Winston October cédera sa place au vétéran Joe Paopao dès samedi à Régina contre les Roughriders.

Paopao dirigera l’attaque du Rouge et Noir

Le Rouge et Noir tente par tous les moyens de survolter son attaque en panne. Sa dernière idée ? Remplacer l’instructeur responsable d’appeler les jeux offensifs durant les matches.

Winston October cédera sa place au vétéran Joe Paopao dès samedi à Régina contre les Roughriders. Avant-dernier au classement de la division Est, Ottawa (3-6) tentera alors de retrouver le sentier de la victoire après avoir perdu six de ses sept dernières parties.

Les finalistes de la coupe Grey ont marqué en moyenne que 19,14 points par rencontre en 2019. Ils ne montrent que 11 touchés offensifs, ce qui les place au dernier rang à ce chapitre dans la LCF.

«Pourquoi le changement ? Nous n’avons pas progressé comme nous le devions. Si tu continues à faire la même chose semaine après semaine et ça ne fonctionne pas, tu dois corriger le tir, a expliqué le directeur général Marcel Desjardins.

«Nous espérons que Joe amènera une nouvelle énergie», a ajouté l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Paopao, 64 ans, a été quart-arrière dans la LCF durant les années 1980, dont une saison chez les défunts Rough Riders d’Ottawa. Il a par la suite été entraîneur un peu partout, dont quatre saisons à la barre des défunts Renegades d’Ottawa.

À l’époque, Paopao avait hérité d’un jeune quart-arrière mobile sans expérience en tant que partant. Kerry Joseph portait le numéro 4 tout comme Dominique Davis, l’actuel quart du Rouge et Noir.

On connaît la suite. Joseph est devenu une étoile dans la LCF, menant même la Saskatchewan à une conquête de la coupe Grey en 2007.

Davis, qui avait toujours été un substitut dans la NFL et LCF, a hérité de la lourde tâche de succéder à Trevor Harris en 2019. Jusqu’ici à sa première année en tant que partant, il n’a complété que cinq passes de touché tout en étant intercepté 11 fois en sept départs.

«Je crois en Dominique, a insisté Paopao.

«Il s’agit de sa huitième ou neuvième année chez les pros. Donc ça veut dire que plusieurs gens ont cru dans son potentiel. Il suffit pour lui d’apprendre à compléter les jeux, que ce soit en courant avec le ballon, en le lançant tout en étant en mouvement à l’extérieur de la pochette de protection ou d’accepter d’encaisser un dur plaqué.»

En plus d’hériter de la tâche d’appeler les jeux offensifs, Paopao s’est vu remettre le titre d’instructeur des quarts. Il pourra puiser dans son expérience de joueur pour épauler Davis.

Le Rouge et Noir l’avait embauché en avril en tant qu’entraîneur des porteurs de ballon. Il avait jonglé avec l’idée d’en faire son coordonnateur offensif à l’époque afin de combler le départ inattendu de Jaime Elizondo.

Au final, la direction avait opté de miser sur October, l’entraîneur des receveurs, pour concevoir les jeux et les appeler lors des matches. Les résultats ont été décevants.

«Ça aurait été injuste de demander à Joe à quelques semaines de la saison d’appeler les jeux. Maintenant, il a eu le temps d’apprivoiser notre terminologie», a soutenu Campbell.

Paopao a le feu vert pour ajouter des jeux au cahier. En fait, ses patrons s’attendent à voir de la nouveauté.

«Ça sera varié, a affirmé Desjardins. Il y aura du nouveau et des choses que nous faisons déjà à l’attaque. Nous allons avoir moins de jeux, mais nous allons mieux les exécuter.»

Déjà à l’entraînement, un truc sautait aux yeux. On tentait d’exploiter la mobilité de Davis.

Jusqu’ici en 2019, le quart américain a seulement gagné 102 verges au sol, portant le ballon 25 fois. Cinq quarts ont mieux fait que lui à ce chapitre à travers le circuit.

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UN PLAQUEUR FRANCO-ONTARIEN EN RENFORT

L’infirmerie n’a jamais débordé de la sorte en six saisons à la Place TD.

Les noms de 13 joueurs du Rouge et Noir se trouvent sur la liste des blessés pour six parties. C’est sans compter la liste des éclopés moins majeurs.

Et voilà que le plaqueur le plus connu de l’équipe, celui qui porte fièrement la coupe Longueil, est mal en point. Mike Klassen souffre de problèmes au dos.

C’est pourquoi il y avait un nouveau joueur qui s’entraînait lundi au sein de la ligne défensive. Plus précisément un Franco-Ontarien et ancien choix de première ronde des Lions de la Colombie-Britannique.

Julien Laurent était un plaqueur heureux de remettre les pieds sur le terrain. Il était sans emploi depuis le mois de juin.

Les Lions l’avaient libéré à la fin du camp d’entraînement, un an après l’avoir sélectionné si tôt au repêchage.

« Je m’attendais à rebondir ailleurs plus vite que ça. Mais mon agent m’avait prévenu. Que ça prendrait probablement une blessure à un joueur avant que j’aboutisse au sein d’une nouvelle équipe », a soutenu Laurent, qui a grandi à Toronto.

« Mon père avait une ferme à Saint-Jean-sur-Richelieu. À un certain moment, il a décidé d’aller assister à un festival de jazz à Toronto. Il a raconté une femme de la Jamaïque qui allait devenir ma mère », a-t-il relaté.

Laurent fait 6’3’’ et 291 livres. Le colosse âgé de 26 ans a évolué dans la NCAA, à Georgia State.

Le Rouge et Noir l’avait dans sa mire au repêchage en 2018, mais il avait finalement opté pour Mark Korte, devenu l’actuel bloqueur à gauche à sa deuxième saison dans la LCF.

Laurent a disputé sept parties l’an dernier chez les Lions, réussissant deux plaqués.

Il avait été limité à un rôle de réserviste.

« Je savais que ça ne regardait pas bien pour moi là-bas quand je n’ai pas participé au dernier match hors-concours ce printemps. Je ne correspondais pas au style de jeu que voulait pratiquer notre nouvel entraîneur, a-t-il dit.

«Je crois encore par contre que je peux connaître une longue carrière dans la LCF.»

Et il y a un truc que Julien Laurent a tenu à souligner. Il n’est pas le frère ou le cousin du redoutable plaqueur des Tiger-Cats de Hamilton, Ted Laurent. Les deux hommes ne possèdent aucun lien de parenté malgré le nom de famille identique.

«Plusieurs personnes me posent souvent la question», a-t-il souligné.