Le quart-arrière du Rouge et Noir, Trevor Harris, remet le ballon au demi offensif William Powell durant le premier match de la saison contre les Roughriders de la Saskatchewan, en juin dernier à la Place TD.

Powell ne s’est pas fait d’amis à Régina

Sa célébration était simpliste, mais elle a piqué au vif les partisans passionnés et très bruyants des Roughriders de la Saskatchewan.

William Powell a mis son index devant la bouche après avoir marqué chacun de ses deux touchés, samedi, dans le gain de 30-25 du Rouge et Noir devant 33 350 personnes au Mosaic Stadium. Un geste qui demandait le silence dans l’endroit.

Tout ça, le demi offensif l’a fait avec un petit sourire en coin.

« Moi, j’ai aimé sa réaction », a soutenu l’ailier défensif A.C. Leonard, mardi, trois jours après cette victoire.

« Tout le monde parlait avant ce match de la foule qui dérange les équipes adverses. J’ai trouvé que c’était un beau clin d’œil que de demander le silence aux amateurs. »

Powell a été la bougie d’allumage du Rouge et Noir dans ce match. Il a porté le ballon 18 fois pour 148 verges.

C’était la cinquième fois en 2018 qu’il dépassait le cap des 100 verges dans une partie.

Une performance qui lui a valu d’être choisi un des trois joueurs de la dernière semaine dans la LCF.

L’athlète natif du Texas a notamment inscrit un touché sur une course de 69 verges qui a donné un coussin de 12 points aux siens, tôt, au quatrième quart. Un jeu qui a assommé les Riders. Un jeu qui s’avérait sa plus longue galopade en carrière au nord de la frontière.

Powell semblait épuisé en parcourant les dernières verges menant vers la zone des buts. La reprise vidéo du diffuseur TSN ne laissait aucun doute.

« Non, non. J’avais encore de l’essence dans le réservoir », a assuré la vedette du Rouge et Noir en riant.

Ce dernier ne l’a pas caché. Il s’est beaucoup amusé à sa dernière visite en Saskatchewan.

« Je dois souligner le travail de mes coéquipiers au sein de la ligne offensive. Ils ont créé des corridors de course pendant toute la partie. Je n’ai que profité de ces occasions pour gagner des verges », a-t-il soutenu.

Powell mène chez tous les porteurs de ballon de la LCF avec 994 verges en 12 parties. Est-ce qu’il réussira à battre le record du plus grand nombre de verges récoltées au sol durant une saison par un joueur d’une franchise d’Ottawa ?

Reggie Barnes avait amassé 1486 verges dans l’uniforme des défunts Rough Riders en 1991. L’année précédente, son compteur s’était arrêté à 1260 verges.

Ce qui s’avère encourageant dans le cas du joueur du Rouge et Noir ?

Il s’apprête à atteindre une marque personnelle samedi prochain lorsque les Eskimos d’Edmonton seront les visiteurs à la Place TD.

Il s’agira d’un 13e match pour William Powell, qui n’a jamais été en mesure de disputer plus de 12 parties en une saison par le passé. Des blessures lui ont coûté six joutes en 2017.

L’année auparavant, le trentenaire l’avait passée à l’infirmerie après être tombé au combat au camp d’entraînement, résultat d’une déchirure d’un tendon d’Achille.

« Je n’ai jamais été en aussi bonne santé, a-t-il avoué. Je dois dire que je prends encore plus soin de mon corps, surtout lors de nos journées de congé. Je ne vais pas m’entraîner si ce n’est pas nécessaire.»

Parlant de demi offensif, le Rouge et Noir en a ajouté un à son équipe d’entraînement mardi. Il a embauché Greg Morris, qui a grandi à Toronto.

Ce dernier jouera le rôle de pneu de secours dans l’éventualité de blessures à des joueurs évoluant au sein des unités spéciales.

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Du Rouge et Noir à la... politique provinciale

Deux ans après avoir disputé son dernier match dans la LCF, un ancien joueur du Rouge et Noir se lance dans la mêlée... politique. Jonathan Beaulieu-Richard reluque le poste de député provincial de Maskinongé, en Mauricie.

Il est devenu candidat indépendant samedi après avoir recueilli les 100 signatures nécessaires. «Ça me mijotait dans la tête depuis un bout de temps», a relaté l’homme âgé de 29 ans, qui avait déjà goûté à la politique à l’école secondaire.

«J’étais ministre de la Santé et du Sport dans le gouvernement du séminaire de Trois-Rivières», a-t-il noté. Sa marraine a déjà été candidate libérale. Beaulieu-Richard a renoué à temps plein avec le métier de pharmacien depuis son départ d’Ottawa en septembre 2016.

Il a disputé quatre saisons dans la LCF, ses deux premières chez les Alouettes. Le spécialiste des unités spéciales a disputé 14 parties dans l’uniforme du Rouge et Noir, dont le match de la coupe Grey en 2015 à Winnipeg.

«Ça fait longtemps que j’observe ce qui se passe avec le système de santé au Québec. J’amène un regard non seulement d’athlète, mais aussi de pharmacien. Je me dis que j’ai une responsabilité de me lancer dans la campagne.» 

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Une erreur de parcours pour les unités spéciales

Le Rouge et Noir a passé la majeure partie de son retour à l’entraînement à peaufiner ses unités spéciales, mardi, à la Place TD.

«Ce n’est pas un hasard», a reconnu le capitaine de cette unité, Jean-Philippe Bolduc. Ses coéquipiers et lui ont accordé deux longs retours de botté pour des touchés lors du dernier match.

«Ce que vous avez vu à Régina s’avère une aberration. Nos unités spéciales, particulièrement en couverture de bottés, ont été les meilleures de la ligue depuis le début de la saison. Je ne suis pas inquiet», a fait valoir l’entraîneur-chef Rick Campbell. Bolduc, lui, parlait «d’une erreur de parcours».

«Dans une saison de 18 parties, tu n’auras pas une fiche sans tache. Encore moins dans une ligue comme la nôtre où il y a un retour sur chaque botté. Ce n’est pas comme dans la NFL.» Ce qui le rassure?

«Nous avons commis des erreurs de quelques centimètres qui se corrigent facilement. Ce n’est pas comme si tu avais un gars du mauvais bord.» Puis il y a la fierté de Bolduc et ses amis qui a été grafignée.

«Les joueurs ici prennent les unités spéciales très au sérieux. C’est le gagne-pain d’une bonne partie des gars, dont moi. Je peux te garantir que ça ne va pas se reproduire.»