Trevor Harris est à l'écart du jeu, mais le Rouge et Noir ignore pour combien de temps.

Ottawa 22, Hamilton 26: Harris blessé au bras droit

Une question, une seule, devrait monopoliser l'attention alors qu'une nouvelle semaine de travail débute à la Place TD.
Combien de temps ?
Le quart-arrière vedette du Rouge et Noir d'Ottawa, Trevor Harris, n'a pas été capable de terminer le match de samedi. Il était sur les lignes de côté, le bras droit coincé dans une écharpe, alors que s'écoulaient les dernières secondes d'un match perdu 26-22 contre les Tiger-Cats de Hamilton.
Le bras droit est celui grâce auquel il gagne sa vie.
La question se pose donc. Combien de temps devra-t-il attendre avant de guérir ? Pendant combien de temps devra-t-il s'absenter de son lieu de travail ?
« Nous n'en savons pas trop en ce moment », a déclaré Rick Campbell.
L'entraîneur-chef agissait à titre de porte-parole officiel de l'organisation, après la partie.
Harris a refusé de s'adresser aux représentants des médias.
« Je sais que cette blessure ne devrait pas compromettre sa saison. Rien du genre. On en saura davantage d'ici quelques jours. Les prochaines heures devraient être déterminantes. En attendant, nous avons le droit d'espérer une absence de courte durée », a résumé l'entraîneur-chef.
Harris s'est blessé durant le troisième quart. Il a été rudement plaqué au sol par le plaqueur des Tiger-Cats Davon Coleman. L'ancien des Cowboys de Dallas pèse près de 300 livres.
« Trevor est un dur. Il n'est pas du genre à sortir d'un match de football pour des peccadilles », indique Campbell.
« Au moins, je vous répète que les premières nouvelles que nos médecins nous ont données ne sont pas trop mauvaises. Il ne devrait pas s'absenter trop longtemps. »
Campbell semblait s'inquiéter davantage du reste de son équipe, en fait.
Le Rouge et Noir venait de rater une très belle occasion de consolider son emprise sur le premier rang de la division Est de la Ligue canadienne de football (LCF). La première demie fut particulièrement difficile. Incapables de composer avec le robuste quart Jeremiah Masoli, les joueurs de Campbell sont rentrés au vestiaire avec un déficit de 23-7.
« Nous avons connu un mauvais départ, c'est aussi simple que ça. Ils sont sortis de leur vestiaire avec la bonne attitude. Ils voulaient nous arracher la tête. C'est l'attitude qu'il faut adopter sur la route », a commenté le porteur de ballon Mossis Madu.
Tate solide
Ce dernier n'a pas trop souffert en l'absence de Harris. Il a capté une passe spectaculaire de 37 verges de son remplaçant, Drew Tate.
En réalité, le quart-arrière numéro deux du Rouge et Noir a plutôt bien réussi son premier gros test. Il a complété huit de ses 14 tentatives de passes. Une autre bombe, de 29 verges, a permis au demi inséré recrue Joshua Stangby d'inscrire son deuxième touché en autant de matches.
« Nous avions amplement le temps de remonter la pente. Je suis un compétiteur. Je ne doute jamais de moi. Je n'ai simplement pas été capable de saupoudrer suffisamment de poudre magique sur tout le monde pour aller chercher la victoire. »
Tate pourrait fort bien être le quart partant d'Ottawa, la fin de semaine prochaine, lorsque le Rouge et Noir rendra visite aux Alouettes de Montréal. « Je connais bien ce gars-là. Je sais qu'on peut gagner avec lui. On peut compter sur lui », croit Campbell.
Burris avec les immortels de la Place TD
Russ Jackson, quart-arrière étoile des Rough Riders d'Ottawa entre 1958 et 1969, était présent à la Place TD, samedi soir. À la mi-temps, il a dévoilé la bannière rendant hommage à Henry Burris.
La direction du Rouge et Noir a réussi à garder le secret. Lorsqu'il s'est pointé sur le terrain à la mi-temps, samedi soir, Henry Burris n'avait aucune idée de ce qui l'attendait.
On lui a demandé de lever les yeux vers les gradins du côté sud. Russ Jackson, un autre quart-arrière qui a marqué l'histoire du football à Ottawa, était là. Il a dévoilé une bannière toute neuve.
Le numéro 1 que Burris a porté entre 2014 et 2016 est allé rejoindre le numéro 12 de Jackson sur le mur de la renommée.
Le jeune retraité du sport fait désormais partie des immortels de la Place TD.
Cette surprise lui a arraché une larme. Ou deux.
« Ça m'a vraiment fait chavirer. Je ne m'attendais vraiment pas à cela », a-t-il confié lorsqu'il a fait une petite virée dans la tribune de la presse, une vingtaine de minutes plus tard.
« Mes parents sont ici avec moi, a-t-il rappelé. Ce sont des gens importants, pour moi. Je ne serais pas devenu l'homme que je suis aujourd'hui sans eux. Ma femme est ici. Mes garçons aussi. J'ai croisé quelques-uns de mes meilleurs amis depuis le début de la soirée. Je viens, devant tous ces gens, de réaliser un rêve. C'est un rêve que je ne croyais pas accessible. »
« Quelqu'un va me pincer bientôt et je vais me réveiller », a-t-il enchaîné, incrédule.
Burris a officiellement accroché ses crampons l'hiver dernier, à l'âge de 41 ans.
Il a mis un terme à une carrière qui a duré près de 20 ans. Durant ses deux séjours au Canada, il a évolué à Calgary, en Saskatchewan ainsi qu'à Hamilton.
Durant une absence de trois ans, entre 2001 et 2003, il a vécu à Green Bay, à Chicago ainsi qu'à Berlin.
Il a toutefois choisi de s'installer à Ottawa, la ville où il a passé ses trois dernières saisons.
Il a remporté, avec le Rouge et Noir, le dernier championnat de sa carrière.
D'ailleurs, la direction du club lui a fait un cadeau à la fois original et unique. On lui a remis une réplique grandeur nature de la coupe Grey, sculptée dans un billot de bois.
Lorsqu'on lui a remis le micro, sur le terrain, un Burris surexcité a cru bon s'adresser aux enfants dans l'assistance. « J'ai moi-même été retranché par des équipes sportives durant ma jeunesse. Ça m'est arrivé à plus d'une reprise. Ne renoncez jamais à vos rêves », a-t-il hurlé.
« Je sais que plusieurs jeunes enfants participent ces jours-ci à des camps de sélection au hockey. Il n'est jamais facile de se faire retrancher », a-t-il expliqué, plus tard.
Les garçons Burris ne pourront pas emprunter la coupe de bois pour leurs compétitions amicales à la maison. « Pas question ! Ce trophée ne quittera jamais la maison ! »