Le porteur de ballon des Blue Bombers de Winnipeg, Andrew Harris, a remporté le titre de joueur canadien par excellence, jeudi soir, lors du gala annuel de la LCF à Ottawa. Il a devancé au scrutin le receveur du Rouge et Noir, Brad Sinopoli.

Pas de trophées pour le Rouge et Noir

Le Rouge et Noir a dû se contenter d’un rôle de figurant, jeudi soir, au gala annuel de la Ligue canadienne de football (LCF) présenté à Ottawa.

Deux de leurs joueurs étaient en lice pour un prix. Mais le receveur Brad Sinopoli a vu le panel d’électeurs lui préférer le porteur de ballon des Blue Bombers de Winnipeg, Andrew Harris, pour le titre de joueur canadien par excellence de la dernière saison.

Quant à Diontae Spencer, il n’a récolté que 16 des 77 votes de premières places pour le titre de joueur par excellence au sein des unités spéciales décerné au rapide Roy Finch, des Stampeders de Calgary. Ironiquement, ce dernier s’avère un ancien joueur du Rouge et Noir, ayant disputé cinq parties en 2014.

« J’avais zéro chance de gagner », a avoué Sinopoli, qui cède le trophée qu’il avait remporté à pareille date l’an dernier.

« Andrew a connu une saison historique. Il est même passé près de devenir le premier joueur de l’histoire de notre ligue à cumuler 1000 verges au sol et 1000 verges sur des réceptions. J’ai suivi ces derniers matches de très près. Je voulais tellement le voir réussir cet exploit. »

Sinopoli s’est présenté au gala tenu au centre Shaw avec le bras droit dans une attelle. Il vient d’être opéré à l’épaule. Les médecins lui ont réparé des ligaments.

« J’en ai encore un bout comme ça », a prévenu le joueur étoile du Rouge et Noir, qui peut devenir agent libre en février.

« Mon désir est de demeurer à Ottawa. Pour y arriver, il faudra trouver une façon de s’entendre sur un nouveau contrat, l’équipe et moi. »

Reilly, le meilleur

Parlant des Stampeders, ils ont été honorés à deux reprises jeudi soir. En plus de Finch, le secondeur Alex Singleton a été primé joueur défensif par excellence. Il a établi un record pour le plus grand nombre de plaqués défensifs par un Canadien avec 123.

Le quart-arrière des Eskimos d’Edmonton, Mike Reilly, a été le grand vainqueur de cette soirée. Il est devenu le premier représentant de l’équipe albertaine en 28 ans à recevoir le prix de joueur par excellence de la LCF.

Reilly a mené le circuit au chapitre des verges par la passe (5830), des touchés au sol (12) et de la cote d’efficacité du quart-arrière (87,1). Il a obtenu 64 votes de première place, les 13 autres allant au quart des Argonauts de Toronto, Ricky Ray.

À défaut de gagner, Ray a vu son coéquipier James Wilder Jr remporter le titre de recrue par excellence. Il s’est pointé au podium accompagné par tous les membres de la ligne offensive.

« Nous avons un trophée beaucoup plus important que celui-là à ramener à Toronto dans quelques jours », a dit Wilder en faisant allusion à la coupe Grey. Son patron Marc Trestman, lui, a été nommé entraîneur-chef de l’année.

Le bloqueur des Blue Bombers de Winnipeg, Stanley Bryant, a mis la main sur le trophée du joueur de ligne par excellence tandis que le receveur Adarius Bowman, des Eskimos, a été le récipiendaire du prix Tom-Pate pour son esprit d’équipe exemplaire.

Le Prix du commissaire, décerné annuellement à une personne qui a apporté des contributions significatives au football canadien, a été décerné à titre posthume à l’ancien joueur des Rough Riders, Rick Sowieta, qui est décédé d’un cancer en août.

LE PERSÉVÉRANT BRODEUR-JOURDAIN RÉCOMPENSÉ

Luc Brodeur-Jourdain sait que sa carrière tire vers la fin. Le visage francophone des Alouettes de Montréal espère disputer une dixième saison en 2018 si le nouvel entraîneur-chef voudra de lui.

En attendant de connaître son sort, le centre âgé de 34 ans savoure sa semaine à Ottawa. Il a notamment accepté un prix, jeudi, au gala de la LCF. Le trophée des anciens combattants Jake-Gaudar est décerné chaque année à un joueur canadien du circuit qui affiche le mieux les attributs dont les vétérans ont fait preuve, soit la force, la persévérance, le courage, la camaraderie et l’implication communautaire.

« Souvent, on dit que les joueurs de football sont des guerriers, mais ce que nous vivons, même si c’est éprouvant physiquement et mentalement, n’est aucunement comparable aux sacrifices que font nos militaires », a souligné Brodeur-Jourdain.

Le nom de Luc Brodeur-Jourdain est synonyme de persévérance chez les Alouettes de Montréal.

Ce dernier en sait quelque chose. Il s’est rendu en Afghanistan à deux reprises en 2011 puis 2013. « Une visite à Kandahar et une à Kaboul afin de supporter nos troupes, a-t-il précisé. Ils combattent pour défendre des valeurs profondes comme l’égalité et le droit à la sécurité sociale... le droit à la vie. Quand je suis revenu en Amérique du Nord, ma vision de la vie a changé. »

Il s’agit de la deuxième année de suite que Brodeur-Jourdain était en lice pour ce prix. Son nom est synonyme de persévérance chez les Alouettes.

Dernier joueur sélectionné au repêchage en 2008, le produit du Rouge et Or de l’université Laval a aidé Montréal à gagner la coupe Grey deux ans de suite en plus de terminer ses études universitaires. Il a effectué 97 départs consécutifs sur la ligne offensive avant de subir une blessure à un genou à la fin de la saison 2015.

Brodeur-Jourdain a pu reprendre son poste de centre en 2017.

À l’extérieur du terrain, il s’avère un pilier du programme « Ensemble à l’école » des Alouettes en plus de s’impliquer au sein de la Fondation Mira qui jumelle les personnes non voyantes avec des chiens guides. Le colosse de 6’2’’ et 326 livres a notamment participé à Défi-Vision, guidant un coureur automobile non-voyant sur une piste de course.