Le nouveau quart-arrière partant du Rouge et Noir, Nick Arbuckle, a improvisé différentes façons de s’entraîner pendant la pandémie. Il se prépare aussi à devenir papa dans les prochains jours.
Le nouveau quart-arrière partant du Rouge et Noir, Nick Arbuckle, a improvisé différentes façons de s’entraîner pendant la pandémie. Il se prépare aussi à devenir papa dans les prochains jours.

Nick Arbuckle: utiliser les moyens du bord [VIDÉO]

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
C’est l’histoire d’un quart-arrière, d’une voiture et d’un arbre en temps de pandémie à Ottawa.

Le quart-arrière, c’est Nick Arbuckle. Un athlète américain âgé de 26 ans qui est déjà populaire auprès des amateurs du Rouge et Noir d’Ottawa. Il n’a pourtant jamais lancé une passe dans l’uniforme de sa nouvelle équipe. Il est très actif sur les médias sociaux depuis son arrivée dans la capitale, à la fin de l’hiver.

Il se fait encore plus entendre depuis que la COVID-19 le tient loin du gymnase et d’un terrain de football.

Le quart diffuse des vidéos de séances d’entraînement qu’il improvise avec les moyens du bord. Celle impliquant son bolide noir a fait jaser.

«Oui, je pousse encore mon automobile. C’est une bonne alternative au traîneau d’entraînement, même si c’est un peu plus pesant», lance Arbuckle en riant.

«Mais je suis habitué d’être créatif. Quand je fréquentais l’école secondaire, je n’avais pas accès aux mêmes équipements que les autres. J’ai appris rapidement à utiliser des objets autour de la maison. J’ai l’impression ces temps-ci de renouer avec mes racines.»

Il faut aussi parler de l’arbre qui est situé dans la cour arrière de sa nouvelle maison dans le quartier Findlay Creek, au sud d’Ottawa.

«Habituellement, j’utilise un filet quand je vais lancer le ballon. Mais parfois, c’est pas mal venteux, ici. Donc je me sers de l’arbre comme receveur!»

«Mais ça peut endommager par contre quelques branches. J’utilise aussi parfois une clôture.»

Sa conjointe Zakiyyah Shabazz l’aiderait bien à capter quelques ballons, mais elle occupe un rôle plus important, ces jours-ci. Celle de future maman. Le premier enfant du couple est attendu dans la prochaine semaine.

«C’est incroyable de penser que nous allons voir bientôt ce bébé qui bouge tout le temps dans son ventre. Ce bébé qui était simplement un point sur un test de grossesse, il y a quelques mois.»

Arbuckle a mis la touche finale dans la dernière semaine à la chambre d’enfant.

En temps normal, le camp d’entraînement du Rouge et Noir commencerait le 17 mai. «Une semaine ou deux après cette naissance, souligne le nouveau quart partant.

«C’est malheureux que le début de la saison soit reporté, mais ça va me permettre de consacrer plus de temps à ma famille durant ce premier mois ensemble.»

S’il a besoin de conseils parentaux, Nick Arbuckle pourra se tourner vers plusieurs de ses coéquipiers chez le Rouge et Noir. Ils sont nombreux à être devenus papas depuis l’automne dernier.

De Jason Lauzon-Séguin à Antoine Pruneau en passant par Nolan MacMillan, Nigel Romick et Brad Sinopoli. Arbuckle a eu la chance justement de lancer quelques ballons à Sinopoli avant le début du confinement en mars. «Nous avions même établi un horaire d’entraînement avant que tout ça arrive», dit-il.

Et il y a ce plan concocté avec ses patrons. Ça prévoyait plusieurs sorties dans la communauté de la part du quart acquis des Stampeders de Calgary en janvier.

«Je voulais interagir avec les gens. Mais ces plans, comme beaucoup d’autres choses ont changé rapidement, affirme Arbuckle qui a passé les deux dernières années en Alberta.

«J’essaie donc d’être présent d’une autre façon via les médias sociaux. J’essaie d’apporter un peu de soleil, un peu de positivisme, dans le quotidien des gens.»

On l’a vu offrir des cartes cadeaux d’épicerie pour des gens dans le besoin au début de la crise.

Les prochaines semaines lui permettront aussi de travailler sur son apprentissage du français. «C’est important pour moi. Ma conjointe le parle déjà. Elle avait suivi des cours à l’école. Puis nous voulons que notre fille apprenne le français aussi. Ça va rendre la communication encore plus facile.»

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Le nouveau quart-arrière partant du Rouge et Noir, Nick Arbuckle

LE NOUVEAU QUART PARTANT A DÉJÀ ÉTÉ PLONGEUR DANS UNE CAFÉTÉRIA

Nick Arbuckle était excité à l’idée de devenir enfin quart-arrière partant d’une équipe dans les rangs pros à Ottawa.

«Surtout après tout ce temps et ce parcours. Mais là, tout est mis sur pause», concède le plus jeune d’une famille de quatre garçons élevés en Californie.

Arbuckle ne l’a pas eu facile depuis son adolescence. Sa mère est décédée pendant qu’il était à l’école secondaire.

La NFL l’a ignoré à son repêchage de 2016, malgré un séjour fructueux à Georgia State où il a battu un record de la conférence Sun Belt en amassant 3368 verges via la passe durant une saison. Les Steelers de Pittsburgh l’ont bien invité à un mini-camp au printemps un mois plus tard, mais c’est tout.

La LCF lui a fait signe une première fois en 2016. Les Stampeders de Calgary l’ont placé au sein de leur équipe de pratique où il a empoché quelques chèques pendant un mois avant d’être libéré.

Arbuckle a occupé divers emplois pour survivre à son retour aux États-Unis. De plongeur dans une cafétéria d’école à nettoyer des piscines. À un certain moment, sa conjointe avait aussi trois emplois.

Les portes de la LCF se sont ouvertes à nouveau en 2018 lorsque le quart substitut des Stamps, Andrew Buckley, a pris sa retraite. Arbuckle a surtout été utilisé pour des jeux au sol à sa première saison complète, amassant 73 verges et cinq touchés.

Puis l’an dernier, les Stamps l’ont promu temporairement en tant que partant lorsque leur vedette Bo Levi Mitchell s’est blessée aux pectoraux.

Nick Arbuckle a complété 73 % de ses 238 passes pour 2103 verges, 11 touchés et cinq interceptions. Calgary a conservé une fiche de 4-3 lorsqu’il a été son quart partant. Un rendement qui a convaincu Ottawa de transiger pour obtenir ses services en janvier. Quelques semaines plus tard, on lui donnait un généreux pacte de deux ans.

«Je pense chaque jour encore à ces moments difficiles. Ça me garde motivé. Ça me pousse à travailler encore plus fort. Et ça me rappelle comment les choses peuvent débouler rapidement, que ce soit du mauvais au bon, du bon au mauvais.»