Antoine Pruneau entrevoit la prochaine saison du Rouge et Noir avec optimisme.

Pruneau défend les joueurs canadiens... et le Rouge et Noir

Est-ce que la Ligue canadienne de football (LCF) s’apprêterait à réduire le nombre de joueurs canadiens au sein de l’alignement partant de ses neuf équipes en 2019 ? Une de ses vedettes francophones n’y croit pas.

Antoine Pruneau a vu comme tout le monde cette manchette qui a défilé durant le week-end. Le circuit aimerait profiter des négociations d’une nouvelle convention collective pour revoir le ratio de joueurs canadiens, suggérant de le faire passer de sept à cinq.

« Ça m’a fait rire. Ce n’est pas d’hier que la ligue amène ça sur la table, a rappelé le maraudeur du Rouge et Noir, mardi, en entrevue avec Le Droit. C’est une bonne technique de négociation. Ça sème la commotion. Il faut s’ouvrir les yeux. Est-ce vraiment une priorité ? Moi j’ai l’impression que c’est juste quelque chose pour détourner l’attention des vraies affaires. »

En ce moment, les équipes de la LCF doivent miser sur 21 joueurs « nationaux » en uniforme lors de chaque match. Sept de ces joueurs doivent être partants, que ce soit en attaque ou en défense.

Depuis quelques jours, des joueurs étoiles se sont prononcés sur la question. Sans surprise, les gros noms canadiens s’opposent à une révision à la baisse du ratio.

« Je ne mentirai pas. Plusieurs personnes m’en ont parlé », a soutenu Pruneau, un des meilleurs joueurs canadiens en défensive dans la LCF. Il entamera sa sixième saison au sein de la tertiaire des finalistes de la Coupe Grey.

« De mon côté, j’ai gagné mon poste, peu importe le ratio. À mes yeux, je ne me bats pas contre des Canadiens, mais contre tous les joueurs. Je continue à garder cette mentalité. »

Certaines formations auraient justifié de modifier le ratio en prétextant un manque de profondeur chez les joueurs canadiens. Pourtant, le Rouge et Noir a aligné dans les dernières années un nombre supérieur au minimum requis.

« Nous étions 10 joueurs canadiens partants au match de la Coupe Grey à Winnipeg, a rappelé Pruneau au sujet de la finale de 2015 contre les Eskimos d’Edmonton.


« Tout le monde regarde ce que nous avons perdu au lieu de tout ce que nous avons gardé. »
Antoine Pruneau

«L’équipe fait du bon travail ici à repêcher et développer les joueurs canadiens. Il y a beaucoup d’efforts mis là-dedans.»

On appelait le capitaine du Rouge et Noir pour prendre de ses nouvelles. La dernière entrevue remontait à 48 heures après la défaite au match de la Coupe Grey en novembre contre Calgary.

Beaucoup de choses ont changé dans le giron de l’équipe depuis cette journée. L’attaque a été démantelée. Les Harris, Ellingson, Rogers, Powell et Spencer sont partis. Ottawa s’est fait varloper autant par les médias que les amateurs. Même la LCF s’est permis de placer le Rouge et Noir au huitième et avant-dernier rang à son classement des favoris en vue de la prochaine saison.

«C’est insultant», a lancé Pruneau au sujet de ce classement.

Visiblement, ça touche une corde sensible chez le numéro 6. Il a le «R» tatoué sur le cœur. Il s’avère un des trois survivants de l’an Un qui évolue toujours dans la capitale. «Tout le monde regarde ce que nous avons perdu au lieu de tout ce que nous avons gardé, a-t-il fait valoir.

«Nous avons ramené tous les joueurs défensifs, sauf Rico Murray. On a ajouté Chris Randle. Déjà que nous étions très solides en défensive. Puis ce sera notre deuxième année avec un coordonnateur [Noel Thorpe] qui fait du très bon travail.

«Nous avons aussi gardé tous nos entraîneurs. Je ne veux pas paraître téteux, mais il faut le dire. Nous n’aurions pas gagné ces dernières années sans ces bons coaches. Tu en as deux qui étaient candidats pour devenir entraîneur-chef ailleurs cet hiver. La stabilité, c’est important.»

Oui, mais l’attaque dans tout ça ?

«Nous avons un excellent coordonnateur offensif [Jaime Elizondo]. Il sait quoi faire, a soutenu Antoine Pruneau.

«En même temps, je comprends les partisans, a-t-il ajouté. Ils s’attachent à leurs joueurs. Je suis content que ce soit comme ça. Un jour, peut-être que ça va m’arriver, que je ne pourrai pas revenir l’année suivante. J’espère que les amateurs vont alors se plaindre !»