William Powell et le Rouge et Noir chercheront à signer un deuxième gain cette saison du côté de Toronto. Lors du dernier affrontement, les Argos avaient eu le dessus 26-25.

«Nous sommes loin d'être sortis du bois»

Ça crachait du Linkin Park dans le vestiaire du Rouge et Noir. L'un des joueurs les plus intimidants de l'équipe, SirVincent Rogers, répétait à tue-tête les paroles du succès In The End non loin de son casier.
Il était de bonne humeur le bloqueur de 6'5'' et 325 livres. Ses coéquipiers aussi.
Ça se comprend. Une première victoire en cinq matches, ça ne change pas le monde, sauf que...
« Ça fait du bien », a avoué Rogers.
Les champions de la coupe Grey ont battu les Alouettes de Montréal, il y a cinq jours, à la Place TD. « Sauf que nous sommes loin d'être sortis du bois », a averti l'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon.
Le Rouge et Noir (1-3-1) doit maintenant trouver une façon de coller deux gains de suite. Il est débarqué à Toronto dimanche en vue de sa prochaine partie.
Gascon-Nadon, Rogers et compagnie ont rendez-vous avec les Argonauts, lundi soir, au stade BMO. Un terrain sur lequel ils ont remporté la coupe en novembre dernier.
« Ça va nous rappeler de bons souvenirs de remettre les pieds sur ce terrain. Nous avons vécu de beaux moments ensemble là-bas », a avoué le joueur québécois.
« C'est normal que nous y pensions », a-t-il ajouté.
Sauf une fois le botté d'envoi donné, ce sera place au présent.
Pas besoin de rappeler à SirVincent Rogers ce qui s'est passé la dernière fois que le Rouge et Noir a affronté les Argonauts, il y a deux semaines et demie, à Ottawa.
Une défaite de 26-25 dans laquelle la ligne offensive avait concédé cinq sacs. À lui seul, l'ailier ennemi Victor Butler avait frappé le quart Trevor Harris trois fois derrière la ligne de mêlée.
C'est sans compter les six passes que l'équipe torontoise a rabattues.
« Oui, les Argos ont eu du succès contre nous la dernière fois. Mais on repart à zéro. C'est un nouveau match et nous devons trouver une façon de neutraliser cette ligne défensive et dicter le jeu à notre tour », a reconnu Rogers, qui a été nommé joueur de ligne offensive par excellence en 2015.
Ce dernier a raté une bonne partie de la saison dernière en raison d'une blessure à une jambe. Il a connu sa meilleure sortie du nouveau calendrier contre les Alouettes.
En fait, ce fut la meilleure performance de la ligne offensive qui n'a accordé aucun sac. Ce qui donne raison à l'entraîneur adjoint Bryan Chiu qui prônait plus tôt en juillet la patience, qui rappelait que les choses finiraient pas se replacer pour son unité.
« Nous commençons à mieux jouer ensemble, a reconnu Rogers. Ce prochain match contre Toronto sera toutefois un bon test. »
Le mot de la fin revient à Gascon-Nadon.
« Nous avions bien commencé ce dernier match contre Toronto. Nous avions l'avance 12-0. Puis nous avons commencé à faire des erreurs. Ils (Argos) avaient marqué 13 points sur deux revirements, si je me souviens bien. Tu enlèves ces erreurs et c'est une partie très différente. »
Reste à voir si le Rouge et Noir aura retenu sa leçon.
Hoffman croyait que c'était fini
Un s'avère portier durant la saison morte en Arizona. Le second a grandi dans la pauvreté à Washington et l'autre était le seul joueur chrétien au sein d'une équipe composée d'athlètes mormons dans les rangs collégiaux américains.
Keelan Johnson, Sherrod Baltimore et Cody Hoffman obtiendront tous un premier départ dans l'uniforme du Rouge et Noir, lundi, à Toronto. Le premier sera le maraudeur partant.
Quant à Baltimore, 24 ans, il prendra la relève du demi défensif Imoan Claiborne, qui est blessé. Hoffman s'alignera aux côtés des Ellingson, Sinopoli, Stangby et Spencer en tant que receveur à la place de la recrue Dominique Rhymes.
«Je suis content d'obtenir une nouvelle chance... Pendant un certain temps, je craignais que je ne joue plus au football, que c'était fini», a avoué Hoffman, 26 ans, qui a disputé une seule partie chez les Alouettes de Montréal en 2016 après en avoir joué cinq l'année précédente. Aucune équipe ne lui a fait signe durant l'hiver.
Le camp d'entraînement, il l'a passé à travailler dans le domaine de la construction en Utah. Il a étudié là-bas pendant cinq ans. Plus précisément à Brigham Young University (BYU) où il a été un des meilleurs receveurs de l'histoire de l'équipe de football.
Son histoire avait retenu l'attention du Washington Times puisque Hoffman était un des rares athlètes non mormons à cette université. On lui avait fait signer un contrat afin de s'assurer qu'il suivrait la même routine que ses coéquipiers, à savoir qu'il ne consommerait pas d'alcool, qu'il ne blasphémerait pas en plus de participer à la prière avant chaque entraînement quotidien.
«Ça ne me posait pas problème. Je savais dans quoi je m'embarquais en arrivant là-bas. J'ai été bien accueilli par le reste de l'équipe.»
Ce qui a été un plus grand choc pour lui ? «La grosseur du campus universitaire. Il y avait nettement plus de gens que dans mon village natal en Californie qui compte 7500 personnes», a-t-il souligné, sourire en coin.