Les choses sérieuses commencent au camp du Rouge et Noir, qui affrontera les Tiger-Cats de Hamilton, samedi.

Première sortie encourageante pour le Rouge et Noir

Ce n’était qu’un match simulé entre les blancs et les noirs à la Place TD. Ça n’empêchait pas l’entraîneur-chef des finalistes de la coupe Grey de s’emporter.

« Nous avons les ingrédients d’une bonne équipe. Il y a beaucoup de talent ici », a lancé Rick Campbell, dimanche après-midi, alors que s’ouvre la deuxième semaine du camp d’entraînement du Rouge et Noir. L’attaque a passé 75 minutes à affronter la défensive.

Plusieurs aspirants à des postes offensifs ont brillé. Particulièrement chez les receveurs. Du Franco-Ontarien Tyrone Pierre qui a marqué un touché en passant par les Américains Caleb Holley, Seth Coate et R.J. Shelton qui ont multiplié les attrapés.

Et les quarts dans tout ça ? Les yeux des 1500 amateurs sur place étaient surtout rivés sur les deux hommes qui bataillent pour le poste de partant. Dominique Davis et Jonathon Jennings ont montré de belles choses. Et d’autres, moins rassurantes.

Jennings a entamé le match avec une longue passe de 40 verges qui a abouti dans les mains de Julian Feoli-Gudino. Il l’a terminé toutefois avec une interception.

« Il y a des choses à corriger, mais j’ai réussi quelques gros jeux. Je pense avoir bien fait », a soutenu l’ancien quart des Lions de la Colombie-Britannique.

« À l’image de tous les autres joueurs, j’étais excité de jouer une partie. Peu de gens aiment vraiment ça un camp d’entraînement. Nous avons hâte maintenant d’affronter une autre équipe. »

Ce sera le cas samedi prochain. Les Tiger-Cats de Hamilton seront en ville.

Jennings et Davis devraient se partager le gros du travail contre les rivaux ontariens du Rouge et Noir. Leurs coéquipiers, eux, aiment ce qu’ils voient du duo depuis une semaine.

« Ce sont deux quarts qui ont un style similaire. Des gars capables de bouger dans la pochette, qui peuvent provoquer des jeux avec leurs pieds. Et ils ont tous deux un canon comme bras droit », a imagé Feoli-Gudino.

« C’est le fun de jouer avec des gars comme ça. Ce sont deux joueurs sérieux qui connaissent le cahier de jeu. Ils sont en contrôle du caucus. Ce sont des leaders et surtout de bonnes personnes. »

Le vétéran receveur n’avait pas terminé son analyse. « Nous sommes entre de bonnes mains. Ça augure bien en vue de cette saison. »

Une ligne offensive toute canadienne ?

Quoi d’autre retient-on de cette partie simulée ?

Que le Rouge et Noir est peut-être vraiment sérieux avec l’idée d’aligner une ligne offensive toute canadienne. Sa première unité a vu le jeune Mark Korte, choix de première ronde en 2018, agir en tant que bloqueur à gauche aux côtés d’Evan Johnson, Alex Mateas, Nolan MacMillan et Jason Lauzon-Séguin.

« Depuis le premier jour du camp que je répète que nous allons étudier toutes les options possibles », a répété Rick Campbell.

Korte n’a pas le gabarit typique d’un bloqueur. Il ne fait que 6’2’’ et 293 livres.

« Il est tellement athlétique. Il se déplace tellement rapidement », a fait valoir le coach.

Trois bloqueurs internationaux tentent leur chance à Ottawa. Sauf que Chris Martin s’est blessé à un certain moment durant le match simulé. Quant à Stéphane Nembot, cet ancien des Ravens de Baltimore qui est natif du Cameroun, il n’a pas joué dimanche. Ce dernier soignerait aussi un bobo.

Reste le jeune DeVondre Seymour, qui a été discret jusqu’ici.

Parlant de ces recrues, une surprise attendait tous les nouveaux joueurs qui effectuent leurs premiers pas dans la LCF. Ils ont été invités à chanter l’hymne canadien avant le botté d’envoi du match simulé.

Tyrone Pierre faisait partie de ceux qui ont mené la charge, prenant place dans la première rangée. On l’a vu gesticuler à quelques reprises, motivant ses coéquipiers durant l’interprétation.

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UNE MACHINE À MARQUER DES TOUCHÉS... EN DÉFENSIVE 

Retenez son nom. Il s’agit peut-être du prochain lapin que le Rouge et Noir sortira de son chapeau en défensive.

Faites la connaissance de John Vogeler, âgé de 24 ans, qui a été embauché vendredi. Samedi, il était déjà sur le terrain. Et dimanche, on l’a vu en action durant le match simulé.

« Les dernières journées ont été assez remplies », a reconnu le natif du Minnesota.

Ce qui le rend intrigant ? Vogeler a marqué beaucoup de touchés en... défensive ces deux dernières années dans les rangs collégiaux à Bemidji State.

Plus précisément quatre touchés sur des retours d’interception en 2017 et 2018. Il a capté des passes de quart adverse à neuf reprises.

Pas pire pour un ancien quart-arrière qui a décidé de se recycler sur le tard en joueur défensif. Ça ne fait que deux ans qu’il évolue de l’autre côté de la ligne de mêlée.

« Je suis comme une éponge. J’absorbe tout rapidement. Puis j’adore jouer au football », a-t-il dit de sa transition fructueuse.

« J’ai beaucoup de vitesse et j’ai un bon gabarit, a soutenu Vogeler, qui fait 6’1’’ et 207 livres. Je me suis dit que je serais peut-être plus efficace en tant que secondeur que quart. »

Ce fut rapidement le coup de foudre pour lui. « J’aime jouer en défensive. Surtout j’aime sauter un peu partout et réussir des jeux importants », a-t-il soutenu.

Ses nombreux touchés sur des retours d’interceptions ne sont pas passés inaperçus dans son patelin.

Son mois de mai a commencé au camp des recrues de l’équipe qui l’a fait vibrer durant son enfance dans la NFL.

John Vogeler a été mis à l’essai par les Vikings du Minnesota. « Ce fut une expérience incroyable. J’ai essayé de savourer chaque moment, surtout que ça se passait chez moi », a-t-il souligné.

Le Rouge et Noir a eu la main heureuse ces dernières années dans ses trouvailles en défensive de l’autre côté de la frontière. Les secondeurs Avery Williams et Anthony Cioffi sont devenus rapidement des partants en 2018. Le demi défensif Sherrod Baltimore en a fait de même l’année précédente.