Avec une victoire à Hamilton, le Rouge et Noir pourrait enfin voir la lumière au bout du tunnel.

«Nous devons gagner»

Quand on se compare, on se console?
Toute la semaine, on a rappelé aux joueurs du Rouge et Noir d'Ottawa qu'ils ne sont pas les cancres de la Ligue canadienne de football (LCF). On leur a rappelé chaque jour qu'ils s'apprêtent à rendre visite à la seule formation qui a remporté encore moins de matches qu'eux.
Ils ont finalement atteint la ville où évolue cette formation. Leur match contre les Tiger-Cats de Hamilton sera disputé vendredi soir, au Tim Hortons Field.
Plusieurs joueurs ont grimacé, cette semaine. Leurs patrons, aussi.
Avec sa fiche de 1-6-1, le Rouge et Noir ne dégage certainement pas beaucoup de confiance. On a beau se répéter que la plupart des matches ont été serrés, les défaites qui s'accumulent finissent par jouer sur le moral.
«Je n'aime pas utiliser le mot 'désespéré' pour qualifier un club sportif. Mais, oui, je dirais que nous sommes rendus au point où nous devons gagner. Il nous faut une victoire. Il nous en faut vraiment une», a déclaré le quart-arrière Trevor Harris avant son départ.
Évidemment que, dans le contexte, les Ti-Cats font peur. Les cancres se sont fait tabasser à quelques occasions depuis le début de la saison. Le moral descendrait encore plus bas à la suite d'un éventuel revers à Hamilton.
«On s'attend à ce que les Tiger-Cats nous fournissent leur plus bel effort. Ils ont certainement démontré qu'ils sont capables de le faire, croit l'entraîneur-chef Rick Campbell. On parle des matches à sens unique... Il ne faut pas non plus oublier qu'ils ont connu des matches serrés, aussi. Ils ont donné du fil à retordre aux Eskimos d'Edmonton à deux occasions, déjà. Ils sont capables. Leurs joueurs ne sont pas différents de ceux des autres équipes. Ils sont fiers.»
«Je répéterai une fois de plus quelque chose que je vous ai déjà dit plus d'une fois. Toutes les équipes dans notre ligue sont bonnes», complète Campbell.
Optimiste Lavoie
Avant de grimper dans l'autocar vers Hamilton, le capitaine des unités spéciales du Rouge et Noir a livré une analyse intéressante de la situation.
Patrick Lavoie a suffisamment d'expérience pour savoir de quoi il parle.
«La pression est présente, des deux côtés. Je ne peux pas vraiment parler pour eux, mais de notre côté, on la ressent. On ne gagne pas de matches. Il faut commencer à gagner. Je ne te dis pas nécessairement que la pression que nous ressentons est mauvaise. On verra si notre stress est bon. On va le voir durant le match.»
Le centre-arrière québécois veut se montrer rassurant, tout en demeurant réaliste. Il s'en tire plutôt bien.
«Ce qui est drôle à dire c'est que si on réussit à gagner ce match-là, ça peut aller vite après ça. On peut se ramasser dans le top-2 dans la division Est, et vite. C'est plus ça qui nous préoccupe en ce moment. Nous ne sommes pas encore morts pour les séries. Même si on doit perdre ce match, on ne sera pas morts. Cette partie va quand même nous donner une idée de nos chances. Si nous sommes incapables de remporter un match contre une formation qui n'a toujours pas gagné, ça ne regardera pas trop bien pour le restant de l'année.»
Deux quarts: à moitié vide, à moitié plein
Deux quarts, deux histoires.
Plus tôt, cette semaine, les dirigeants du Rouge et Noir disaient que Trevor Harris devait apprendre à ne pas trop s'en faire. Ils lui suggéraient de relaxer et de s'appuyer un peu plus sur ses coéquipiers. Bref, ils ne voulaient pas que Harris porte, tout seul, le poids des insuccès de son équipe.
À Hamilton, c'est fort différent. Là-bas, l'entraîneur-chef des Tiger-Cats, Kent Austin, souhaite au contraire que son quart en fasse davantage pour aider l'équipe.
«Je dois être prudent quand je m'exprime publiquement. Je ne veux surtout pas dire quelque chose que je pourrais regretter. Nous devons en obtenir davantage de cette position», a-t-il déclaré lorsqu'on lui a demandé de qualifier les performances de Zach Collaros.
Il a fait cette déclaration à un journaliste du Hamilton Spectator après le plus récent revers. Durant cette rencontre, Collaros a complété seulement 21 de ses 33 passes.
«Je crois sincèrement que June peut nous aider à améliorer la situation», a précisé Austin.
June Jones, un ancien de la NFL, vient d'accepter le poste d'adjoint à l'entraîneur-chef à Hamilton.
Une autre différence marquante avec Ottawa.
En début de semaine, le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins, a juré qu'il n'est pas question d'apporter des changements à son groupe d'entraîneurs.