Rick Campbell voit d’un bon œil la lutte entre Jonathon Jennings (3) et Dominique Davis (4) pour le poste de quart-arrière. La compétition a tendance à pousser les joueurs à se dépasser, souligne l’entraîneur-chef du Rouge et Noir.

Nouveau quart-arrière du Rouge et Noir : bataille à deux à la Place TD

Le Rouge et Noir se retrouve dans une situation inhabituelle au camp d’entraînement. Pour la première fois de son histoire, il ignore l’identité de son quart-arrière partant en vue de la prochaine saison.

Henry Burris était bien en selle en 2014, 2015 et 2016. Puis Trevor Harris était clairement son successeur en 2017 et 2018.

Qui sera l’heureux élu pour diriger l’attaque en 2019 ? Rick Campbell possède trois semaines pour trouver la réponse.

« C’est une compétition ouverte », a reconnu l’entraîneur-chef lors des deux derniers jours au camp d’entraînement à la Place TD.

Plus précisément, il s’agit d’une lutte à deux.

D’un côté, il y a l’éternel substitut, Dominique Davis, qui était le pneu de secours à Harris la saison dernière, à Ottawa. De l’autre bord, on retrouve Jonathon Jennings, un ancien quart étoile des Lions de la Colombie-Britannique qui espère relancer sa carrière dans la LCF.

Dimanche, Davis était aux commandes de la première unité offensive à l’entraînement. Puis lundi, c’était le tour de Jennings.

« Vous allez remarquer que nous allons les alterner d’une séance à l’autre. Ils le savent déjà. Ça ne signifie nullement que l’un est le quart numéro un, l’autre le numéro deux », a prévenu Campbell.

Les deux candidats verront beaucoup d’action lors des deux matches hors-concours contre Hamilton et Montréal. La saison commencera le 15 juin dans une reprise du match de la coupe Grey contre les Stampeders à Calgary.

« La seule chose qui va guider notre choix est le quart qui nous offre la meilleure chance de gagner. C’est ce que nous allons découvrir dans les prochaines semaines, a soutenu le coach. Parfois, ça peut s’avérer rassurant de savoir qui est le numéro un. La compétition a toutefois tendance à forcer les joueurs à se dépasser (...) Je suis excité de voir ce qui va se passer. »

Jennings, 26 ans, se disait lui aussi « excité ». « Je suis heureux d’obtenir un nouveau départ. J’en avais besoin », a-t-il soutenu.

Les deux dernières saisons ont été difficiles pour lui. Il a accumulé plus d’interceptions (26) que de passes de touché (24). Tout ça après avoir été dominant en 2016 à sa première année en tant que quart numéro un à Vancouver.

L’Américain natif de Columbus avait alors complété 67 % de ses passes pour 5226 verges et 27 passes de touché. On le qualifiait alors de future vedette.

« Parfois, un environnement ou des entraîneurs peuvent avoir un effet négatif sur les performances d’un joueur. Ça semble avoir été le cas en Colombie-Britannique. Le changement va faire du bien. »

« Je sais que j’ai le talent. La saison que j’avais connue il y a trois ans n’est pas un accident de parcours. »

Jennings a décidé de calquer son entraînement hivernal sur celui de... Tom Brady. « Ça semble être une formule qui fonctionne pour lui », a-t-il lancé, sourire en coin, en parlant du quart étoile de la NFL.

De son côté, Davis, 29 ans, affirme aussi être « excité ». « Parce que j’obtiens enfin l’occasion de me battre pour un poste de partant dans la LCF », a-t-il rappelé.

En 2015 à Calgary, Bo Levi Mitchell était déjà enraciné. Puis lors des deux saisons suivantes à Winnipeg, Matt Nichols était l’homme de confiance.

« Je me sens prêt. J’ai beaucoup appris en côtoyant Bo, Matt de même que Trevor l’an dernier. Je crois aussi avoir démontré la saison passée que je pouvais m’épanouir dans le système de jeu ici quand on a fait appel à moi. »

Davis avait complété 16 de 23 passes pour un touché lors du dernier match régulier contre Toronto. À quand remonte la dernière fois qu’il a été un quart partant pour entamer une saison ?

« Il y a huit ans dans les rangs collégiaux », s’est-il rappelé.

Davis évoluait alors à East Carolina. Il avait notamment battu un record de la NCAA détenu par Aaron Rodgers en complétant 36 passes consécutives sur une période de deux parties.

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LE ROUGE ET NOIR EN BREF

Un espoir québécois claque la porte

Marcel Desjardins baigne dans la LCF depuis le milieu des années 1990. Il en a vu de toutes sortes. Mais une surprise l’attendait ces derniers jours.
Un de ses choix élevés au dernier repêchage a décidé de plier bagage après une seule séance d’entraînement au camp des recrues. Le porteur de ballon Gabriel Polan a été suspendu par le Rouge et Noir durant le week-end. 

« Il a quitté jeudi matin. Il n’était pas confortable. À part ça, il n’y a pas grand-chose que je puisse dire », a relaté le DG en français. « Il nous a dit que c’était trop pour lui et qu’il voulait partir », a ajouté Desjardins en anglais. Polan avait été sélectionné en troisième ronde au début du mois par Ottawa. Il faisait partie des candidats pour un poste au sein des unités spéciales.

« C’est rare que ça arrive ça, a affirmé Desjardins au sujet du départ soudain de l’espoir francophone. J’ai déjà vu pareille chose se produire chez des joueurs américains en raison du jeu différent ici. Mais pas chez les jeunes Canadiens, surtout ceux qui participent au camp d’évaluation des espoirs de la LCF avant le repêchage. » 

Polan n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue du Droit. « Gabriel ne commentera pas », s’est contenté de dire son agent Fred Weinrauch lorsque relancé à ce sujet.
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De quoi faire oublier les Renegades

Debout sur les lignes de côté à la Place TD, Joe Paopao regardait autour de lui et ne cessait de sourire.
« Les choses ont changé pour le mieux ici. C’est beau à voir », a-t-il lancé, lundi midi, après la séance d’entraînement du Rouge et Noir. 

Le sexagénaire effectue un retour à Ottawa en tant qu’instructeur des porteurs de ballon, 14 ans après la fin de son règne à titre d’entraîneur-chef des défunts Renegades. À l’époque, Ottawa était la risée de la LCF. Tout le contraire ces jours-ci.
« La direction traite tout le monde très bien ici. Tout ce dont nous avons besoin pour connaître du succès, nous l’obtenons », a-t-il dit. Il n’y a pas d’économies de bouts de chandelle. C’est connu. La famille Glieberman avait même coupé l’achat d’analgésiques et certains autres médicaments dans la dernière année des Renegades. « Je préfère ne pas en parler », a soutenu Paopao. Il y a un truc sur lequel il a insisté. « J’ai tellement de plaisir depuis que je suis revenu », ajoute-t-il. « Je me suis ennuyé de cette ligue », avoue Paopao, dont le dernier emploi dans la LCF remontait en 2014 à Vancouver. 

Quand le Rouge et Noir l’a appelé en avril, il n’a pas eu à convaincre sa femme.
« Elle m’a même encouragé de revenir à Ottawa », a-t-il dit.