Absent depuis sept semaines, le maraudeur Antoine Pruneau disputera le dernier match d’une longue saison pénible pour le Rouge et Noir. Il a défendu lundi son patron, le directeur général Marcel Desjardins, dont l’avenir est remis en question par des partisans frustrés.

Pruneau défend Desjardins

Le ciel était grisâtre et le moral se trouvait à plat, lundi matin, quand le Rouge et Noir a repris l’entraînement à la Place TD en vue de son dernier match d’une saison horrible.

Ça souriait peu. La séance avait des allures d’une visite au salon mortuaire avant que le corps soit enterré vendredi après la visite des Alouettes de Montréal.

« Moralement, c’est une saison qui a été éprouvante avec les blessures et les défaites. Mais peu importe notre fiche, nous devons continuer à donner le même effort, surtout par respect pour nos partisans », a lancé le maraudeur Antoine Pruneau, qui effectuera son retour au jeu face aux Alouettes.

« Nos partisans nous ont appuyés toute la saison. Nous leur devons une bonne performance. »

Surtout que ces amateurs ont été peu gâtés en 2019, moins d’un an après que le Rouge et Noir eut participé au match de la coupe Grey. L’équipe a gagné seulement trois parties, dont une à domicile en... juin dernier.

Ottawa occupe le dernier rang avec une fiche de 3-14.

« J’essaie de regarder le moins possible le classement », a avoué Pruneau, qui a passé les sept dernières semaines sur la liste des blessés.

« En fait, ça fait un bon bout de temps que je n’ai pas visité le site web de la ligue... Mais je sais que c’est horrible. Ça vient me chercher, surtout que nous avons bâti de belles choses ici. C’est dommage de connaître une mauvaise année comme ça... Ça reste inacceptable. Ça ne devrait pas arriver. Il n’y a pas d’excuses pour ce qui s’est passé. Je suis sûr que l’équipe trouvera des solutions. »

Plusieurs partisans du Rouge et Noir réclament la tête du directeur général Marcel Desjardins pour la dégringolade de l’équipe. Ce dernier a pris la décision de ne pas remettre sous contrat plusieurs vétérans, dont le quart Trevor Harris, le receveur Greg Ellinson et le bloqueur SirVincent Rogers.

Desjardins peut toutefois compter sur l’appui de Pruneau, un joueur qu’il a repêché en première ronde en 2014.

Ce dernier a rappelé que le « DG » franco-ontarien a bâti l’alignement qui a permis à Ottawa de participer trois fois en quatre ans au match de la coupe Grey, gagnant le titre en 2016.

« C’est difficile de voir tous ces commentaires... Je comprends que les gens nous jugent sur nos performances. Notre travail est de gagner des matches et nous ne l’avons pas fait. Ce que je peux dire, c’est que je vois nos dirigeants travailler ici. Et je sais ce qui se fait ailleurs dans la ligue. J’ai très confiance en ce que nous avons ici. »

« Est-ce que des fois nous nous sommes trompés ? Est-ce que nous avons fait des erreurs ? Oui, autant nous les joueurs que lui. À la fin de la journée, nous sommes capables de rebondir en 2020. »

Reste à voir ce que les propriétaires décideront.

Le président de l’équipe, Mark Goudie, a déjà rencontré Desjardins dans les dernières semaines. Un autre face-à-face serait prévu en novembre.

En attendant l’année prochaine, Antoine Pruneau, lui, est heureux de pouvoir disputer un dernier match en 2019. Il n’a pu participer à seulement huit parties cette saison marquée par deux blessures différentes.

Une fracture au pouce gauche lui a coûté trois semaines de jeu cet été. Puis une fracture du péroné subie tôt en septembre contre Toronto devait mettre un terme à sa saison.

« On disait que j’étais fini pour le reste de la saison. Mais je savais que je reviendrais », a lancé le joueur québécois, sourire aux lèvres.

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Stefan Logan

LA RETRAITE EN 2020? UN VÉTÉRAN DU ROUGE ET NOIR N'EST PLUS SÛR

Stefan Logan sait que les prochains jours risquent d’être émotifs. Surtout lorsque viendra la soirée de vendredi. Le vétéran de 13 saisons dans la LCF et la NFL disputera son dernier match de football en carrière. Du moins en principe.

« J’ai dit aux gens en début de saison que j’arrêterais après cette année, que ce sera la retraite. Mais là, je ne suis plus sûr », lance Logan après l’entraînement du Rouge et Noir.

L’athlète américain âgé de 38 ans dit avoir eu un regain d’énergie depuis son arrivée à Ottawa en août. Un mois auparavant, il avait été congédié par les Alouettes de Montréal.

« Je sens que j’ai encore de l’essence dans le réservoir. Puis j’ai plusieurs gars ici qui me disent être prêts à bloquer pour moi si je reviens l’an prochain, confie Logan. Restera à voir si les dirigeants ici veulent m’avoir. »

En sept parties, Logan a conservé une moyenne de 12,2 verges par retour de botté de dégagement. Il s’agit de la troisième plus haute moyenne en carrière dans la LCF.

Ce dernier avait inscrit un touché sur un retour de botté de 99 verges dans un match contre Toronto. Mais le jeu a été annulé en raison d’une pénalité au Rouge et Noir.

Ottawa l’a embauché afin de remplacer la recrue DeVonte Dedmon, qui a été limité à cinq parties en raison de blessures.

Qu’il s’agisse de sa dernière sortie ou non en carrière, Stefan Logan respectera la même routine vendredi une fois le match terminé. « Je vais appeler ma mère de 65 ans, gagne ou perds. Je l’ai fait sans faute après chacune de mes parties durant mes 13 saisons au football professionnel, que ce soit ici au Canada ou dans la NFL »,  raconte-t-il.