Le demi offensif vedette William Powell a connu un fort match face aux Alouettes samedi.

Powell a bien choisi son moment

William Powell avait été limité à 50 verges ou moins à ses quatre sorties précédentes, mais le demi vedette du Rouge et Noir d’Ottawa ne s’inquiétait pas trop du jeu au sol de son équipe.

« Ça va revenir, on a juste à continuer à me donner le ballon et je vais trouver les trous », avait-il dit vendredi, à la veille de l’affrontement contre les Alouettes de Montréal.

Samedi soir, Powell a explosé au bon moment, couronnant la poussée de 69 verges des siens lors des deux dernières minutes de jeu avec un touché sur une course de 10 verges pour un majeur avec 15 secondes à faire pour procurer un gain de 24-17 à la formation locale, devant des gradins remplis à capacité (25 161 spectateurs) à la Place TD.

La poussée avait été amorcée par trois passes complétées par le quart Trevor Harris, qui a réussi 44 de ses 54 passes (le deuxième plus haut total de l’histoire de la LCF, derrière les 45 d’Henry Burris, aussi contre les Alouettes), puis Powell a aussi réussi des courses de 11, 3 et 12 verges avant de tirer les marrons du feu contre les faibles Alouettes, qui encaissaient une septième défaite en huit parties.

« Je voulais définitivement avoir le ballon, le coach voulait que ça soit entre mes mains pour écouler du temps, que ce soit pour botter un placement ou se rendre dans la zone des buts. On a bien déplacé le ballon pendant tout le match, on a eu beaucoup de verges productives par la passe et au sol. Si on peut éliminer les revirements et les punitions, nous allons être corrects », a commenté Powell, qui a amassé 104 verges de gain en 17 courses, une moyenne de 6,1 verges par portée.

Harris, qui a amassé 487 verges par la passe et a lancé une passe de touché (à R.J. Harris) contre une interception coûteuse (elle a été retournée pour un majeur), donnait beaucoup de crédit à la ligne offensive pour cette fin de match qui permettait de faire oublier un peu le revers crève-cœur de 42-41 à Toronto la semaine précédente.

« On a réussi à impliquer tous nos receveurs dans le match, ce qu’on aimerait faire à tous les matches... Nous sommes restés dans le moment (quand il y a eu des revirements), on a fait confiance à notre plan de match. Notre ligne offensive a joué un gros match en ouvrant le chemin pour Will (Powell), ils méritent bien le souper que je vais leur payer cette semaine. Ça va être dans un restaurant de sushis à volonté », a-t-il lancé en riant.

En léthargie récemment, le receveur Greg Ellingson a capté 11 passes pour 110 verges, alors que Brad Sinopoli en a attrapé huit pour 83 verges. Dointae Spencer a ajouté six attrapés pour 74 verges, faisant oublier un peu une bombe échappée au premier quart qui aurait dû être un touché. Le centre arrière Jean-Christophe Beaulieu a fait oublier un échappé de début de match avec quatre attrapés pour 52 verges, dont un qui a mené au troisième placement du match de Lewis Ward (son 22e de suite) qui a créé l’égalité 17-17 avec quatre minutes à jouer.

« C’était un de ces matches qui allait dans les deux sens et c’est bien qu’on ait réussi à trouver un moyen de l’emporter à la fin. On ne prend jamais la victoire pour acquise. C’est une grosse victoire contre un adversaire de l’Est, une victoire à domicile. Je nous vois maintenant comme un club qui a une fiche de 5-3, mais qui a encore beaucoup de travail à faire », a commenté l’entraîneur-chef Rick Campbell tard samedi soir.

Le secondeur québécois du Rouge et Noir Antoine Pruneau n’a pas terminé le match, ayant quitté au troisième quart en raison de ce qui semblait être une blessure à la cuisse droite. On devrait en savoir plus sur ses chances d’être du prochain match, vendredi à Winnipeg, après l’entraînement de lundi midi à la Place TD. Il a quand même terminé le match avec cinq plaqués, un sommet chez le Rouge et Noir dans cette rencontre.

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MANZIEL A FAIT BIEN MEILLEURE IMPRESSION

Dans le coin du vestiaire du Rouge et Noir tard samedi soir, on entendait parfois des « Johnny Who » ?

Johnny qui ? Johnny Manziel, évidemment.

À son deuxième départ dans la LCF, celui-ci a fait pas mal meilleure impression qu’à sa première sortie, quand il avait lancé quatre interceptions dans un revers de 50-11 contre Hamilton.

Dans le revers de 24-17 contre Ottawa samedi soir, « Johnny Football » a été solide, complétant 16 de ses 26 passes pour 168 verges, sans commettre de revirement. Il a presque couru pour un touché, échappant le ballon lorsque plaqué solidement à la ligne des buts, où son coéquipier Kristian Matte a recouvert le ballon pour lancer Montréal en avant 17-11 au troisième quart.

Même si sa ligne offensive est assez inexpérimentée, Manziel n’a été victime que de deux sacs, échappant à quelques occasions à ses poursuivants avec de bonnes feintes et sa rapidité.

« J’aurais dû l’avoir deux fois plutôt qu’une », a dit l’ailier défensif du Rouge et Noir A.C. Leonard, qui a ponctué son sac au deuxième quart avec le signe « Money », popularisé par Manziel quand il était à Texas A&M. À ce sujet, il a ajouté ; « Je devais le faire, man, pas le choix... Il est pas mal bon, il faut lui donner ça, il vaut toute la publicité qu’il obtient. Il va être bon dans cette ligue, j’en suis convaincu. »

L’entraîneur-chef Rick Campbell a été impressionné lui aussi. « Il est capable de faire des jeux avec ses pieds, il est très rapide et mobile. Quand ils font des jeux d’attirée ou qu’il sort de la poche protectrice et qu’il scramble, il peut faire de beaux jeux », a-t-il dit.

Le principal intéressé donnait du crédit à la défensive ottavienne, mais il était aussi content de la progression montrée par son équipe. « Pour nous, tout n’est pas une question de victoires et défaites présentement, il faut montrer une amélioration de semaine en semaine. C’est ce qu’on a fait, même si on déteste avoir perdu ce match de cette façon... Sur notre touché, je me sentais comme si j’étais entré dans un mur de briques. Ils frappent forts en défensive, mais comme je leur ai dit, ça va prendre plus que ça pour me sortir du match. Je dois donner du crédit à leur défensive, ils nous ont fait manquer quelques jeux et ils en ont réussi quelques-uns de plus que nous en attaque, ce qui est OK. On s’est quand même beaucoup améliorés, surtout qu’on n’a pas commis de revirements », a noté Manziel.