« Oui, je m'attends à être hué. On peut même dire que je suis probablement l'athlète le plus détesté des Prairies », affirme le quart-arrière du Rouge et Noir, Henry Burris.

Premier match, premières huées

Quand le Rouge et Noir va fouler le terrain pour son match inaugural, ses joueurs pourraient entendre des huées bien nourries, ce soir, au Investors Group Field de Winnipeg.
Non, les gens de la place ne s'opposent pas au retour d'une franchise de la LCF dans la capitale nationale. Au contraire. Un peu tout le monde s'avère heureux de voir une nouvelle équipe à Ottawa et ne lui souhaite que du bien.
Les amateurs des Blue Bombers, les premiers adversaires du Rouge et Noir, en veulent toutefois à un vétéran de la franchise d'expansion.
Ici au Manitoba, on n'aime pas Henry Burris et son sourire qui lui a valu le surnom de « Smilin Hank » à travers la LCF.
Il n'est pas l'ennemi numéro un des partisans des Blue Bombers, mais presque. Le quart-arrière âgé de 39 ans a dit non, il y a cinq mois, à cette formation, qui voulait l'embaucher à titre d'agent libre.
On lui aurait offert 350 000 $.
Burris a préféré se joindre à une équipe d'expansion. Une claque au visage que les gens de Winnipeg ont mal encaissé à l'époque.
Oui, Ottawa a allongé plus d'argent. Environ 100 000 $ de plus par année.
« Winnipeg avait de belles choses à offrir. Mais Ottawa aussi. Je pouvais enfin me rapprocher de ma famille qui habite à cinq heures de route, à Springfield. Cela est important pour moi, qui a surtout joué en Saskatchewan et en Alberta durant la majorité de ma carrière, a expliqué Burris lors d'une rencontre avec la presse, hier après-midi, au domicile des Bombers.
« Oui, je m'attends à être hué. On peut même dire que je suis probablement l'athlète le plus détesté des Prairies », a-t-il ajouté en riant au journaliste du Droit.
Il n'a qu'une chose en tête. Il veut gagner ce premier match. En fait, il tient à gagner souvent en 2014.
« Je répète la même chose depuis quelques semaines. Accéder aux éliminatoires est le strict minimum pour nous. »
Les succès du Rouge et Noir passeront par lui. Les membres de l'escouade défensive des Bombers le savent trop bien. La semaine dernière, ils ont humilié le quart vedette des Argonauts de Toronto, Ricky Ray, dans un gain de 45-21.
Leur recette ?
Blitz après blitz. Frapper le quart sans arrêt.
Rien n'indique qu'une stratégie différente attend Burris.
« Il a peut-être 39 ans, mais il peut s'avérer encore un cauchemar pour nous si nous lui donnons moindrement du temps pour réagir, a affirmé l'ailier défensif des Bombers, Jason Vegas. Il (Henry) est capable de placer le ballon là où il le désire. Il possède un bras puissant et précis. C'est sans compter qu'il court encore comme un gars dans sa vingtaine. »
Les chiffres ne mentent pas.
Burris n'a besoin que de 13 verges pour devancer la légende Russ Jackson (5045 verges) au chapitre des verges gagnées au sol en carrière par un quart-arrière. Il occupe le cinquième rang derrière Damon Allen (11 920 verges), Tracy Ham (8043 verges), Jackie Parker (5210 verges) et l'ancienne étoile des Rough Riders.
« Quand tu as Henry au sein de ton équipe, tu as toujours une chance de gagner, peu importe qui sont les autres joueurs autour de lui, a affirmé le demi-défensif des Bombers, Johnny Sears.
« Il était finaliste pour le titre du joueur par excellence de la LCF la saison dernière, a rappelé l'entraîneur-chef Mike O'Shea. Je ne considère donc pas Ottawa comme une équipe d'expansion. »