Flanqué de l'un de ses garçons, l'ancien quart-arrière Henry Burris a été fêté par le Rouge et Noir, samedi dernier à la Place TD, voyant l'équipe retirer son numéro 1. Il est hors de question d'un retour au jeu pour lui.

Pas question de lancer un S.O.S. à Burris

Marcel Desjardins se doutait bien que la question allait être posée. Sa réponse s'est limitée à un seul mot qui a clos rapidement un dossier.
Est-ce que le Rouge et Noir a songé à contacter le nouveau retraité Henry Burris afin de porter secours à son ancien club qui vient de perdre les services du quart-arrière Trevor Harris? «Non», a répondu sèchement le directeur général franco-ontarien, mardi matin, à la Place TD.
Est-ce que Burris a appelé l'organisation dans les dernières heures? «Non», a répété Desjardins.
Ce dernier rencontrait la presse afin de faire le point sur la blessure à l'épaule droite de Harris. Un bobo qui s'avère finalement une entorse selon les médecins des champions en titre de la coupe Grey.
«Il sera absent pendant quelques semaines... Ça pourrait être deux, trois, quatre ou cinq semaines, a affirmé Desjardins.
«À un certain moment durant sa guérison, Trevor devra décider quel niveau de douleur il est prêt à endurer afin de lancer le ballon», a-t-il enchaîné.
Harris est tombé au combat samedi dans le revers contre les Tiger-Cats de Hamilton. Au même moment où il était plaqué durement contre le sol par deux joueurs adverses, Burris se trouvait dans la loge de l'équipe de diffusion de TSN, analysant en direct l'action.
Le descripteur s'est empressé de lui demander s'il considérerait revenir au jeu. Surtout que l'organisation venait de retirer, une vingtaine de minutes auparavant, son numéro 1 lors d'une cérémonie à la mi-temps.
«Non, non», avait soutenu Burris.
Le Rouge et Noir a placé le nom de Trevor Harris sur la liste des blessés pour six semaines. Mais il pourra le retirer plus tôt si nécessaire, a rappelé Marcel Desjardins.
La direction se tournera maintenant vers Drew Tate pour diriger l'attaque. La recrue américaine et ancien quart des Cardinals de l'Arizona, Ryan Lindley, sera son substitut.
Un nouveau quart sera embauché dans les prochaines heures pour servir de plan C ou D dans l'éventualité de blessures additionnelles à cette position. «Oui, c'est frustrant, a avoué Desjardins.
«Mais une blessure à un quart-arrière partant est déjà survenue par le passé au sein d'autres clubs. Nous aussi nous avons vécu pareille situation l'an dernier. Il n'y a rien que tu puisses y faire.»
Les Argonauts de Toronto ont dû se débrouiller deux parties sans leur vedette Ricky Ray cette saison. Les Lions de la Colombie-Britannique ont aussi été privés de Jonathon Jennings à un certain moment.
Quant aux Roughriders de la Saskatchewan, ils pourraient devoir se débrouiller sans les services du vétéran Kevin Glenn.
Reste que la ligne offensive du Rouge et Noir devra faire un meilleur travail afin de protéger son nouveau quart. Harris a été victime de 29 sacs lors des 12 premières parties de 2017.
Tate se pointe en relève avec une réputation d'un bras puissant et précis, mais d'un corps fragile. Il a subi son lot de blessures depuis son arrivée dans la LCF en 2007.
Marcel Desjardins a offert un vote de confiance aux cinq membres de la ligne offensive, de SirVincent Rogers à Jason Lauzon-Séguin en passant par Alex Mateas, Jon Gott et Nolan MacMillan. Il l'a qualifiée de l'une des meilleures unités de la LCF.
«Mais honnêtement, elle ne joue pas toujours comme la meilleure ligne offensive...», a-t-il fini par avouer.
«Parfois, quand nous sommes victimes d'un sac, ce n'est pas de sa faute», a-t-il rappelé.
Une demie de jeu à oublier
La récente défaite du Rouge et Noir laisse encore un goût amer dans la bouche de ses dirigeants.
Surtout, c'est la performance de l'équipe en première demie contre la pire formation de la LCF qui en fait rager certains. Les Tiger-Cats menaient 23-7 à la mi-temps.
« Je ne peux pas te dire sur bande audio ou vidéo comment je me sentais, a avoué le directeur général Marcel Desjardins.
«C'était très difficile à regarder cette demie.... Il n'y avait aucun sentiment d'urgence... C'est ça qui est ça.»
Ça semble agacer drôlement le patron.
«Nous avons apporté des ajustements en deuxième demie, mais c'était trop peu trop tard», a ajouté Desjardins.
Est-ce la faute des joueurs qui ont pris à la légère un adversaire ayant une seule victoire à sa fiche ? Ou est-ce la faute des entraîneurs qui auraient mal préparé leur équipe ?
«C'est la faute de tout le monde. Tu ne peux pas montrer du doigt un individu ou un groupe de personnes en particulier. Tout le monde doit s'assurer que pareil scénario ne se reproduira pas.»
Maher peu précis
Le botteur Brett Maher a raté deux tentatives de placement dans cette partie, dont une de 25 verges. Chaque fois, le Rouge et Noir a dû se contenter de simples.
Les quatre points jetés aux poubelles auraient pu permettre à Ottawa de forcer la prolongation.
Desjardins dit que son équipe ne tentera pas de trouver un nouveau botteur. Maher a raté deux tentatives également la semaine précédente à Montréal.
«Botter, c'est comme un élan au golf. Parfois, tu dois essayer de régler quelques petites anomalies et retrouver ta confiance.»