Le secondeur du Rouge et Noir Jason Pottinger a les intérêts des écoliers kenyans à coeur.

Plaquer pour la bonne cause

Il y a des secondeurs qui plaquent pour le plaisir. D'autres pour aider leur équipe ou tout simplement faire mal à l'adversaire.
Jason Pottinger, lui, frappera des joueurs pour aider une communauté du Kenya à se doter de latrines. Oui, des bécosses.
Le vétéran du Rouge et Noir participera à l'initiative «Tackle 4 Toilets» lorsque ses coéquipiers se rendront au Rogers Centre, le 7 novembre, afin d'affronter son ancienne équipe, les Argonauts de Toronto. Il avait déjà donné un coup de main lors des trois dernières années à l'organisme Connecting Countries.
«Cette initiative permet d'amasser des fonds pour la construction de latrines dans des écoles primaires au Kenya. Plusieurs de ces écoles sont menacées de fermeture car elles ne possèdent pas certaines installations de base, dont ça», a expliqué Pottinger, qui entame sa neuvième saison dans la LCF.
Il s'agit toutefois de sa première année à Ottawa.
Le Rouge et Noir l'a réclamé au repêchage d'expansion en décembre, les Argos ayant décidé de ne pas le protéger.
«Un choc sur le coup», a avoué Pottinger, qui semble s'en être bien remis. Il a vite découvert sa nouvelle ville d'adoption.
«Une ville très intéressante Ottawa. J'habite à proximité du marché By. L'action ne manque pas ici dans la région!»
Ce commentaire, il l'a laissé tomber, sourire en coin.
Ce détenteur d'une maîtrise en administration est heureux ces jours-ci. Il se prépare justement à affronter le club qui l'a laissé tomber après un mariage de cinq ans marqué par une conquête de la coupe Grey.
Les Argos seront les premiers visiteurs à la Place TD, vendredi soir.
«Un match qui sera spécial pour moi. J'ai plusieurs bons amis au sein de cette équipe-là. J'ai joué avec certains gars pendant cinq ans. Il y en a d'autres que je connais depuis mes années universitaires, a soutenu Pottinger.
«Mais une fois sur le terrain, j'ai l'intention de leur botter le derrière.»
A-t-il une cible en particulier?
«Je ne ferai pas de favoritisme», a-t-il répondu, sourire en coin à nouveau. Tout le monde sur son chemin écopera.
Jason Pottinger a grandi dans la région de Toronto, plus précisément à Whitby.
«Gagner la coupe Grey avec l'équipe de mon patelin a été un grand moment pour moi. En plus, la victoire avait été obtenue sur notre terrain», a-t-il rappelé.
L'athlète âgé de 31 ans a contribué au succès des Argos autant sur le terrain que dans la communauté. On le voyait partout, même à pratiquer du joga - une forme de yoga destinée aux athlètes élites - au petit écran en compagnie d'animatrices assez jolies.
«Du yoga beaucoup plus intense», a-t-il précisé.
Pottinger continue à recourir au joga depuis son passage à Ottawa. Aucun de ses coéquipiers n'y a été initié jusqu'ici.
L'équipe a des trucs plus urgents à régler.
«Notre fiche de 0-2 démontre que nous avons encore beaucoup de travail à faire. Mais en même temps, deux parties ne font pas une saison. Nous savons très bien ce que nous devons amélioré dans notre jeu. C'est pourquoi nous sommes ici pendant plusieurs heures à l'entraînement», a-t-il dit en regardant autour de lui, les pieds bien plantés sur la surface synthétique de la Place TD.