirigeait vers la meilleure saison de sa carrière avec déjà 50 plaqués en 13 sorties.

«Ça m’a écœuré de ne pas pouvoir jouer, rappelle Pruneau.

«Là, je suis très correct. C’est ce qui me rassure. Oui, je vieillis. Mais l’an passé, c’était une malchance... un os cassé. Ce ne sont pas mes muscles qui lâchent. Je ne ralentis pas. Je compte bien jouer les 18 matches cette saison.»

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LE ROUGE ET NOIR EN BREF

Lauzon-Séguin a eu les deux pieds dans l’eau

Jason Lauzon-Séguin s’est préparé en vue du camp d’entraînement du Rouge et Noir en remplissant des sacs de sable et non en passant du temps en gymnase. Le bloqueur franco-ontarien a fait partie des sinistrés des récentes inondations dans la Vallée de l’Outaouais. La maison que sa conjointe et lui comptent rénover en bordure de la rivière Mississippi, près de Carleton Place, a dû être transformée en forteresse dans le dernier mois.

Jason Lauzon-Séguin

« J’ai construit un mur haut de huit rangs de sacs de sable pour la protéger... C’était plus haut que nécessaire, mais c’était mieux prévenir que guérir », relate le colosse de 6’4’’ et 300 livres. Il misait aussi sur deux pompes pour évacuer l’eau. « Ce fut un temps stressant. Je me suis réveillé durant la nuit en imaginant souvent que les pompes avaient cessé de fonctionner, qu’il y avait de l’eau partout. Tu paniques... Ce n’est pas le fun », explique-t-il.

Son cauchemar est enfin terminé. Il a pu retirer son mur jeudi dernier. Le lendemain, il nettoyait autour de la demeure. C’était à la veille des tests médicaux du Rouge et Noir. Lauzon-Séguin s’avère heureux de se retrouver à nouveau sur un terrain de football. « Surtout de me retrouver au sec », lance-t-il, se permettant de rire de sa malchance.

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Altercations sur le terrain, accident en gymnase

Ce fut un mardi mouvementé à la Place TD. Deux escarmouches se sont produites durant la séance d’entraînement. Une d’elles a vu le plaqueur recrue Zaycoven Henderson s’en prendre au bloqueur et lutteur en devenir, Chris Martin. Le tout s’est déroulé sous le regard amusé du vétéran Michael Klassen, relégué sur les lignes de côté en raison d’une blessure.

Zaycoven Henderson (gauche)

« C’est normal ce genre d’incident. C’est la troisième journée du camp principal, notre première avec des épaulettes. Les joueurs sont intenses et déjà très émotifs, a expliqué le plaqueur canadien. Les journées sont longues. On nous demande de se pointer ici à 6 h le matin. On repart à 21 h. Il y aura des étincelles de la sorte. Ça ne m’inquiète pas. »

Klassen, 28 ans, a connu la meilleure saison de sa carrière en 2018 avec 28 plaqués et quatre sacs. Il se trouve à l’infirmerie depuis le début du camp après s’être blessé en soulevant des poids en gymnase la semaine dernière.

« C’est un peu malheureux... Ce n’était même pas une charge élevée », a-t-il avoué, un brin gêné. « Puis c’est frustrant. Dans mes six années précédentes, je m’étais toujours vanté de n’avoir jamais manqué une journée dans un camp d’entraînement depuis mes débuts dans la LCF. »